La "Cenerentola" aux semelles de plomb de Guillaume Gallienne

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AFP, publié le jeudi 15 juin 2017 à 11h49

Guillaume Gallienne, formidable acteur de la Comédie-Française et réalisateur du jubilatoire "Les Garçons et Guillaume, à table", a t-il péché par excès de prudence? Il signe pour son premier opéra une "Cenerentola" trop sage, voire ennuyeuse, à l'Opéra de Paris.

Le directeur de l'Opéra de Paris Stéphane Lissner a pensé à Guillaume Gallienne pour la "Cenerentola" parce que "c'est sur la famille, c'est drôle et c'est cruel".

L'oeuvre de Rossini, un "dramma giocoso" ou mélodrame joyeux a été composée pour le carnaval de 1817 à Rome: autant dire qu'il ne s'agit pas d'une œuvre mélancolique.

C'est pourtant la mélancolie qui l'emporte dans l'interprétation faite par Guillaume Gallienne et son scénographe - et patron de la Comédie-Française - Eric Ruf.

S'appuyant sur le fait que l'oeuvre a failli être créée à Naples, ils ont campé l'action dans un palais napolitain décati. Le rouge étouffé des murs, le sol de cendres plombent cette "Cenerentola" d'une atmosphère lourde, à l'opposé de la musique enlevée de Rossini.

Les cendres renvoient certes à Cendrillon, confinée au foyer, et au volcan brièvement évoqué à la fin du premier acte ("Mais je crains que sous la terre, peu à peu tout doucement, quelque feu ne se développe"....). Mais ainsi lesté d'un lourd décor et de costumes ternes, voire convenus (une armée de mariées pour figurer les prétendantes du prince), l'opéra perd sa légèreté.

Quelques traits d'humour bienvenus ne suffisent pas à réveiller cette "Cenerentola" pesante: les méchantes sœurs dispersant les prétendantes en brandissant une carabine, ou le burlesque assumé du père bouffon, Don Magnifico, avec un Maurizio Muraro bien dans son rôle.

La distribution manque singulièrement d'éclat, comme la direction du chef italien Ottavio Dantone, qui gagne toutefois en vigueur au deuxième acte.

La Cendrillon de Teresa Iervolino, mal fagotée et manquant d'agilité dans les aigus ne fait pas rêver, pas plus que le prince falot incarné par Juan José De Leon.

Seul Roberto Tagliavini, dans le rôle du précepteur qui tire les ficelles, en impose par sa prestance et sa voix puissante et bien timbrée. On en regretterait qu'il n'ait pas plus d'airs à chanter...

 
2 commentaires - La "Cenerentola" aux semelles de plomb de Guillaume Gallienne
  • Tous ces acteurs, au demeurant talentueux, qui se prennent pour des metteurs en scène lyriques, ça devient ridicule !! Galleinne, Gayet avec Mozart, arrêtons les frais !! chacun son métier

  • Les theatreux ne comprennent pas bien souvent le monde fantastique de l'opéra....a trop vouloir être terre a terre,a tout vouloir expliquer on perd l'essence même de l'oeuvre....d'abord rêver,d'abord les voix et la musique et ,enfin, expliquer...

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