L'incident CNN fait monter encore d'un cran la tension entre Trump et médias

L'incident CNN fait monter encore d'un cran la tension entre Trump et médias

Le président américain Donald Trump, le 28 juin 2017 à la Maison Blanche, à Washington

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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 08h25

L'affaire liée à un article retiré par CNN, qui a coûté leur poste à trois journalistes chevronnés, a suscité de nouvelles attaques violentes de Donald Trump contre les médias qui, de leur côté, ne passent rien à son administration.

Six tweets sur les "fausses infos" ou les "faux médias" en deux jours, le président américain a déchargé une nouvelle rafale sur sa cible favorite, la presse.

L'occasion était trop belle de rebondir sur l'affaire CNN, qui a vu la chaîne retirer un article insuffisamment étayé, mettant en cause l'équipe Trump et ses liens supposés avec la Russie.

Outre CNN, rebaptisé FNN pour "Fake News Network" (la chaîne des fausses informations), le président s'en est pris à ses cibles habituelles, les grandes chaînes nationales NBC, CBS et ABC, ainsi qu'au New York Times et au Washington Post.

Pour Stephen Reese, professeur de journalisme à l'université du Texas, cet épisode s'inscrit dans la continuité d'une relation conflictuelle, née lors de la campagne présidentielle.

"Il allait y avoir une erreur (de la part des médias), c'était certain", dit l'universitaire, pour qui il n'y a rien à déduire de l'écart de CNN.

Mais pour d'autres, l'affaire témoigne d'une dérive de la presse.

"Durant les six mois de la présidence de Donald Trump, nous avons assisté à un pétage de plombs sans précédent de la plupart des médias", a fustigé Michael Goodwin, l'éditorialiste du quotidien conservateur New York Post, dans un billet publié mercredi.

"Les standards (du journalisme) ont été jetés par dessus bord dans la frénésie qui vise à faire tomber le président", a-t-il insisté.

"Il ne publient rien de faux", explique, au sujet des médias couvrant la Maison Blanche, Richard Benedetto, professeur à l'American University, mettant de côté l'article de CNN. En revanche, selon lui, "ils sélectionnent ce qu'ils publient et ce qu'ils ne publient pas et, dès lors, cela ne donne pas une vision juste de ce qui se passe au quotidien à la Maison Blanche".

- Gonfler les audiences -

Des critiques reprochent à la presse d'orienter sa couverture pour améliorer ses audiences, ses abonnements ou son lectorat, selon le support, qui sont au beau fixe depuis l'irruption de Trump dans le paysage politique américain.

Une idée renforcée par des vidéos mises en ligne ces dernières heures par le site ultra-conservateur Project Veritas.

Dans l'une d'elles, un producteur de CNN, filmé en caméra caché, affirme que si la chaîne consacre autant d'espace aux liens supposés de l'équipe Trump avec la Russie, "c'est à cause des audiences". "C'est un business", ajoute-t-il.

"Je pense qu'il y a beaucoup de téléspectateurs de gauche de CNN qui veulent voir Trump vraiment scruté au microscope", poursuit le producteur John Bonifield, pour qui il y a deux poids deux mesures. "Si nous avions fait la même chose avec le président Obama (...), cela aurait déplu à notre public."

Pour Stephen Reese, "il est difficile de faire le tri entre" les intérêts économiques et "les objectifs professionnels", purement journalistiques.

Les chaînes d'information "sont un peu plus orientées vers le commercial", observe-t-il, "mais pour le Times et le Post, je pense qu'ils font simplement leur travail".

"Cela peut les aider indirectement parce que les gens reconnaissent le besoin de sources légitimes d'information objective", dit-il, avec des centaines de milliers d'abonnements supplémentaires à la clef, "mais je ne pense pas que ce soit leur objectif premier".

Richard Benedetto fait, lui aussi, la comparaison avec la couverture de l'administration Obama, qui bénéficiait notamment du fait que beaucoup de journalistes "étaient globalement d'accord avec sa politique". "Nous avons le contraire actuellement", selon lui.

"Vu le comportement de Trump, il y a tellement de matériau" à rapporter "qui se répercute négativement sur l'administration que je ne pense pas qu'ils aient à aller bien loin pour déclencher de nouvelles attaques", répond Stephen Reese, pour qui cette situation est avant tout le fait de ce nouveau gouvernement, plus que de la presse.

Une chose est certaine pour beaucoup d'observateurs, l'affaire CNN et les nouvelles attaques ne vont pas faire évoluer l'image de la presse dans l'opinion. "Cela ne fera pas grande différence", estime Richard Benedetto. Entre les critiques de Trump et ses partisans, "les audiences sont déjà tellement segmentées et fragmentées..."

 
9 commentaires - L'incident CNN fait monter encore d'un cran la tension entre Trump et médias
  • Tu lui enlèves le nez, tu lui mets un grouin à la place....il a les yeux, la roseur du teint et même la couleur du poil....grouick !

  • . Heureusement qu'en France on rencontre pas tous les problèmes. . En effet les journaux sont la propriété d'actionnaires avisés qui ne toléreront pas la contestation. . Ainsi le journal Le Monde appartient à trois investisseurs surnommés BNP ce sont Messieurs BERGE , NIEL et PIGASSE , quant au Figaro il est la propriété de Monsieur DASSAULT Pour sa part.Monsieur Bernard ARNAULT la première fortune de France est propriétaire du Parisien , d'Aujourd'hui en France et des Echos, Monsieur DRAHY est propriétaire de Libération enfin TF1 appartient à Monsieur BOUYGUES et Canal+ à Monsieur BOLLORE Certes tout n'est pas rose, car la presse écrite est à la peine, pour certains analystes ces journaux sont des danseuses pour leurs propriétaires.

    Mais heureusement , il reste l'obs , le canard , libé et l'huma qui sont les voix de la gauche revancharde !

  • Un peu comme la téléréalité ou certains magazine , plus ça sent mauvais mieux ça se vend...

  • N'oublions jamais qu'un journal est une société commerciale dont le but est de faire des bénéfices, donc de vendre, donc d'écrire ... non pas ce qui est vrai, ou ce qui est intéressant ... mais ce qui fait vendre !

  • Des critiques reprochent à la presse d'orienter sa couverture pour améliorer ses audiences, ses abonnements ou son lectorat,
    Ben ouais exactement comme chez nous, à part que chez nous la presse, en plus, élit le Président et les dépités ......

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