Kengo Kuma, l'architecte qui veut remplacer le béton par le bois

Kengo Kuma, l'architecte qui veut remplacer le béton par le bois

L'architecte japonais Kengo Kuma, le 5 juillet 2017 à Paris

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AFP, publié le mardi 11 juillet 2017 à 16h00

Point de bâtiments reconnaissables à l'oeil nu, ni de tours chez Kengo Kuma. Le célèbre architecte japonais, choisi pour superviser le nouveau stade olympique de Tokyo, n'a qu'un credo: réintroduire la nature dans les villes.

C'est bien ce qu'il compte faire à la future gare Saint-Denis Pleyel, près de Paris, dans le cadre du Grand Paris Express, le plus gros chantier d'infrastructures d'Europe, qui doit ajouter de nouvelles lignes de métro autour de la capitale française, pour un budget de 25 milliards d'euros sur 10 à 15 ans.

"Mon travail est une réflexion contre l'évolution des villes: avec le béton, les villes du XXe ont été trop éloignées de la nature", déplore Kengo Kuma, de passage à Paris pour présenter son projet.

A 62 ans, il a imposé chênes, bambous, cèdres et mélèzes dans ses constructions à travers le monde: au Japon bien sûr, mais aussi à Portland (Etats-Unis) où il vient de rénover des jardins japonais, au mur créé au pied de la muraille de Chine ou encore à la Cité des Arts de Besançon (est de la France).

L'idée est de "réintroduire des matériaux naturels (souvent locaux, ndlr) et de faire fusionner l'architecture avec la nature, d'aller à l'encontre de l'architecte où l'on pose des boîtes", explique-t-il à l'AFP.

Une démarche à la fois écologique et très ancrée dans les traditions japonaises qui fascinent l'architecte, également créateur du complexe "Hikari" (lumière en japonais) de bâtiments économes en énergie à Lyon (centre-est).

"J'ai toujours voulu faire de l'architecture qui respecte la tradition de la culture japonaise et adapter ses principes aux caractéristiques du XXIe siècle: la vitesse, la circulation et le besoin d'espace", souligne-t-il.

Kengo Kuma a découvert sa vocation avec le stade olympique de Tokyo construit en 1964 par son compatriote, Kenzo Tange (vainqueur en 1987 du Pritzker, considéré comme "le Nobel de l'architecture").

Symbole d'une période d'expansion pour le Japon, cet ensemble moderniste avec des mâts de béton supportant des courbes hyperboliques l'a considérablement marqué - même si son propre travail est on ne peut plus éloigné.

- Jardins suspendus - 

Pour "Saint-Denis Pleyel", le noeud ferroviaire francilien où se croiseront quatre lignes de métro et 250.000 passagers par jour à partir de 2023 - comparable à la station Châtelet-Les Halles au centre de Paris - Kengo Kuma a imaginé... une colline, avec des terrasses en pente douce et de la verdure.

La construction s'apparente à un origami, explique-t-il, avec des pliures reliant le sol à la gare.  

Il a également prévu de faire pénétrer la lumière naturelle jusqu'au troisième sous-sol, à plus de 25 mètres de profondeur, via un atrium central et d'habiller la façade de la gare de poutres verticales en bois. 

Il s'agit de créer "une atmosphère pour faciliter la rencontre, que tous se sentent bienvenus dans ces nouveaux espaces", souligne celui qui aborde son métier avec humilité, préférant s'effacer derrière ses réalisations.

Pour le stade olympique de Tokyo, de loin son plus gros projet, il se veut serein et rêve d'un lieu "qui suscite l'émerveillement des enfants", tout en étant capable d'accueillir 80.000 personnes. Kengo Kuma est attendu au tournant après avoir hérité du projet initialement dévolu à Zaha Hadid, une Britannique d'origine irakienne star de l'architecture et depuis décédée.

Le coût du projet de Mme Hadid, près de deux milliards d'euros, avait provoqué un scandale auprès des autorités japonaises, inquiètes de ce qui aurait été le stade le plus cher au monde. 

Mise sur la touche, Zaha Hadid avait ensuite accusé Kengo Kuma de s'être fortement inspiré de son projet, ce dont il s'était défendu. 

Fidèle à sa ligne, le Japonais a imaginé "un stade d'arbres et de verdure" avec des jardins suspendus sur les parois de l'enceinte bâtie en acier et bois. Son ambition: créer un lieu en harmonie avec la grande forêt aux alentours.

may/fmi/ak/ple

 
4 commentaires - Kengo Kuma, l'architecte qui veut remplacer le béton par le bois
  • Le bois d'accord, mais pas en faisant disparaître les forêts des autres pays. Qu'il s'attaque aux siennes.

    il y a plus de forets en France que au moyen age , la foret ca se gère ,

  • C'est bien le bois !! Mais en France il va falloir revoir et modifier la réglementation incendie, trouver des accords spécifiques avec les assurances et surtout ne pas importer le bois nécessaire à ces constructions !!! Ce qui a ma connaissance n'est pas le cas !!!!!!! Combien d'hectare de foret de chêne et châtaignier ( bois de construction en France ) !! Ignifuger les bois ( Sapins, etc...) Coûte une petite fortune et malheureusement pollue !!! Alors comme toujours les bonnes volontés existent mais elle ne tiennent jamais compte de l'état des choses de l'économie ....... Aujourd'hui en France aucune forêt n'est prévue pour ce changement d'esprit et nos scieries sont moribondes ...... mais l'utopie fera toujours parler et rêver ....... Pour le bonheur et l'espérance des peuples .......

  • C'est très bien le bois, ça moisi, ça pourri, et alors on doit reconstruire. Vive le BETON

    à Jean777

    Dans certains châteaux ,en France, on trouve des charpentes en châtaigniers qui ont deux siècles .
    Et sur le plan de l'isolation phonique et thermique , le bois est meilleur que le béton .

    J'ai ouie dire lors d'une visite dans un château que les charpentes en châtaigniers étaient prévues pour éviter les araignées.

    j'ai ouï dire que les poissons avaient des ouïes... oui, oui veut dire entendu!

    Le béton n'a rien d'un matériau durable. Les fers des armatures finissent toujours par rouiller. Le bois dur comme le chêne, s'il est bien protégé de la pluie peut durer plusieurs centaines d'années. On retrouve régulièrement des charpentes qui ont 500 voire 800 ans et qui sont en excellent état.

  • Bravo. Vous avez entièrement raison ; il faut reprendre les matériaux nobles comme le bois et de la végétation à gogo partout on l'on peut en mettre. Dommage que ce soit si cher pour le sans dent...

    plus chère? faite des devis, une maison en bois, ossature bois , parpaings, béton, paille etc etc; vous aurez toujours à peu près le meme prix!

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