Festival Lumière: Wong Kar-wai, "l'un des plus grands", selon Thierry Frémaux

Festival Lumière: Wong Kar-wai, "l'un des plus grands", selon Thierry Frémaux

Le réalisateur chinois Wong Kar-wai au MoMA à New York, le 23 mai 2016

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AFP, publié le jeudi 12 octobre 2017 à 15h00

Thierry Frémaux, directeur du Festival Lumière dont la 9e édition débute samedi à Lyon, justifie son choix de récompenser le réalisateur chinois Wong Kar-wai, "l'un des plus grands cinéastes vivants" et évoque l'importance du cinéma classique à l'heure du numérique :

Q: Pourquoi décerner le Prix Lumière cette année à Wong Kar-wai ?

R: "Après Martin Scorsese ou Pedro Almodovar, il fallait tourner nos regards vers l'Asie, un continent qui a produit de grands cinéastes et continue d'alimenter une mythologie mondiale extrêmement forte. Wong Kar-wai, natif de Shanghaï et vivant à Hong-Kong, est sans nul doute l'un des plus grands cinéastes vivants. Son œuvre est doublement empreinte d'énergie et de mélancolie. Ce sont celles d'une ville, Hong-Kong, et d'un pays, la Chine, qui vivent de profondes transformations dont ses films sont un extraordinaire témoignage. Ils ont déjà marqué l'Histoire et pourtant, tout est encore devant lui."

Q: Qu'a-t-il apporté au cinéma ?

R: "Une écriture nouvelle, en perpétuant l'idée qu'un cinéaste, comme un écrivain, doit avoir du style. Sa caméra, souvent dirigée par Christopher Doyle, a produit des images que nous n'avions jamais vues auparavant. Il a aussi contribué à faire évoluer l'art du montage et du récit, fait de voix off et de dialogues lapidaires, d'images floutées et de silences. Dans une ville comme Hong-Kong, réputée pour la qualité de son cinéma de genre, il en a inventé un autre."

Q: Où en est le marché du film de patrimoine ? 

R: "Il vit de belles heures car il est désormais partout, sur tous les écrans, des salles de cinéma à internet. On restaure des films dans le monde entier. Cela dit, dans cet océan d'œuvres issues d'une histoire du cinéma qui a 122 ans, la présence des critiques et des historiens, des cinémathèques et des festivals, est plus que jamais nécessaire. Le festival Lumière est là pour accompagner les mutations à venir autant que pour préserver un passé et une Histoire sans lesquels le cinéma contemporain ne resterait pas ce qu'il est. Aujourd'hui, le classique est une partie importante de l'industrie globale. Il faut persévérer car la civilisation numérique remet en cause, ici comme ailleurs, quelques pratiques bien implantées."

Propos recueillis par Benoît PAVAN

 
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