Des lions, des girafes et des locomotives au Festival d'Avignon

Des lions, des girafes et des locomotives au Festival d'Avignon

Des affiches des pièces jouées pendant le festival dans une rue d'Avignon, le 5 juillet 2017

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AFP, publié le dimanche 16 juillet 2017 à 13h35

Dans un Festival d'Avignon toujours très à l'écoute des misères du monde, des bouffées de fantaisie enchantent le public dans des lieux intimes: la Chapelle des Pénitents Blancs, où se jouent les spectacles jeune public, le Jardin de la Vierge et ses "sujets à vifs" ou la Maison Jean Vilar.

- 'Tristesse et joie dans la vie des girafes' -

Sous ce titre loufoque se cache une histoire tendre, celle d'une petite fille de neuf ans dont le papa au chômage ne peut plus payer l'abonnement à la télévision câblée, et donc à Discovery Channel, "qui n'est pas un luxe" parce qu'on y voit des documentaires sur... les girafes notamment!

La gamine décide alors de partir à l'aventure avec son ours en peluche, baptisé "Judy Garland", pour dégoter le montant de l'abonnement.

D'aventure en aventure, la petite fille devient adulte, quand elle découvre qu'au fond, ce n'était pas vraiment l'abonnement au câble qu'elle voulait, mais quelque chose qu'on ne peut pas obtenir, jamais: le retour de sa maman disparue.

Ce pourrait être triste, mais c'est émouvant et léger, avec un drôle d'ours brun qui voudrait s'appeler Spartacus et dont les chapelets de gros mots font hurler de rire les plus petits.

Ce spectacle "pour adultes de plus de 10 ans", écrit par le Portugais Tiago Rodrigues, présent dans le festival avec "Sopro", la délicieuse histoire de la souffleuse du théâtre de Lisbonne, est mis en scène par Thomas Quillardet avec délicatesse. En tournée à partir d'octobre.

- Deux locomotives s'aimaient d'amour tendre  -

C'est à un vieux maître de 81 ans, le Géorgien Rezo Gabriadze que l'on doit le spectacle le plus enchanteur du festival, "Ramona", ou les amours contrariées de deux locomotives à vapeur et la survie d'un vieux cirque, sous la férule d'un chef de gare et d'une "commission d'inspection" très soviétiques. A la fois spectacle de marionnette et satire politique, "Ramona" émeut petits et grands.

Les locomotives soufflent de la vraie vapeur, et les clowns pleurent de vraies larmes dans ce petit théâtre où chaque personnage (animé par six manipulateurs prodiges) est une merveille d'artisanat: bois, métal, ficelles, dentelles, plumes, broderies ... 

Du très grand art, qu'on verra en tournée à Paris (Monfort), Mulhouse, Nice, Lyon (Célestins)...

- Lion et gazelle -

Pourquoi le lion ne mange pas de gazelle? Quel pape d'Avignon était vraiment avignonnais? C'est dans l'agréable "Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph" que ces graves questions sont abordées avec verve par le conteur Frédéric Ferrer dans un court spectacle sur les 20 ans d'une institution du festival, les "Sujets à vifs".

Lancés par la SACD, la plus ancienne des sociétés d'auteur, les "Vifs", comme on les surnomme, donnent rendez-vous aux curieux chaque jour à 11H00 et 18H00, avec deux courts spectacles incongrus d'une demi-heure, issus de la rencontre de deux artistes.

Par exemple, un circassien (Nikolaus) et un musicien-acteur-metteur en scène (Joachim Latarjet). On les voit débouler sur scène tels Vladimir et Estragon dans "En attendant Godot", avec leur bric-à-brac. L'un joue très bien d'un tas d'instruments, l'autre grimpe sur un mat avec une boule rouge en équilibre sur la tête, déclame des poèmes, fait rire et hop, les voilà qui remballent le tout.

Depuis 20 ans, 128 "vifs" se sont déroulés avec 325 artistes dans ce jardin enserré dans un lycée de jésuites.

Pour le spectacle anniversaire, au lieu d'une conférence fastidieuse, Frédéric Ferrer a concocté une promenade ludique et instructive (à 20H30 jusqu'au 25 juillet).

Quant à la Vierge, si elle avait longtemps disparu, cachée selon certains dans un placard à balai du lycée, la voici revenue dans un coin du jardin. Le régisseur la recouvre d'un drap pudique lors des spectacles trop osés...

Et si les lions ne mangent pas des gazelles, mais des antilopes, selon le conteur, c'est parce que les gazelles courent trop vite.

mpf/alu/bd

 
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