Avignon: polémique autour d'une pièce sur les dernières heures de Merah

Avignon: polémique autour d'une pièce sur les dernières heures de Merah

Le romancier et dramaturge Mohamed Kacimi s'exprime, le 13 juin 2005 à Paris, lors de la cérémonie de remise des prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) au Théâtre du Rond-Point
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AFP, publié le mardi 11 juillet 2017 à 17h29

Une pièce de théâtre sur les dernières heures du jihadiste toulousain Mohamed Merah, dont la dernière représentation doit avoir lieu mardi dans la programmation off du festival d'Avignon, a suscité mardi de vives réactions d'associations et de proches des victimes.

Des avocats de proches de victimes de Mohamed Merah ont demandé au metteur en scène Yohan Manca et à l'auteur du texte Mohamed Kacimi l'annulation de la représentation, dans un courrier daté de mardi.

"Nous qui avons la responsabilité de porter la voix de ceux qui ont péri à Toulouse et Montauban et celle de leurs familles, nous considérons qu'une telle entreprise de réhabilitation dans le contexte que nous traversons sous couvert d'alibi culturel est une honte et un déshonneur. Nous vous demandons d'y renoncer", écrivent Mes Patrick Klugman, Ariel Goldman, Elie Korchia et Jacques Gauthier-Gaujoux.

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) "reçoit un très grand nombre de protestations émanant de citoyens scandalisés et indignés", a par ailleurs écrit le BNVCA dans un communiqué distinct, demandant la déprogrammation de la pièce et assurant avoir chargé son avocat, Me Charles Baccouche, de déposer plainte à Avignon pour "apologie contre le terrorisme et antisémitisme".

"Aucune plainte n'a été déposée à ce stade, à ma connaissance", a toutefois déclaré à l'AFP le procureur de la République d'Avignon, Philippe Guémas, en milieu d'après-midi.

La pièce intitulée "Moi, la mort je l'aime comme vous aimez la vie", écrite par l'auteur algérien Mohamed Kacimi, retrace les dernières heures de Mohamed Merah, et a été écrite à partir du verbatim des derniers échanges entre les policiers et le tueur retranché dans son appartement, avant qu'il ne soit abattu par le Raid.

"Mohamed Merah avant d'être un monstre était un être humain, un jeune homme de 20 ans qui regardait les Simpsons et mangeait des pizzas", écrit le metteur en scène Yohan Manca, sur le site du théâtre de la Manufacture à Avignon, au sujet de cette pièce qui avait déjà été jouée au théâtre de la Loge à Paris du 11 au 13 novembre 2015. "Porter à la scène un assassin, un terroriste, lui redonner la parole est quelque chose de délicat", y explique-t-il aussi.

Les 11 et 15 mars 2012, Mohamed Merah, 23 ans, a tué trois militaires par balle dans la rue, à Toulouse et Montauban, puis, le 19 mars, trois enfants et un enseignant dans un établissement scolaire juif de Toulouse, avant d'être tué le 22 mars par le Raid qui assiégeait son appartement depuis la veille. 

apo/mdm/er

 
33 commentaires - Avignon: polémique autour d'une pièce sur les dernières heures de Merah
  • Cette représentation reste une offense à toutes les victimes du terrorisme..

    Car, c'est ainsi, avec la liberté de l'expression, que certains véhiculent à l'emporte-pièce la propagande des terroristes.. Et de la terreur qui reste celle des familles endeuillées..

    Où cette tuerie dans une Ecole de la République, des terroristes ont été tués volontairement des enfants et adultes dans cette école parce qu'ils étaient de cette confession juive...

    Donc, Mérah a été comme d'autres, sous l'embrigadement de la haine et de la voie sectaire où il est véhiculé cette haine à l'encontre de ceux qui sont considérés comme des mécréants...

    Laisser cette représentation... C'est véhiculer la propagande du terrorisme, et pour certains c'est cautionner, ces actes isolés ou sanglants qui sont à proscrire et à ne pas mettre en propagande de ceux qui en font du prosélytisme....

    Où actuellement, l'antisémitisme et le racisme ont repris de la vigueur...

    Donc, il faut en interdire cette programmation qui reste une propagande à ce que véhicule l'Islam radicalisé liée à l'obscurantisme et la haine de l'autre..

    Si cela n'aboutit pas... Ce serait la plus grande offense de toutes les victimes innocentes au sein de toutes les démocraties...

    Car, au-delà de ceux de cette confession, malheureusement qui restent des victimes d'un antisémitisme qui reprend de la vigueur et qui doit être endigué...

    Il y a toutes les autres victimes de ces attentats où les familles endeuillées ont ce besoin de se reconstruire dans un apaisement, loin de laisser cette programmation se véhiculer, au nom d'une propagande d'un Islam radicalisé...

    Utiliser cette voie, pour perdurer dans la propagande... C'est une dérive où il faut éviter de laisser cette propagande à nouveau reprendre du terrain...

  • ...les assassins ont toujours fait recette ... comme la pièce sur le tueur en série Roberto Succo ... c'est si facile de faire de l'argent avec le sang des autres...

  • encore un taré !!! à boycotter !!!
    au nom de la liberté d'expression sans doute; ses deux neurones ne doivent pas se toucher souvent !!

  • quel manque de respect envers les victimes , lui faire une pièce de théâtre a ce criminel c'est comme le rendre humain alors que ce n’était qu' un barbare lâche ,comment Avignon tolère de tel chose

  • honte à cet homme, osez encensé un assassin, il lui reste à mettre l'assassin de 130 personnes et se sera le comble

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