Aux Francos, Barbagallo fait battre le coeur d'une autre pop française

Aux Francos, Barbagallo fait battre le coeur d'une autre pop française

Le chanteur Julien Barbagallo sur scène, lors de la 33e édition des Francofolies de La Rochelle, le 13 juillet 2017

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AFP, publié le vendredi 14 juillet 2017 à 14h33

"Chanter en anglais était devenu pour moi une mascarade": Barbagallo, émancipé de son rôle de batteur du groupe électro-rock australien Tame Impala, s'épanouit enfin comme auteur-interprète de chansons françaises qui ont séduit les Francofolies à La Rochelle.

Programmé jeudi à La Coursive, au cours d'une après-midi où la pop était reine avec également Frànçois & the Atlas Mountains qui convoque l'Afrique dans son dernier album "Solide Mirage", Barbagallo venait lui défendre son deuxième opus "Grand chien", sorti à l'automne dernier.

Le psychédélisme folk - denrée rare sur la scène hexagonale - proposé par ce grand bonhomme chevelu  de 37 ans relève d'une volonté: "chanter des choses que je n'entends pas ailleurs".

"Il y a un côté parfois narcissique dans la chanson. Après tout, on parle toujours de quelque chose qui nous est propre. Le point de départ est en nous, mais il y a 10.000 moyens de le faire passer. Moi j'aime bien essayer d'aller vers des choses un peu magiques, oniriques, voire mystiques. Quelque chose qui ne soit pas frontal et où chacun pourrait s'y retrouver".

Cette façon d'envoûter l'auditeur, Julien Barbagallo l'a parfaite avec l'usage assez récent du français, après avoir longtemps cédé aux sirènes de la langue de Shakespeare. Lui qui a largement eu l'occasion de se promener à travers le monde depuis cinq ans grâce à sa collaboration avec Tame Impala, le groupe de l'Australien Kevin Parker, pour lequel il fait office de batteur en tournée.

"Avec l'anglais, j'ai réalisé que je me mettais des barrières. En tant qu'auteur, je ne peux pas aller aussi loin que je le voudrais dans l'expression de mes émotions, de mes idées. Je n'ai pas le vocabulaire nécessaire, ni la syntaxe. Quant à ceux qui écoutent, au moins la moitié ne comprend pas ce qui est dit. Mais à quoi bon alors ? Qu'est-ce que ce rendez-vous manqué ?"

- Chanteur et batteur -

"Ca n'a pas été facile de sauter le pas, car le français n'est pas la langue du rock. Il y a un poids littéraire à supporter. Mais j'adore ce défi", enchaîne-t-il. Citant Bertrand Belin et Mathieu Boogaerts, "pour leur approche très moderne de la langue". Et l'écrivain Pascal Quignard: "Il est très érudit. J'aime son économie. C'est quasiment biblique la manière dont il écrit".

Dans "Grand chien", le titre "Oubliez-moi" est adapté d'un poème de Guillevic, auteur breton disparu il y a vingt ans. "Sa poésie me touche beaucoup, dit Barbagallo. Elle est minérale, ancrée dans les éléments. Il y a quelque chose d'intemporel, chose vers quoi j'essaie de tendre quand j'écris. Je ne veux pas m'enfermer dans des choses trop explicites, je veux laisser sa place au rêve, susciter l'interprétation, faire des choses qui puisse durer un peu plus longtemps".

La singularité de Barbagallo tient aussi à son double rôle de chanteur-batteur. "Je voulais proposer quelque chose de plus rare au public. Et à titre personnel, puisque la batterie est mon instrument principal depuis que j'ai 15 ans, je me suis dit que ça m'éviterait d'enquiquiner un batteur en lui disant ce qu'il devrait faire. Autant le faire soi-même".

"Être deux personnes différentes sur scène impose un dialogue permanent, qui est à la fois difficile d'un pont de vue technique, mais qui est simple aussi d'un point de vue physique, parce qu'on laisse la place à soi-même. Quand on se met à chanter, on va vers des choses moins compliquées avec ses mains. Le cerveau se coupe en deux pour faire en sorte que chacun trouve sa place", explique-t-il. 

Aux fûts et au micro, Barbagallo est dans une période particulièrement productive. Il vient de finir d'enregistrer son troisième album, dans le studio lotois d'Arthur Ferrari, le fils du regretté Nino Ferrer. Parution attendue début 2018.

nip/alu/pad   

 
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