Au Mexique, l'impunité pour les meurtres de journalistes se poursuit

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 Le journaliste mexicain Javier Valdez le 27 novembre 2016 à Guadalajara, au Mexique a été assassiné le 15 mai 2017.

Le journaliste mexicain Javier Valdez le 27 novembre 2016 à Guadalajara, au Mexique a été assassiné le 15 mai 2017.

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© AFP, HECTOR GUERRERO
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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 16h53

Au Mexique, il peut être mortel de s'intéresser aux cartels de la drogue ou à la corruption des autorités.

Depuis 2000, plus de 100 journalistes ont été tués dans ce pays et environ 90% de ces meurtres restent impunis.  

Le 15 mai, Javier Valdez, journaliste spécialisé sur le narcotrafic, était abattu à Culiacan dans l'État de Sinaloa (nord-ouest), fief du cartel du baron de la drogue Joaquin "El Chapo" Guzman.

Il est devenu le cinquième journaliste assassiné cette année au Mexique. 

Un mois après les faits, on sait très peu de choses sur les auteurs de ce crime et leurs motivations, comme dans les autres cas des journalistes tués en 2017.

Les autorités se refusent le plus souvent à fournir des informations, se retranchant derrière l'enquête en cours.  

Selon Balbina Flores, qui mène ses propres investigations pour RSF au Mexique, la réalité est "qu'ils n'ont presque rien fait".   

Un mois après la mort de Valdez, l'AFP a compilé des informations sur les cinq journalistes assassinés depuis le début de l'année et fait le point sur les enquêtes en cours.  

- Cecilio Pineda, 39 ans -

Cecilio Pineda dirigeait le quotidien régional La Voz, dans l'État de Guerrero (sud), où les violences liées au narcotrafic sont régulières. Il a été assassiné par des hommes armés le 2 mars alors qu'il se relaxait dans un hamac.  

Ce journaliste, également correspondant du quotidien national El Universal, avait reçu plusieurs menaces de mort et échappé à une tentative d'assassinat en 2015.

Le procureur de cet État Javier Olea s'est refusé cette semaine à commenter les avancées de l'enquête, près de quatre mois après les faits.

- Ricardo Monlui, 57 ans -

Ricardo Monlui, directeur du quotidien El Politico, a été abattu le 19 mars à la sortie d'un restaurant dans l'État de Veracruz (est), devant sa femme et son fils.

Monlui rédigeait régulièrement un éditorial sur la politique locale.

Le procureur de l'État du Veracruz, Jorge Winckler, s'est refusé à donner des éléments sur l'investigation.

Ce procureur fait actuellement l'objet d'une enquête de la part de la commission pour la protection des journalistes suite à des plaintes de reporters locaux qui l'accusent de faire systématiquement obstruction aux enquêtes journalistiques.  

- Miroslava Breach, 54 ans -

Miroslava Breach, une journaliste spécialisée sur les affaires criminelles, travaillait pour les quotidiens La Jornada et El Norte de Juarez. Elle a été abattue dans son véhicule le 23 mars à Ciudad Juarez (nord), alors qu'elle s'apprêtait à accompagner son fils à l'école.

L'un de ses derniers articles portait sur la guerre interne que se livrent actuellement deux chefs du cartel de Juarez.

Le procureur de l'État Cesar Auguste Peniche a indiqué à l'AFP que les responsables avaient été "à 100% identifiés". Il s'agit d'un groupe de narcotrafiquants  opérant dans les montagnes de Chihuahua.

L'arme du crime "a été utilisée le mois dernier pour un autre meurtre" a-t-il précisé.

L'enquête a été bouclée, mais les auteurs du meurtre sont toujours en liberté.

- Maximino Rodriguez, 71 ans -

Maximino Rodriguez, un journaliste travaillant pour le blog Colectivo Pericu, a été abattu alors qu'il se garait devant un magasin avec sa femme le 14 avril en Basse Californie (nord-ouest), une zone jusqu'alors épargnée par les violences liées au narcotrafic.

Les autorités ont arrêté quatre suspects et déterminé que le mobile du crime était lié à l'activité journalistique de Rodriguez.  

Selon des médias locaux, les suspects travailleraient pour le puissant cartel de Sinaloa.

- Javier Valdez, 50 ans -

Javier Valdez, fondateur de la revue Riodoce et pigiste de l'AFP, a été abattu le 15 mai près des locaux de cette revue.

Il couvrait la guerre de succession qui fait actuellement rage au sein du cartel de Sinaloa depuis l'extradition en janvier vers les États-Unis de Joaquin "El Chapo" Guzman.

Ses collègues de Riodoce pensent que sa mort est liée à l'interview qu'il avait réalisée en février d'un des leaders du cartel, Damaso Lopez Nunez, en lutte pour le contrôle de ce puissant groupe criminel face aux fils de "El Chapo".

Un mois après le meurtre de Valdez, les autorités judiciaires de l'État n'ont fait état d'aucune avancée dans l'enquête.

Juste après le meurtre, celles-ci avaient d'abord évoqué la piste d'un vol de véhicule ayant mal tourné, avant de s'orienter vers un mobile journalistique.

Le ministère mexicain de la Justice a de son côté promis mardi 81.500 dollars pour toute information permettant de remonter aux assassins de Pineda, Valdez, Rodriguez et Breach.

 
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