A l'heure du numérique, la presse en pince pour les conférences

A l'heure du numérique, la presse en pince pour les conférences

A l'image du Monde qui lance ce vendredi la 4e édition de son Festival, de plus en plus de journaux organisent des conférences et débats, un moyen, en pleine ère du numérique, de renouer des liens avec leurs lecteurs tout ...

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AFP, publié le vendredi 22 septembre 2017 à 19h02

A l'image du Monde qui lance ce vendredi la 4e édition de son Festival, de plus en plus de journaux organisent des conférences et débats, un moyen, en pleine ère du numérique, de renouer des liens avec leurs lecteurs tout en diversifiant utilement leurs recettes.

Jusqu'au lundi 25 septembre, la rédaction du quotidien Le Monde organise dans plusieurs hauts lieux parisiens de la culture son festival annuel, qui avait rassemblé 20.000 personnes en 2016.

Autour d'un thème général, le "rêve", le public pourra échanger avec 100 personnalités de tous milieux (artistes, patrons, politiques, intellectuels, chercheurs...), participer à des ateliers ou assister à des projections de films.

"Ces événements, très reliés à notre histoire et notre identité, nous permettent d'avoir de nouvelles recettes, dans un modèle équilibré", en constituant un "troisième pilier" de ressources, aux côtés des abonnements physiques ou numériques et de la publicité, explique à l'AFP Jérôme Fenoglio, directeur du Monde.

Le Festival du Monde, comme d'autres manifestations similaires, est en effet soutenu financièrement par plusieurs partenaires extérieurs au journal, et les débats en journée sont payants (9 euros pour une place plein tarif).

Des activités que le quotidien a fortement développées ces dernières années (avec notamment les conférences du Monde Afrique ou du Club de l'Economie du Monde, les ateliers de Couthures sur le journalisme, des débats sur les villes intelligentes...).

Elles représentent déjà "5 à 10%" des recettes du journal, et sont appelées à croître encore, à l'image du reste de la presse, souligne M. Fenoglio.

- "Tout le monde s'y met" -

"Sur de multiples thématiques, faire du hors média, ça va de soi... Tout le monde s'y met de manière plus intensive, à sa manière, et en ce qui nous concerne, en veillant bien à ce que ça reste arrimé aux valeurs du journal", a déclaré le directeur du quotidien.

De Libération qui multiplie les forums thématiques au Figaro qui investit dans le secteur du tourisme, tous les journaux et magazines cherchent de fait à développer l'événementiel ou d'autres activités complémentaires, en adéquation avec leur champ d'expertise et leur lectorat.

Sans être un eldorado, "c'est une activité à assez faible risque", et qui peut générer une manne bienvenue en ces temps de vaches maigres pour les médias, souligne Bruno Perrin, associé responsable des secteur Télécoms, médias et technologies au cabinet EY.

"La crise de la presse n'est malheureusement pas terminée, les ventes physiques (abonnements et kiosques, ndlr) souffrent et très peu de journaux arrivent à le compenser via les ventes numériques. Or, les journaux ont des marques fortes et des compétences, et il y a dans l'organisation d'événements la possibilité de toucher des subventions ou des aides, et de faire des échanges avec des partenaires", estime-t-il.

Face à des ventes physiques qui s'étiolent globalement et à un gâteau publicitaire qui se rétrécit au profit des GAFA (Google, Facebook...), "la force des marques médias, c'est qu'elles ont une notoriété énorme, même en dehors de leurs consommateurs", et elles peuvent chercher à la valoriser intelligemment, abonde Frédéric Jousset.

Cet entrepreneur, qui a racheté l'an dernier le mensuel Beaux Arts, souhaite justement développer des services aux institutions et aux entreprises autour de la culture, comme par exemple des formations autour de l'art ou des ateliers pour aider les cadres à développer leur créativité. Un moyen de monétiser la réputation du magazine.

Mais au-delà d'une recherche de nouveaux financements, les opérations "hors médias" aident les titres à cultiver leur lectorat et potentiellement à l'élargir, en créant des liens avec le public, alors que le numérique tendrait plutôt à les en éloigner.

Pour les journaux, "l'organisation d'événements permet aussi de renouer des contacts avec leurs lecteurs et de les fidéliser. Et ils en profitent pour faire des ventes annexes et assurer leur promotion", créant ainsi potentiellement un cercle vertueux, relève M. Perrin.

 
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