... A la sortie de la seconde guerre mondiale, on commençait à travailler vers 16 ans et prenait la retraite à 65, à moins de casser sa pipe avant. 65 ans, je parle des travailleurs du régime général pas des autres. Donc 50 ans au turbin. Quatre salariés pour un retraité. Espérance de vie en retraite : 5 ans.
Pendant les trois glorieuses, on trimait de 20 ans à 65 ans, soit 45 ans grosso modo de cotisation mais deux salariés pour un retraité qui bénéficiait de la retraite 12 ans environ. La vie apportait progressivement qualité, endurance et meilleure médecine.
Lorsque Mitterrand a chamboulé tout, on commençait à travailler bien après 20 ans, 28 pour certains et on cessait tôt, bien avant 60, souvent. Un peu plus de 30 ans de cotisation, avec moins d%u2019un salarié par retraité. Les indicateurs se sont affolés, les retraités devenaient plus nombreux, vivaient plus longtemps et les salariés moins nombreux, pour une durée plus courte de cotisation. Le déséquilibre, empirique et incessant, a été supporté par les budgets de tous les gouvernements successifs, qui se sont voilé la face et ont transmis bébé, cuvette et eau du bain au gouvernement à venir, même si ce gouvernement restait identique. Il a fallu, merci Sarkozy, revoir et reprendre le tout.
Quelque que soit le travail effectué, man%u0153uvre, ouvrier, employé, contremaître, commerçant, directeur, celui qui prétend que les contraintes salariales sont identiques en 2012 à ce qui se passait au milieu du siècle précédent, est irresponsable.
Il n%u2019y a aucune honte, aucun déshonneur, aucune tare contagieuse, à travailler 41 ans et quelques mois.
D%u2019autres pays similaires à la France permettent la retraite à 65 ans, voire davantage. Les salariés de ces pays ne se mettent pas en grève, ne cassent pas leur outil de travail, ne rechignent pas, mais au contraire, continuent de participer au redressement de leur pays. Et, souvent, ils vivent encore plus longtemps que le travailleur en France. La seule différence est que le mot travail n'est pas honni, chez eux.