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Attentats : l'état d'urgence est-il utile ?




Attentats : l'état d'urgence est-il utile ?

L'état d'urgence a été prolongé cinq fois par le Parlement. Il doit durer jusqu'au 15 juillet prochain.

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Orange avec AFP, publié le lundi 20 mars 2017 à 07h00

Que faire de l'état d'urgence ? De récentes déclarations du président et du garde des Sceaux, mais aussi une mise au point du Conseil constitutionnel viennent relancer le débat sur ce régime d'exception, qui dure depuis 492 jours.

"L'état d'urgence, une drogue (qui) dure": en décembre 2016, le Syndicat de la magistrature, marqué à gauche, avait lancé cette formule percutante. Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a aussi filé la métaphore de l'addiction mercredi dernier en déclarant que "l'accoutumance à cette situation hors norme serait pour notre démocratie un risque : celui de la banalisation de l'exception".

Et d'ajouter : "À nos yeux, nous avons créé les conditions qui rendent possible une sortie de l'état d'urgence", notamment en durcissant la législation antiterroriste et en renforçant les pouvoirs de la police et des procureurs.

MOINS D'EFFETS CONCRETS

Proclamé après les attentats de novembre 2015, l'état d'urgence a été prolongé cinq fois. Il doit durer jusqu'au 15 juillet prochain. Avant que le prochain exécutif et le Parlement ne se saisissent de la brûlante question d'une éventuelle nouvelle prolongation, le président de la République a toutefois le pouvoir de lever par décret ce régime civil d'exception, qui permet de pratiquer des perquisitions et de prononcer des assignations à résidence hors de tout cadre judiciaire. François Hollande a toutefois confirmé jeudi qu'il n'userait pas de ce pouvoir : pour le chef de l'État l'explosion d'un courrier piégé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI) et la fusillade dans un lycée de Grasse conduisent à "justifier l'état d'urgence". Une déclaration faite avant l'attaque samedi contre des militaires à l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne).

L'état d'urgence produit de moins en moins d'effets concrets: entre le 22 décembre dernier et le 14 mars, il n'y a eu que 18 perquisitions administratives, et on compte encore 68 personnes assignées à résidence - alors que 271 assignations avaient été prononcées dans les trois mois suivant les attaques jihadistes du 13 novembre 2015.

Le Conseil constitutionnel est de plus venu serrer jeudi la bride du ministère de l'Intérieur s'agissant des assignations à résidence de longue durée: une vingtaine de personnes sont soumises sans interruption depuis quinze mois à ce régime souvent extrêmement contraignant (multiples pointages quotidiens, interdiction de quitter sa commune le jour, et son domicile la nuit...). Pour les Sages, une assignation à résidence ne peut être prolongée au-delà de douze mois, et pour une durée de trois mois à chaque fois, que si l'administration apporte des "éléments nouveaux" sur une personne dont le comportement pose "une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics".

Le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon a publiquement fustigé le gouvernement: "Et dire qu'hier le ministre de la Justice, Jean Jacques Urvoas, envisageait la fin de l'état d'urgence... Quel angélisme!", a-t-il lancé en meeting à Caen. Pour Emmanuel Macron, la question d'une "levée" de l'état d'urgence "se posera de manière légitime". Mais "je ne suis pas en situation aujourd'hui, pas plus qu'aucun autre candidat, d'avoir un jugement informé". "Notre gouvernement est dépassé, ahuri, tétanisé, comme un lapin dans les phares d'une voiture", a elle affirmé Marine Le Pen lors d'une réunion publique à Metz (Moselle) samedi après-midi.

 
49 commentaires - Attentats : l'état d'urgence est-il utile ?
  • Non ...:
    il n'a servi à rien depuis longtemps ; ni à Grasse ( ni bien sur au FMI ) , pas plus en son temps qu'à Nice ;
    il vient par contre de " servir de pretexte " à la panique créee à Orly ( alors qu'un bouclage du hall aurait suffit ) ;
    l'etat d'urgence est plustot ...un argument electotaliste .

  • Pour être si l'on peut dire en sécurité, il faut fermer les frontières, et retirez les liens des mains de la police nationale. Et la seule personne qui veut fermer les frontières, et qu'on puisse retrouver notre france, c'est marine le pen.

  • L'attentat de ce terroriste en est l'exemple flagrant.

  • L'état d'urgence ne sert à rien sinon coûter à l'état (c'est à dire nous). Nous ne sommes pas plus en sécurité avec ou sans: preuves à l'appui. A part faire mousser notre politique actuelle (l'exécutif) qui n'a pas eu d'autre occasion de remonter un peu dans les sondages qu'en déclarant la prolongation de l'état d'urgence, ou à faire un joli sketch à chaque hommage aux victimes, c'est bien triste à dire. Il ne faut pas se voiler la face, nous sommes en danger, sans aucune protection de qui que ce soit, mais surtout pas de cette équipe hors jeu !

  • Si nous en sommes là c'est tout simplement que le gouvernement de gauche avec sa vision de gauche que traduit une justice de la présente gouvernance soit ont été incapable de résoudre les problème posés pendant ce quinquennat en incapacité totale de jouer son rôle. Depuis combien d'années n'avait -on pas vu une telle violence, un tel déchaînement de haine non maîtrisé, un tel laxisme, une aussi gigantesque pépinière de multirécidivistes, un tel abandon de territoires français aux mains de trafiquants en tous genre, une telle déroute de l'autorité de l'état même plus capable de gérer ses propres forces de polices auxquelles ont a lié les mains qui se font humilier, cracher dessus et pour finir carrément attaquer au cocktail molotov sur le terrain et dont le degré de crainte qu'elles inspirent aux hors la lois et autres délinquants équivaut à la crainte que les enfants de primaires éprouvent à l'évocation d'hypothétiques fessées qu'ils savent aujourd'hui totalement interdites. Aucune des mesurettes prises par le gouvernement, aucune réaction adéquate ne saurait remplacer actuellement l'éventuel abandon de l'état d'urgence. Comme à l'accoutumé on supprime, on démoli d'abord avant de savoir par quoi et comment on va remplacer ce que l'on abandonne mais priorité est donnée au virtuel, aux visions idéologiques pendant que se poursuit avec les moyens du bord la lutte contre le terrorisme latent dont nous constatons quotidiennement la présence avérée et permanente dans la lecture des faits divers.

    Rien à ajouter....bravo

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