La question du jour:

La droite peut-elle encore gagner la présidentielle?




La droite peut-elle encore gagner la présidentielle?

François Fillon s'accroche, pour combien de temps ?

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Orange avec AFP, publié le dimanche 05 mars 2017 à 22h45

En dépit des défections et des pressions de son camp, François Fillon a exclu dimanche de se retirer de la course à l'élection présidentielle. "Personne ne peut aujourd'hui m'empêcher d'être candidat", a-t-il affirmé au journal télévisé de France 2, quelques heures après un rassemblement au Trocadéro.

À la question "Allez-vous retirer oui ou non votre candidature ?", le candidat de la droite réplique : "ma réponse est non".

Jamais ? "La réponse est non. Et surtout je ne vois pas de raison de le faire". "Je ne suis pas jusqu'au boutiste, pas enfermé dans une certitude mais il y a une chose que je constate c'est qu'il n'y a pas d'alternative", a encore affirmé le candidat, convoqué le 15 mars pour une mise en examen dans l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

Interrogé sur les pressions pour une candidature d'Alain Juppé, il a jugé que "cette candidature ne correspond pas à mon programme politique, au choix des électeurs de la droite et du centre". "Si les électeurs de la droite et du centre avaient voulu Alain Juppé, ils auraient voté pour Alain Juppé". À peine François Fillon avait-il fini de parler qu'Alain Juppé réagissait sur Twitter pour annoncer qu'il ferait lundi à 10h30 une déclaration à la presse. Il fera cette annonce depuis Bordeaux, à quelques heures d'un comité politique des Républicains prévu à 18 heures, et après s'être entretenu samedi soir avec Nicolas Sarkozy.



Alain Juppé va-t-il annoncer sa candidature ? En tout cas, à la veille d'une nouvelle folle journée à droite, François Fillon a jugé dimanche soir que sa décision de maintenir sa candidature avait été confortée "par ce rassemblement populaire dont tout le monde pensait qu'il serait un échec". Le candidat a affirmé que "200.000 personnes" s'étaient rassemblées au Trocadéro alors que, pour la police, cette place proche de la Tour Eiffel peut contenir de l'ordre de 40.000 personnes. Il y a délivré un discours pugnace d'une demi-heure, mêlé de mea culpa et d'avertissements à la droite.

Alors que la foule scandait des "Fillon, tiens bon", François Fillon a émaillé sa déclaration de références au général de Gaulle, à Hugo, Voltaire ou Camus et renvoyé son camp à ses responsabilités à sept semaines de la présidentielle. "Ils pensent que je suis seul", mais "vous ne baisserez jamais les bras", a lancé le candidat de la droite à ses partisans, héritiers de "la France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans-culottes".

Traits marqués, voix blanche, l'ancien Premier ministre a reconnu, entre deux averses, sa "faute" si sa campagne "rencontre de si formidables obstacles". Il a assuré avoir fait son "examen de conscience", mais a appelé ceux de son "camp" à "faire le leur", épinglant "la responsabilité immense" de "ceux qui fuient le navire" à droite. S'il a dénoncé une "chasse à l'homme" qui cherche aussi à "briser la droite", il a atténué le ton de ses critiques envers la justice. "Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas", a ajouté M. Fillon, sibyllin, rejoint sur la fin à la tribune par son épouse Penelope agitant un drapeau tricolore.

 
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