La question du jour:

Fallait-il donner un vrai "coup de pouce" au Smic ?




Fallait-il donner un vrai

Début 2017, le Smic horaire passera de 9,67 à 9,76 euros brut (Illustration).

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 20 décembre 2016 à 07h00

Comme lors des quatre dernières revalorisations du Smic, le gouvernement n'a pas accordé de "coup de pouce", se contentant d'appliquer le calcul de hausse mécanique du salaire minimum, qui dépend de l'inflation et de l'évolution des salaires pour les ménages les plus modestes.

Une nouvelle année sans "coup de pouce" : le gouvernement a annoncé lundi une hausse du Smic de 0,93% au 1er janvier. Début 2017, le Smic horaire passera de 9,67 à 9,76 euros brut, a annoncé la ministre du Travail Myriam El Khomri aux partenaires sociaux.

Un salarié rémunéré au Smic touchera ainsi 1.480,27 euros brut mensuels. Après déduction des cotisations sociales, il recevra 1.153 euros sur son compte bancaire, soit une hausse de 11 euros par rapport à 2016.

L'exécutif n'a plus accordé de "coup de pouce" au Smic depuis le 1er juillet 2012. Au lendemain de l'élection de François Hollande, le salaire minimum avait été revalorisé de 2%, au lieu de 1,4%. Le gouvernement a tenté de se justifier. Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a expliqué qu'il ne fallait "pas obérer le redressement des entreprises au moment où la croissance recommence à poindre", et souligné que le niveau très bas de l'inflation "permet malgré tout d'engranger du pouvoir d'achat pour ceux qui sont au Smic". Quant à la ministre du Travail, elle a expliqué devant les partenaires sociaux "qu'un 'coup de pouce' au Smic n'est pas la meilleure solution pour améliorer le pouvoir d'achat de nos concitoyens", lui préférant notamment une "baisse de la fiscalité" ou "la prime d'activité", qui a fusionné début 2016 le RSA activité et la prime pour l'emploi.

LE SMIC A PLUS AUGMENTÉ SOUS SARKOZY QUE SOUS HOLLANDE

Ce qui n'a pas convaincu leurs détracteurs. Boris Plazzi, de la CGT, a jugé la hausse "indécente vis-à-vis des salariés qui peinent à survivre avec un Smic". Son syndicat réclamait un Smic à 1.800 euros brut. "Encore une fois, les salariés n'ont pas été entendus", a déploré Marie-Alice Medeuf-Andrieu, pour FO, qui voulait porter le Smic à "80% du salaire médian", soit 1.426,40 euros nets. Pierre Jardon (CFTC) a, lui aussi, "vivement regretté" une décision qui "ne permettra pas de redonner confiance en la valeur travail et d'agir efficacement contre la pauvreté". Son syndicat plaidait, salaire et prestations sociales confondus, pour un "revenu de dignité", évalué entre 1.400 et 1.600 euros nets par mois pour une personne seule.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a fustigé une décision "lamentable" et "indigne" d'un gouvernement de gauche. Quant à Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, il a fait remarquer que "Nicolas Sarkozy aura plus augmenté le Smic sous son quinquennat que François Hollande". Le salaire minimum a augmenté de 112 euros nets (+11,3%) pendant le mandat de M. Sarkozy, puis de 56 euros (+5,1%) depuis l'élection de M. Hollande. Mais le premier n'ayant jamais accordé de "coup de pouce" au Smic, cet écart est essentiellement dû à l'inflation, les prix ayant augmenté beaucoup plus sous Nicolas Sarkozy (+9,2% pour les ménages les plus modestes) que sous François Hollande (+1,1%).

 
98 commentaires - Fallait-il donner un vrai "coup de pouce" au Smic ?
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]