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Alstom : l'État doit-il intervenir dans la gestion de l'entreprise ?




Alstom : l'État doit-il intervenir dans la gestion de l'entreprise ?

Alstom a décidé de transférer, d'ici à 2018, les activités d'ingénierie et de production de son site de Belfort vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin).

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Orange avec AFP, publié le lundi 12 septembre 2016 à 07h00

Convocation du PDG du groupe à Bercy, condamnation des choix de l'entreprise par Manuel Valls, réunion interministérielle lundi matin à l'Élysée... L'État, principal actionnaire d'Alstom, met la pression sur la direction de l'entreprise pour éviter l'arrêt de sa production de trains à Belfort et le transfert de sa production vers le site de Reichshoffen (Bas-Rhin).

Le chef de l'État François Hollande a pris position à son tour dans le débat ce lundi 12 septembre.

"Le président de la République nous a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues", a déclaré le ministre de l'Économie Michel Sapin sur le perron de l'Élysée, à l'issue d'une réunion de crise sur l'avenir de l'usine franc-comtoise du groupe. L'arrêt de la production de trains à Belfort d'ici 2018, annoncé mercredi par le constructeur, est devenu un enjeu national, à huit mois de l'élection présidentielle. Le groupe prévoit de déplacer sa production de locomotives de Franche-Comté vers l'Alsace d'ici 2018, sans fermeture de site ni plan social, mais avec "une proposition de transfert" vers ses autres usines françaises pour les 400 salariés concernés.



"ON A NATIONALISÉ RENAULT POUR MOINS QUE ÇA"

L'exécutif est accusé de négligence d'un bord à l'autre de l'échiquier politique. Ce lundi, sur RTL, Jean-Pierre Chevènement a jugé qu'"on a nationalisé Renault pour moins que ça à la Libération". L'ancien maire de Belfort souhaite que l'État "monte au capital, ne se contente pas des droits de vote que Monsieur Bouygues lui a accordés pour une durée limitée. Je pense que monsieur Bouygues a 28% et il serait honnête de le désintéresser complètement, c'est-à-dire que l'État soit à 28% et aille un peu plus loin peut-être, parce que ce qui est en jeu c'est tout l'équilibre des accords passés avec General Electric". Pour Jean-Pierre Chevènement, la direction du groupe d'Alstom a cherché à prendre les pouvoirs publics par surprise : "Ça c'est inacceptable, et nous ne pouvons pas avoir confiance dans les dirigeants d'Alstom", a-t-il encore dénoncé sur RTL ce lundi.





UNE "MÉTHODE INACCEPTABLE", SELON VALLS

Face aux accusations, le gouvernement a tenté de reprendre la main, en convoquant dès jeudi le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge. Ce dernier a été sermonné à Bercy pour le "caractère soudain et non concerté" de sa décision. "La méthode employée par Alstom est inacceptable", a encore insisté dimanche Manuel Valls. "Nous n'étions pas au courant des décisions prises par l'entreprise", a souligné ce lundi Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement.

L'Etat est pourtant l'actionnaire de référence du groupe, avec 20% des droits de vote depuis février, grâce à des actions prêtées par Bouygues et qu'il pourra racheter d'ici fin 2017. Cet accord était la principale contrepartie obtenue lors de la vente de la branche énergie d'Alstom à l'Américain General Electric en 2014. Fort de cette position, le gouvernement a imposé "une phase de négociation" à Henri Poupart-Lafarge "avant toute décision définitive" sur l'usine de Belfort. Les premières consultations sont prévues "dès le début de la semaine". Le calendrier des rencontres n'est pour le moment pas connu.

"Nous allons travailler avec les élus, les organisations syndicales, la direction d'Alstom et l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort", a encore précisé Michel Sapin. Toutefois, la SNCF, principal client d'Alstom en France, n'était pas représentée à l'Élysée ce lundi, selon un porte-parole de la compagnie ferroviaire.

COMMENT SAUVER BELFORT ?

L'entreprise publique, lourdement endettée, est indirectement à l'origine de cette crise. C'est en effet sa filiale Akiem (codétenue avec Deutsche Bank) qui a récemment choisi l'Allemand Vossloh pour un contrat de 44 locomotives diesel. "Il y a des procédures d'appel d'offres. Nous allons simplement expliquer que notre intérêt commun, à la SNCF, à la RATP, aux régions, c'est de maintenir une filière ferroviaire forte", a justifié lundi sur RTL Christophe Sirugue, secrétaire d'État à l'Industrie.

De son côté, le gouvernement a promis d'acheter 30 nouveaux trains Intercités. Mais ces commandes, qui profiteront à d'autres usines d'Alstom, "ne seront malheureusement pas la solution pour l'avenir de Belfort", a reconnu le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies vendredi.

Les nombreux succès à l'export alignés ces derniers mois ne seront pas non plus d'un grand secours : aux États-Unis (28 TGV) comme en Inde (800 locomotives) et en Afrique du Sud (580 trains), la fabrication locale était une condition-clé pour remporter ces marchés. En Europe, les importants contrats décrochés en Italie bénéficient aux usines du groupe dans la péninsule, tandis que les trains vendus aux Pays-Bas sont assemblés en Allemagne et en Pologne.
 
82 commentaires - Alstom : l'État doit-il intervenir dans la gestion de l'entreprise ?
  • Et le lunetier du Jura et ses 300 employés.L état va se substituer à L V M H principal client qui laisse tomber? Et SFR ,et tant d autres.?,
    L état c est Nous,,Notre porte monnaie.Et pendant ce temps les petites retraites de 700 euros mois sont bloquées depuis des lustres.Alors allons y payons payons

  • Macron est parti avant l'annonce d'Alstom, on ne va pas me dire que le ministre de l'économie, n'était pas au courant...! Monsieur Macron aujourd'hui se pavane en Grande Bretagne ...à la recherche de subventions pour son mouvement politique et sa probable campagne électorale !
    Et ça personne ne le dit ?

  • Oui dans le cas présent.
    Ca va permettre de recadrer tout le monde.

  • les 45 %ne payent sûrement pas d'impôts

  • Tous ces énarques même pas fichus de gérer un pays alors une entreprise!!!!!
    A qui ils vont faire croire que la gestion c'est leur point fort, qu'ils savent sur quel poste économiser pour équilibrer les comptes.
    Avant de se présenter a la présidentielle on devrait exiger sur leur CV un stage de gestion comme un chef d'entreprise

    Et bien les chefs d'entreprise n'y arrivent apparemment pas mieux que les politiques...! Et dites donc, ce ne serait plutôt pas la politique de droite libérale menée depuis 30 ans qui met tout le monde dans la panade !
    Avec l'enrichissement constant des plus riches et l'appauvrissement permanent des plus pauvres.... que le fric, et l'humain là dedans on en fait quoi ?

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