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Attentats : faut-il placer des militaires à l'entrée des églises ?




Attentats : faut-il placer des militaires à l'entrée des églises ?

Une messe à la cathédrale de Tours mardi 26 juillet 2016 (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le mercredi 27 juillet 2016 à 07h00

- Un prêtre a été égorgé et une personne grièvement blessée ce mardi 26 juillet lors d'une prise d'otages dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime). L'attentat, revendiqué par l'organisation État islamique (EI), a été perpétré par deux jihadistes.

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Faut-il positionner des militaires de l'opération Sentinelle devant les églises de France ? L'assassinat d'un prêtre dans une attaque terroriste est une première en France mais cela faisait plusieurs mois que la menace d'une attaque contre un lieu de culte chrétien planait, notamment depuis l'échec d'un projet d'attentat en avril 2015 contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne. Depuis, l'EI a multiplié dans sa propagande les références antichrétiennes, ciblant les dirigeants "croisés" occidentaux et "le royaume de la Croix" - l'Europe et notamment la France.

Si depuis 2015, la sécurité des quelque 700 écoles et synagogues juives et plus de 1.000 des 2.500 mosquées du pays a été renforcée, il semble difficile - faute d'hommes - de sécuriser en permanence les quelque 45.000 églises catholiques. Des mesures ont été mises en œuvre auprès des lieux de culte chrétiens pour les fêtes de fin d'année en 2015, après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Le dispositif avait été repris quasiment à l'identique à Pâques. Depuis les carnages de 2015, les autorités ont prolongé plusieurs fois l'état d'urgence, un régime d'exception facilitant notamment des assignations à résidence et des perquisitions. Ce régime court jusqu'à fin janvier 2017.

LES DEUX JIHADISTES PEU ARMÉS

Jacques Hamel, prêtre auxiliaire de 86 ans, a été mortellement touché à l'arme blanche à la gorge et au thorax, a indiqué mardi soir devant la presse le procureur de Paris, François Molins, à la tête du parquet antiterroriste saisi de l'enquête. Un autre otage, âgé lui aussi de 86 ans, a été grièvement blessé. Selon le procureur, les deux assaillants de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray étaient équipés de trois couteaux mais aussi de "faux engins explosifs" et d'une arme de poing - une arme "inopérante" selon une source proche du dossier.

Vers 9h25, ils ont pénétré dans l'église en pleine messe matinale et pris six personnes en otages, a relaté le magistrat : le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. Les jihadistes se sont "enregistrés" au moment du crime, l'un a fait "un peu comme un sermon autour de l'autel en arabe" avant l'assassinat du prêtre, a témoigné sur RMC l'une des religieuses, sœur Danielle, parvenue à s'enfuir et à donner l'alerte. Lors de l'opération policière, les deux autres religieuses et la paroissienne sont ensuite "sorties de l'église suivis des deux terroristes, l'un d'eux portant une arme de poing, s'élançant sur les forces de police aux cris d'Allah Akbar", a déclaré François Molins. Les policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen les ont alors abattus. L'EI a affirmé que cette attaque avait été exécutée par deux de ses "soldats".

L'un des deux assaillants a été formellement identifié comme étant Adel Kermiche. Connu des services antiterroristes, ce Français, né le 25 mars 1997 à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), avait tenté de rallier la Syrie par deux fois en 2015. Une première en mars via l'Allemagne, alors qu'il était mineur, mais il avait été interpellé. Une seconde en mai, alors qu'il était majeur, via la Suisse, puis la Turquie où il avait été arrêté. Mis en examen dès mars 2015 pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, il avait été placé en détention provisoire à l'issue de sa deuxième tentative, puis libéré en mars 2016 et assigné à résidence sous bracelet électronique. Le parquet de Paris avait fait appel de cette libération, sans obtenir gain de cause. L'identification du second assaillant est toujours en cours.

 
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