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Faut-il revenir sur le non-cumul des mandats ?




Faut-il revenir sur le non-cumul des mandats ?

Nicolas Sarkozy à Paris, le 29 juin 2016.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 30 juin 2016 à 07h00

- Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, prône la suppression du non-cumul des mandats, mis en place par son successeur à l'Élysée François Hollande. -

Il fallait s'y attendre, la proposition fait grincer des dents.

Mercredi 29 juin lors d'une convention du parti Les Républicains (LR) sur les institutions, Nicolas Sarkozy a de nouveau plaidé pour la suppression de la loi sur le cumul des mandats, votée en 2014 et qui entrera en vigueur en 2017. Elle interdit le cumul d'un mandat de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur. "Des parlementaires qui n'auraient pas de mandat local, qui feraient la loi du lundi au dimanche sans un enracinement dans leur territoire, ce serait une erreur gravissime !", s'est exclamé mercredi M. Sarkozy. Autre argument soulevé par l'ancien président : "avec le mandat unique, on augmente de 30 à 40% le nombre de membres de la classe politique alors que je pense qu'il faut la réduire". 

Mais dans sa propre famille politique, cette proposition est vivement décriée. "Totalement désespérant d'avoir pour première mesure en 2017 de revenir sur le non-cumul... Quel retour à la vieille politique !", dénonce Bruno Le Maire, candidat à la primaire, dans un tweet.



"Je suis absolument, radicalement, contre le retour au cumul des mandats", affirmait le 22 juin Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France. "Je comprends bien que le député-maire était une figure de la Ve République, je comprends bien que c'est dur de renoncer", a-t-elle déclaré, ajoutant même : "je ferai voter contre tous ceux sur lesquels j'ai une influence". Cette loi sur le non-cumul, "je ne veux pas qu'on revienne dessus", a également affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, mercredi dans l'émission "Questions d'info" LCP-France Info-Le Monde-AFP. "Je crois que des propositions qui sont faites aujourd'hui d'aller faire des référendums en même temps que le deuxième tour des élections législatives sont absolument toxiques".

Le maire du Havre et juppéiste Édouard Philippe a pour sa part souligné le "risque politique considérable" que prendrait celui qui reviendrait sur le non-cumul des mandats. "Je n'y crois pas une seconde", a-t-il déclaré, estimant que ce serait un "message détestable et détesté" envoyé à la population française.

ÉRIC WOERTH ET LES "OIES BLANCHES"

Soutien de M. Le Maire, le député LR Damien Abad "ne pense pas qu'on pourra revenir sur cette loi". "En plus, il faut profiter des deux, trois premiers mois de mandat pour lancer sa politique, pas pour défaire des choses déjà faites", ajoute-t-il, citant comme contre-exemple le début de législature de François Hollande et la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.

À l'opposé, Eric Woerth, secrétaire général de LR chargé du projet, adhère à la proposition de M. Sarkozy. "Un parlementaire qui n'a plus aucune responsabilité sur le plan local perd beaucoup de matière. On en fait un technocrate de la loi", regrette-t-il. "Des oies blanches se pâment dans une fausse morale ! On peut être conseiller régional d'une grande région et parlementaire, mais on ne peut pas être parlementaire et maire d'une commune de 1.000 habitants. C'est aberrant !", ajoute-t-il.  
 
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