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Grèves : la CGT va-t-elle trop loin ?




Grèves : la CGT va-t-elle trop loin ?

Un syndicaliste de la CGT devant la raffinerie de Feyzin, le 24 mai 2016. (Illustration)

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Orange avec AFP, publié le mercredi 25 mai 2016 à 07h00

Le bras de fer est désormais engagé, et les protagonistes assurent tous qu'ils iront jusqu'au bout. D'un côté, l'exécutif qui refuse de reculer sur la Loi Travail.

De l'autre, les syndicats, et plus précisément la CGT, qui s'est engagé dans un durcissement du conflit qui pourrait mener à la paralysie du pays. Une radicalisation qui renoue avec sa tradition la plus contestataire, mais qui peut masquer une difficulté à mobiliser en masse.

"Prise d'otages", "chantage", "blocages inacceptables" décidés par "une minorité"...: la centrale de Philippe Martinez, à la pointe de la contestation contre la loi El Khomri, est prise à partie depuis qu'elle a choisi de durcir ses actions, en bloquant notamment raffineries et dépôts de carburants, points névralgiques du pays. Et la situation a viré au bras de fer avec l'exécutif. 


"Le procès en légitimité de l'action sociale est un classique. Mais ce qui est nouveau, c'est que cette rhétorique émane de la gauche de gouvernement", observe Stéphane Sirot, historien du syndicalisme. La CGT martèle que si les actions - des grèves votées à la majorité du personnel des raffineries, insiste M. Martinez - sont montées d'un cran, c'est parce que le gouvernement "n'a pas écouté les salariés" et est "passé en force" en recourant au 49.3 pour faire adopter son projet de loi.

"Le blocage, c'est le gouvernement qui en porte la responsabilité. A la CGT, on pense qu'il faudrait que les grèves cessent, et ce par le retrait du projet de loi", a estimé Fabrice Angéi, membre du bureau confédéral, sur BFMTV.

Le coup d'accélérateur du mouvement est à mettre en corrélation "avec l'accélération du calendrier parlementaire voulue par le gouvernement en utilisant le 49.3", relève Stéphane Sirot. "C'est une réponse sociale, et dès lors que la CGT est engagée dans une stratégie avec mot d'ordre de retrait, elle n'avait que deux solutions: soit elle décidait de cesser le mouvement, soit elle lui imprimait un autre rythme", estime le chercheur.


Ce type d'action plus radicale a été déjà été engagée par le passé, notamment lors du conflit contre la réforme des retraites en 2010. Mais le soutien de la direction de la CGT d'alors était moins affiché.  Aujourd'hui, l'image de Philippe Martinez jetant lui-même un pneu dans les flammes sur un dépôt pétrolier du Nord marque une inflexion.

Le premier syndicat français, qui s'était davantage recentré depuis la fin des années 1990 sur le compromis et le "syndicalisme rassemblé", semble retourner à ses "sources historiques, à savoir un syndicalisme de classe", relève M. Sirot. Philippe Martinez a été réélu secrétaire général en avril, dans un climat de profonde déception politique, très prégnant au dernier congrès de la centrale, qui avait appelé à voter pour François Hollande en 2012. Les régions les plus mobilisées aujourd'hui sont d'ailleurs celles "où l'ancrage du PS restait parmi les plus forts", relève M. Sirot.


"Est-ce que la casse du Code du travail était inscrite dans le programme de François Hollande ? Le gouvernement a tourné le dos à ses engagements et il en paie les conséquences", a expliqué M. Martinez.

Sa stratégie est néanmoins jugée risquée, certains estimant que la CGT, comme l'intersyndicale, joue "son va-tout" parce que le mouvement "peine à faire masse", analyse Dominique Andolfatto, professeur de sciences politiques. 

 
133 commentaires - Grèves : la CGT va-t-elle trop loin ?
  • Les grévistes ont trés souvent préservés ou améliorés nos conditions de vie
    ceux qui les critiques et qui ne font pas gréves récupèrent bien volontiers les
    les gains des grévistes , ont fait pas gréves de gaieté de coeur

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    ch9377  (privé) -

    La CGT le syndicat casseur de l'économie de la France, une bande d'irresponsables en chte libre d'adhérents sorte de staliniens dont il faut débarrasser les entreprises aux prochains votes. Martinez à part détruire notre économie,la vie de nos concitoyens , le travail ne doit pas trop le fatiguer....Une honte en Europe !

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    gironde  (privé) -

    La CGT est un syndicat intégriste, il apparait depuis Martinez comme le premier destructeur d'emplois en France. De ce syndicat à l'agonie dans les entreprises on en a ras le bol !!

  • Comme si la CGT était seule !
    C'est la France entière, et même la Belgique, qui refuse le retour à l'esclavage !
    Certains prétendent que nous n'avons rien compris, mais, même mon petit neveu, qui n'a que 6 ans, est capable de comprendre que, dès lors que l'on peut déroger à des lois impératives, il n'y a plus de loi du tout : Je le sais, je le lui ai expliqué, et il a reçu 5/5 !
    Grisonne

    La CGT est là pour défendre les intérêts des salariés, elle le fait, il n'y a rien à lui dire elle est dans son rôle...
    Macron est là pour défendre les intérêts de la banque Rothschild, il le fait, il n'y a rien à lui dire, il est dans son rôle...
    Ca serait simple la vie.......si les banquiers n'essayaient pas de se faire passer pour des gens de gauche...!

  • C'est à l'Elysée qu'il faut aller foutre le bordel et pas embêter ceux qui travaillent ; la CGT se trompe de cible depuis toujours ce qui explique leurs peu d'adhérents.

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