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Faut-il une loi encadrant la rémunération des grands patrons?




Faut-il une loi encadrant la rémunération des grands patrons?

Carlos Ghosn, le 25 avril 2016

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Orange avec AFP, publié le vendredi 20 mai 2016 à 07h00

"Le boulet du canon se fait plus proche" avoue une source patronale. La pression s'accroît sur les grands patrons, qui voient se préciser la perspective d'une loi sur l'encadrement de leur rémunération après les déclarations en ce sens de Manuel Valls.

"Maintenant, il faut légiférer", a lancé le Premier ministre Manuel Valls sur RTL jeudi matin, adoptant une position plus tranchée que le chef de l'État deux jours auparavant. "Nous avons fait le choix dans un premier temps de mettre les entreprises face à leurs responsabilités, en l'occurrence le patronat. Force est de constater que cela n'a pas été respecté", a-t-il estimé.

LE MEDEF SENT LE VENT TOURNER

Emmanuel Macron a fait entendre un avis différent après les paroles de son "rival", estimant que la solution d'un recours à la loi n'était "pas la bonne méthode", tout en se disant favorable à un renforcement de la gouvernance des entreprises sur cette question. Mardi, le président de la République avait exigé du patronat de prendre les choses en main, sous peine de voir le gouvernement légiférer pour rendre notamment contraignantes les décisions des assemblées générales d'actionnaires sur la question. Signe d'une "prise de conscience" plus significative de cette menace, les présidents du Medef, Pierre Gattaz, et de l'Afep, Pierre Pringuet, ont donné une nouvelle impulsion et prendront part à une conférence de presse sur la révision du code de bonne gouvernance Afep-Medef.

Cette accélération du débat fait suite aux révélations polémiques autour du salaire du patron de Renault, Carlos Ghosn: le conseil d'administration de la marque au losange est passé début mai outre le vote consultatif des actionnaires, dont l'État détenteur de 20% de l'ex-régie nationale, qui s'étaient prononcés à 54,12% contre sa rémunération de 7,251 millions d'euros au titre de PDG du constructeur français. A cette controverse ont suivi les critiques sur la rémunération de Carlos Tavares, dirigeant d'un autre constructeur automobile, PSA, dont le salaire a été quasi doublé, malgré le vote négatif de l'État, actionnaire minoritaire. Le montant a toutefois été approuvé à plus de trois quart des voix en AG.

Dans ce contexte, les députés ont décidé mercredi en commission des Affaires sociales que les votes des assemblées générales d'actionnaires sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises seraient contraignantes, adoptant un amendement de l'élu Front de gauche Gaby Charroux. Un amendement similaire sera déposé par le rapporteur PS du projet de loi sur la transparence de la vie économique porté par le ministre des Finances Michel Sapin.

De leur côté, 40 personnalités - responsables politiques, syndicaux et intellectuels - ont lancé un appel dans Libération pour demander au gouvernement de légiférer pour limiter les salaires des patrons. "Nous demandons au gouvernement de légiférer pour que désormais, en France, un patron ne puisse pas être rémunéré plus de 100 Smic, soit 1,75 million d'euros par an", écrivent les signataires de cet "appel des 40 au CAC 40". La proposition risque toutefois de se heurter à des problèmes de constitutionnalité.
 
54 commentaires - Faut-il une loi encadrant la rémunération des grands patrons?
  • "sept cent trente cinq" smic(s) pour un mi-temps chez Renault sans parler de l'autre chez Nissan!!!! Si ce n'est pas indécent cela!! Les déconnectés de la réalité sociale sont à vomir! Leurs actions qui conduisent à tant de personnes sont dans la pauvreté avec de plus en plus de chômeurs et de sans-abri ne méritent pas tout cet argent. ça ne les gêneraient pas d'employer des esclaves ainsi leur bénèf. en serait encore meilleur. Voilà où nous mène cette politique ultra libérale où les plus riches se protègent entre eux. Voilà la raison des manifestations actuelles mais dommage que des énergumènes casseurs s'émissent dans les manifestations (n' y sont-ils pas délégués pour casser le mouvement de protestation qui perdure et pointe avec force la limite de ce genre de politique - politique ni de droite, ni de gauche, mais du tout fric à laquelle ont adhéré les principaux partis ?). On se rend compte également qu'à la lecture de bon nombres de commentaires qu'à force de se faire mouliner en faveur de l'économie financière les cerveaux se formatent peu à peu à cette idée du tout fric et du moins solidaire et du moins social.

  • André56, Taraxacum , Bouvierlisan vous avez raison. Le scandale n’est pas forcément là où l’on croit. Ceci dit il ne faut pas oublier que ces gens-là sont sur un siège éjectable en permanence, le conseil d’administration peut les virer du jour au lendemain sans autre forme de procès. Les risques ç’a se paye surtout si en plus il y a des résultats. Manager des grands groupes n’est pas donné à tout le monde, et si veut avoir les meilleurs il faut savoir les payer.
    A trop vouloir légiférer, le risque de voir les sièges de ces grands groupes aller s’installer à l’étranger n’est pas nul.

  • Je viens de constater que Thierry Henry ex joueur de foot gagnait le même salaire que Carlos Ghosn (7 millions euros / an) Mickael Jordan plus de 71 millions d'euros....
    Je suis fortement choqué que mes compatriotes s'en prennent uniquement aux Patrons alors que les injustices sont plus flagrantes dans d'autres professions...
    Et que dire de JF Placé (écologiste) nommé colonel ....

  • Faut-il encadrer la rémunération des footballeurs? Les grands patrons compétents sont plus rares que les bons footballeurs, en trouver un disponible sur le marché international n'est pas facile, et le faire venir encore moins. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Il vaut mieux payer cher un dirigeant compétent plutôt que se retrouver avec une gabegie comme Areva sur les bras. La régie Renault gérée par l'état a coûté des milliards aux contribuables, comment des politiciens osent-ils se mêler du salaire d'un dirigeant qui a fait de Renault entreprise privée une affaire rentable.

  • Après avoir fait fuir les investisseurs et les entrepreneurs avec des taux d'imposition et des taxes qui frisent la confiscation, nos chers édiles socialistes vont réussir à décourager les grands patrons à venir s'occuper des sociétés françaises. A quand une Loi sur le plafonnement des salaires des footballeurs à côté desquels les rémunérations des patrons sont des aumônes ? Quand les meilleurs managers auront quitté la France, on pourra confier la gestion de nos entreprises aux énarques ou mieux encore aux syndicats, dans les deux cas la faillite est assurée...

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