La question du jour:

Les annonces de Valls vont-elles calmer les jeunes ?




Les annonces de Valls vont-elles calmer les jeunes ?

Manuel Valls

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 12 avril 2016 à 07h00

Emploi, logement, études... Le Premier ministre, entouré de la ministre du Travail Myriam El Khomri et de la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, a sorti le grand jeu, ce lundi, pour reconquérir la jeunesse.

CDD davantage taxés, bourses prolongées après le diplôme : le chef du gouvernement a annoncé un arsenal de mesures pour l'insertion des jeunes.

Des pistes applaudies par leurs syndicats, qui restent opposés à la loi travail, mais décriées par le patronat.

Matignon évalue entre 400 et 500 millions d'euros par an le coût de ces mesures, présentées aux organisations de jeunesse, dont plusieurs font partie de l'intersyndicale contre le projet de loi depuis plus d'un mois - l'Unef (premier syndicat étudiant), l'UNL, le SGL et la FIDL (lycéens). "Parce que les jeunes se sont mobilisés et ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes", s'est félicité le président de l'Unef William Martinet, exprimant sa "satisfaction" à l'issue de la rencontre. "Ça va dans le bon sens", approuve l'Union nationale lycéenne (UNL). La Fage, deuxième syndicat étudiant (pas opposé à la loi travail), salue "des mesures vraiment structurelles pour les jeunes".

Toutefois, "ça ne lève pas tous les désaccords, notamment sur la loi travail", avertit William Martinet. L'Unef reste donc "solidaire de l'intersyndicale" qui appelle, comme les organisations lycéennes, à manifester le 28 avril aux côtés des syndicats de travailleurs.



- Fureur des syndicats du patronat -

Parmi les revendications satisfaites, la prolongation des bourses, dès la rentrée 2016, pour les jeunes d'origine modeste, après obtention de leur diplôme, pour quatre mois maximum.

Est aussi prévu un renchérissement des taxes sur le CDD, pour favoriser l'embauche en CDI, suivant un barème défini par les partenaires sociaux. Cette mesure hérisse le patronat : la CGPME (petits patrons) dénonce "un coup de poignard porté dans le dos des entreprises", menaçant de quitter la négociation sur l'assurance chômage. De son côté, le Medef fustige "une longue tradition consistant à créer une nouvelle taxe pour chaque problème rencontré".

- "Sortir le carnet de chèques pour amadouer les manifestants" -

Par ailleurs, un quota de places en IUT sera réservé aux bacheliers technologiques et le nombre de places en BTS sera augmenté, pour favoriser la poursuite d'études des bacheliers professionnels. La rémunération des apprentis sera améliorée. "Ces mesures, que nous saluons avec enthousiasme" ne "peuvent faire oublier notre désaccord avec la loi travail", a réagi le Mouvement des jeunes socialistes.

Mais "pour nous rien n'a changé", prévient la Coordination nationale étudiante, qui regroupe les représentants des assemblées générales des facultés mobilisées contre la loi travail. Le syndicat se "désolidarise des stratégies de négociations de certaines directions syndicales, Unef en tête".

"Au lieu de sortir le carnet de chèques pour amadouer les manifestants, le gouvernement ferait mieux de réformer vraiment le marché de l'emploi", estime quant à lui l'ancien Premier ministre François Fillon (Les Républicains).

- Reconquérir les jeunes -

Les annonces gouvernementales seront intégrées au projet de loi égalité et citoyenneté, présenté mercredi, ou feront l'objet d'un amendement au projet de loi travail. Elles ne visent pas à "éteindre une contestation", mais à "répondre à des inquiétudes profondes qui nécessitent une réponse dans la durée", assure le Premier ministre.

La rencontre avait été décidée dès la mobilisation du 31 mars contre le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri, la plus réussie à ce stade (390.000 manifestants en France selon les autorités, 1,2 million selon les organisateurs).

Le rendez-vous de lundi était stratégique pour le gouvernement, alors que les organisations de jeunesse, parfois débordées par des coordinations plus spontanées, étaient jusqu'ici très actives dans la mobilisation, dans la rue et via des blocages de lycées ou de facs, avec des risques d'incidents. Plusieurs lycéens ont été ainsi interpellés lundi en banlieue parisienne, pour des jets de projectile et outrage envers des forces de l'ordre. Les jeunes sont aussi nombreux dans les rassemblements citoyens "Nuit debout", nés il y a une dizaine de jours place de la République à Paris, et qui ont essaimé dans plusieurs dizaines de villes.

 
19 commentaires - Les annonces de Valls vont-elles calmer les jeunes ?
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]