Traité Tafta: la France arrêtera de négocier si ses positions ne sont pas prises en compte

Traité Tafta: la France arrêtera de négocier si ses positions ne sont pas prises en compte

Fekl

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Orange avec AFP, publié le dimanche 24 avril 2016 à 17h00

Le traité de libre-échange trans-atlantique rencontre une opposition croissante dans la société civile, mais également dans la classe politique.

La France n'a pas l'intention de "faire semblant" dans les négociations sur le traité de libre-échange transatlantique. "Il n'y a aucune raison de continuer à négocier [...] s'il n'y a pas de volonté d'avancer", a déclaré dimanche sur France Inter le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl.

Il a estimé qu'aucune position défendue par la France n'est pour l'heure prise en compte comme elle le voudrait dans les négociations.

"Il n'y a pas, en tout cas au niveau de la France, de volonté d'aboutir à tout prix", a dit le ministre lors de l'émission "Agora", alors qu'un nouveau cycle de discussions doit se tenir la semaine prochaine à New York entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

"Vous prenez l'ensemble des sujets, aujourd'hui aucun intérêt n'est pris en compte de la manière que nous souhaitons", a dit M. Fekl. "Un accord est bon s'il apporte des avancées et sur les intérêts de notre économie et sur les principes que nous portons", selon M. Fekl, citant la réciprocité dans les échanges, la possibilité de mettre en œuvre des instruments de défense commerciale, les PME, la défense de l'agriculture ou encore les services financiers. "Si tout ça ne bouge pas, il n'y aucune raison de continuer à négocier en faisant semblant d'une certaine manière".



Une manière de s'adresser aux opposants au projet, nombreux dans la société civile, qui dénoncent notamment son opacité, ainsi que l'impact qu'il pourrait avoir sur l'agriculture ou l'environnement. "Moi je ne considère pas que les citoyens doivent se faire imposer de l'extérieur des réformes dont ils ne souhaitent pas", a dit M. Fekl. Interrogé sur la création de tribunaux arbitraux, qui permettraient à une entreprise de faire appel à des juges pour remettre en cause la législation d'un pays, le ministre a estimé qu'il s'agissait d'un "pur scandale", qui permettrait des "attaques frontales contre des choix démocratiques".

- Barack Obama en Europe pour promouvoir le traité -

Le président américain Barack Obama est justement en Europe pour défendre le projet. Il est arrivé dimanche en Allemagne, chez "son amie" Angela Merkel avec qui il souhaite promouvoir le libre-échange malgré des critiques au sein même du gouvernement allemand. "Nous n'abandonnerons pas nos efforts pour négocier un accord de libre-échange avec notre plus grand partenaire, le marché européen", a assuré dans la presse britannique M. Obama, qui souhaite un accord avant de quitter le pouvoir en fin d'année.

Cependant, sa venue a également provoqué des manifestations, notamment à Hanovre, ou des dizaines de milliers de personnes ont protesté samedi contre le Tafta. Au sein même du gouvernement allemand, le projet rencontre des oppositions. "Les Américains ne veulent pas ouvrir leurs appels d'offres publics aux entreprises d'Europe. C'est tout le contraire du libre-échange, selon moi", a prévenu le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel. "Si les Américains s'en tiennent à cette position, nous n'avons pas besoin de traité de libre-échange. Et le TTIP va échouer".

La semaine dernière, le président français François Hollande a déclaré que la France pouvait "toujours dire non" si les conditions qu'elle a posées, concernant la transparence ou encore l'accès aux marchés publics, n'étaient pas respectées.

Mardi, en visite à Paris, la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a jugé "possible" de conclure les négociations d'ici la fin de l'année, mais à condition qu'elles aboutissent à "un bon accord", sans quoi il faudra "faire une pause".

Le traité de libre-échange transatlantique est un vaste accord commercial, en négociation depuis 2013, qui vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les Etats-Unis et l'UE.
 
56 commentaires - Traité Tafta: la France arrêtera de négocier si ses positions ne sont pas prises en compte
  • Attention aux Américains !! ils ne font rien sans que cela leur apporte quelque chose .Toutes les entreprises rachetées par les américains ont fini en eau de boudin ,exp gemplus ,ils ont piqué le brevets ,et au revoir merci. Maintenant c'est au tour de général éléctric ,même problémes même solution .IL NE FAUT PAS LEUR FAIRE CONFIANCE

  • génial ! mais bonjour les pressions des lobbies qu'il va subir

  • Bof, moi, je suis pour ce traité, il faut arrêter de se leurrer. N'importe qui peut acheter à peu près n'importe quoi maintenant dans le monde donc si l'UE fonctionne en mode fermé, les consommateurs se feront un plaisir d'acheter en direct et je souhaite bien du courage pour les contrôles vu que nous ne sommes déjà même pas capables de gérer les flux humains...
    Les frontières se désagrègent petit à petit, ceux qui veulent maintenir ces lignes virtuelles sur les cartes se cramponnent à ce qui sera un jour un simple souvenir

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    memoire_solide  (privé) -

    Vous en goûterez tous les avantages. Bon appétit.

  • Je remarque que le partenaire de monsieur Obama n'est ni l'Europe, ni l'Union Européenne, ni les peuples européens... non c'est le marché européen.
    De cette simple phrase, il est facile de comprendre que les USA veulent la porte ouverte à leur économie dans le marché européen et demandent l'abandon de tout pouvoir des pays face à leur rouleau compresseur.... Et dire que les Russes sont méchants et les USA gentils !!!

  • Cette fois , il faudra la tenir , cette promesse....!... N'est-ce-pas , Messieurs les socialistes .......!

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