Toulouse : un élu municipal jugé pour avoir traité le maire de "chamallow"

Toulouse : un élu municipal jugé pour avoir traité le maire de

Des bonbons Haribo (illustration)

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Orange avec AFP, publié le mardi 28 mars 2017 à 20h01

Un conseiller municipal est passé devant les juges du tribunal de grande instance de Toulouse mardi 28 mars pour avoir traité le maire de sa commune de "chamallow", dans un courriel. Le 24 juin 2015, Jean-Louis Cesses, élu de La Salvetat-Saint-Gilles (Haute-Garonne) adresse un mail à un groupe de personnes dans lequel il fait "la comparaison entre le maire et une confiserie communément appelée chamallow", résume la présidente du tribunal.

Dans les dernières lignes d'un compte-rendu du conseil municipal, il écrit que "ce conseil municipal est à l'image de notre bon maire, qui m'évoque un chamallow".

"Il est mou et gluant", note t-il, agrémentant le texte d'une illustration des bonbons en question. M. Cesses comparaissait pour "injure publique envers personne dépositaire de l'autorité publique" après deux renvois. Le procureur n'a pas fait de réquisition, déclarant "s'en remettre au jugement du tribunal". Le jugement a été mis en délibéré au 20 juin.

DÉBAT SUR LE "CARACTÈRE PUBLIC" DU MESSAGE

A la barre, le prévenu indique qu'il envoyait ce genre de compte-rendu après chaque conseil, adressé à une liste de personnes "mouvante". Il reconnait qu'utiliser la boîte mail professionnelle de son entreprise était "une erreur". "Le problème, c'est le caractère public de ce mail", envoyé "à partir d'une boîte professionnelle", estime justement le maire, François Arderiu, qui exclut "toute susceptibilité" pour justifier sa démarche. "Il faut que ce mode de communication auprès des employés de la mairie cesse pour qu'on puisse travailler sereinement", explique l'édile divers gauche.


"Le chamallow, on peut en faire l'exégèse, mais avec la photo et le commentaire, je pense que personne ici n'aimerait recevoir cette qualification", avance son avocat, Me Laurent de Caunes, qui poursuit : "On sait que le chamallow, ce n'est pas un concentré d'intelligence quand on en fait l'allégorie". "C'est une confiserie sympathique", lui répond Me Jean Iglesis, avocat de la défense, tout en proposant, à travers le tribunal, une sucrerie à son confrère. "C'est une communication strictement politique, envoyée à un groupe restreint de personnes" soit "42 adresses dont 17 erronées", poursuit-il. "Il n'y a pas de caractère public."

Soulignant que la jurisprudence autorise "une certaine liberté" dans le cadre du débat public, "allant quelques fois jusqu'à l'outrance", l'avocat a énuméré les qualificatifs associés au président de la République -"Flamby", "Fraise tagada", "Guimauve le conquérant". Avant de plaider: "Il n'y a qu'à la Salvetat-Saint-Gilles qu'on imagine qu'on peut poursuivre quelqu'un pour avoir été traité de chamallow."

 
11 commentaires - Toulouse : un élu municipal jugé pour avoir traité le maire de "chamallow"
  • tiens chamallow devient un nouveau mot interdit
    la marque de bobbons va devoir chager le nom de cette specialité
    encore heureux qu'il ne l'ait pas traité de guimauve car il aurait fallu arracher la page du dictionnaire où le mot figure

  • bande de guimauves..! de carambars et de caramel...plutot douces comme insulte..!

  • Oui Chamallow est une confiserie aimée des enfants. A priori ce Maire n'aime pas. Aussi je le comprend, comme pour François Hollande, cette façon de faire de la Politique a certainement comme but d'attribuer un surnom au Maire qui pourra être repris régulièrement par ses administrés. Mais bon c'est une caricature Monsieur le Maire prouvez à cos administrés que vous êtes un Maire excellent et le tour sera joué.

  • Comme à Moscou ! faut faire attention à ce que l'on dit ! et retenir que la liberté de parole n'existe plus , à moins d'être du bon côté !

  • et dire que vous si vous voulez deposer plainte pour des faits bien plus graves on refuse de recevoir votre plainte
    vous avez tout juste droit à un enregistrement sur la main courante

    Et pourtant ils ont obligation de le faire...

    dqr33 vous le croyez vraiment
    essayez de le faire
    par le passé , j'ai voulu porter plainte parce que ma fille s'était fait rackettée à l'école
    à la gendarmerie , on n'acceptait que de le prendre sur la main courante
    j'ai donc deposé plainte directement aupres du greffe du tribunal
    ma plainte a été classée sans suite (il est vrai que les enfants racketteurs etaient des fils de notables)

    Depuis 2000, ils ne peuvent refuser d'enregistrer une plainte (loi du 15 juin 2000)... Mais ils sembleraient effectivement que certains gendarmes l'ignorent !

    DQR33 et aussi certains procureurs
    vous connaissez certanement autour de vous des peres divorcés a qui l'ex conjoint refuse qu'il prenne les enfants pour le droit de viste et qui tous les 15 jours depose une plainte pour non présentation d'enfant et qui n'a jamais de suite
    et qui finit souvent par ce que l'on nomme "enlevement d'enfant par le pére et parfois pire

    Tu as raison, mais tu déborde un peu, il ne s'agit pas là du refus de recevoir une plainte. Au demeurant, on peut également déposer une plainte auprès d'un procureur.

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