Rossignol sur l'IVG: "liberté d'opinion n'est pas droit au mensonge"

Rossignol sur l'IVG:

Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes à l'Assemblée nationale le 22 novembre 2016

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AFP, publié le jeudi 01 décembre 2016 à 13h36

Rossignol sur l'IVG: "la liberté d'opinion n'est pas le droit au mensonge"

La ministre Laurence Rossignol a défendu jeudi l'extension au numérique du délit d'entrave à l'IVG pour "consolider le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps", considérant que "la liberté d'opinion n'est pas le droit au mensonge".

"Chacun est et reste libre d'affirmer son hostilité à l'avortement, sur Internet ou ailleurs. A condition de le faire en toute honnêteté, car la liberté d'expression ne peut se confondre avec la manipulation des esprits", a lancé la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes à l'ouverture du débat à l'Assemblée sur une proposition de loi socialiste visant à pénaliser les sites de "désinformation" sur l'interruption volontaire de grossesse.

Dans un contexte de pré-campagne électorale pour 2017 et sur un sujet où Alain Juppé a attaqué François Fillon durant la primaire de la droite, le texte fait l'objet de 76 amendements, essentiellement LR, au nom de la "liberté d'expression", et d'extrême droite.

"Le droit à l'IVG n'est pas l'objet du débat" car la loi Veil de 1975 ayant dépénalisé l'avortement fait "largement consensus", a assuré Mme Rossignol devant quelques dizaines de députés. La proposition de loi "n'a pas d'autre objectif que de consolider le droit fondamental des femmes à disposer de leur corps et de garantir à toutes nos concitoyennes un égal accès à l'IVG".

Le délit d'entrave à l'IVG, créé en 1993, doit être adapté "à la réalité numérique" car si "il y a trente ans, des commandos s'attachaient aux grilles des centres d'orthogénie ou aux tables d'opération pour empêcher les femmes d'y accéder", "aujourd'hui, c'est sur la Toile que leurs héritiers continuent de mener cette bataille", a déclaré la ministre.

Des "groupuscules anti-IVG (...) avancent désormais masqués, dissimulés derrière des plateformes d'apparence neutre et objective, qui imitent et concurrencent les sites institutionnels d'information" et "cherchent délibérément à tromper les femmes", a-t-elle dénoncé, citant ivg.net et évoquant le "faux-nez d'une idéologie rétrograde mais toujours vivace".

"Pire, elles sont parfois relayées par des cellules d'écoute animées par des militants anti-choix sans aucune formation" qui veulent "culpabiliser les femmes et les décourager d'avoir recours à l'avortement", a ajouté Mme Rossignol.

"Depuis 2012, le gouvernement lutte, avec constance et détermination, contre cette forme insidieuse de pression", a affirmé la ministre, évoquant notamment un site officiel et un numéro national.

Face à une "désinformation" intensifiée "ces derniers jours", la présidente de la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée, Catherine Coutelle (PS), a clamé que "non, notre proposition de loi ne revient pas sur la liberté d'expression, ni sur Internet, ni ailleurs", "non, elle ne conduira pas à la fermeture administrative de sites internet", "non elle ne se traduira pas par la censure de contenus en ligne", puisque le délit d'entrave devra "toujours être prononcé par un juge".

Après avoir rappelé le "combat" de la loi Veil, la présidente de la commission des Affaires sociales Catherine Lemorton (PS) a martelé avec véhémence que "l'acquis est illusoire" alors qu'"il existe toujours des actions commandos devant les hôpitaux" et que "des pays remettent en cause ce droit", comme l'Espagne et la Pologne.

 
18 commentaires - Rossignol sur l'IVG: "liberté d'opinion n'est pas droit au mensonge"
  • Débat sans intérêt et qui ajoute à la confusion. Des considérations religieuses sont pour l'essentiel à la base de l'opposition à l'IVG, ce n'est pas l'affaire de l'Etat de s'occuper de ces affaires par contre il doit veiller à la diffusion de l'information juridique ou médicale utile sur ses propres sites et poursuivre ceux qui usurpent des identités, des fonctions ou des qualités qu'ils n'ont pas. Cette loi n'est pas adaptée ni à l'objectif poursuivi, ni au contexte.

  • toucan78  (privé) -

    MME ROSSIGNOL; si le Droit au mensonge n'existait plus il y aurait au moins les Trois quarts des Politiciens qui auraient du faire un autre Job particulièrement chez les SOCIALISTES. On attends d'ailleurs pour ceux qui, hors crise, ont laissé filer le CHOMAGE, la DETTE et L'INSERCUTITE aux plus "Hauts Historiques" y compris chez les Parlementaires avec leur iniques REGIMES SPECIAUX comme l'IRFM aient leurs effectifs réduits au moins de moitié. MR MONTEBOURG est de ceux qui ont mis sur la table cette Ardente Obligation. merci à lui et aux gens de droite qui militent pour réduire cette inégalité scandaleuse.

  • "liberté d'opinion n'est pas droit au mensonge"......est-ce valable aussi pour les discours politiques.....le changement c'est maintenant etc

  • Depuis l'élection de Fillon les socialistes ,sont devenu fou .Ils oublient qu'avant eux ;il y a eu Simone Veille ;et que sa loi ,ne sera jamais remise en question .Alors cessez ces mensonges et manipulation Mme Rossignol ; c'est devenu votre spécialité .

  • tuer les enfants dans le ventre de leurs mère , c'est pas bien
    un mal necessaire peut étre.
    mais un acte anodin surtout pas.

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