Réforme de l'ISF : Bayrou veut des modifications au Sénat, Le Maire contre

Réforme de l'ISF : Bayrou veut des modifications au Sénat, Le Maire contre

Le président du MoDem, François Bayrou, le 29 septembre 2017 à Guidel (Morbihan).

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Orange avec AFP, publié le dimanche 22 octobre 2017 à 16h10

François Bayrou est hostile à la réforme de l'ISF qu'il juge "déséquilibrée". Le président du MoDem espère cette mesure, votée samedi à l'Assemblée, sera rectifiée au Sénat.

Une idée écartée par le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui "ne souhaite pas qu'on remette en cause l'équilibre de cette réforme".

"Quand il y a des débats essentiels pour la société, des débats essentiels pour l'économie, des débats essentiels pour l'idée qu'on se fait de l'avenir du pays, alors le jeu parlementaire, le travail parlementaire doit jouer tout son rôle", a souligné François Bayrou, ce dimanche 22 octobre lors du Grand Rendez-vous d'Europe 1, Les Échos et CNews. "Il y a le Sénat maintenant".

"CE N'EST PAS JUSTE"

Jusqu'à présent, le MoDem a tenté, en vain, de maintenir l'ISF en se contentant d'en sortir seulement les valeurs mobilières et placements susceptibles de favoriser l'investissement dans les entreprises. Une proposition "pas constitutionnelle", d'après le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce qu'a contesté le maire de Pau.



"Qu'est-ce qui expliquerait que ce qui est constitutionnel pour les œuvres d'art ne soit pas constitutionnel dans l'entreprise ?", s'est interrogé François Bayrou, en référence à l'exemption des oeuvres d'art de l'ISF. "Pourquoi frapper l'immobilier - c'est des maisons, c'est des emplois, c'est des entreprises - et pas les lingots d'or, les diamants, ce qui est dans les coffres, et pas les investissements dans des obligations ? Ce n'est pas juste", a-t-il encore argumenté, regrettant qu'"on traite de la même manière l'argent qui agit et l'argent qui dort".



Disant exprimer la position "du pôle social de la majorité", il a assuré que "cette sensibilité-là, Emmanuel Macron y est sensible et en partage les attentes". "Ce que je crois que pense le président de la République, c'est, dit-il, 'j'ai arrêté une ligne, cette ligne c'est on va réintégrer l'investissement dans l'économie réelle, il ne sera pas frappé, cet investissement, par cette imposition - pour le reste que le parlement et le gouvernement parlent ensemble'", a assuré François Bayrou, attribuant à "Bercy" et au gouvernement, plutôt qu'à l'Elysée, la paternité de la transformation de l'ISF en IFI.

Avec cette mesure, le gouvernement espère que les "3,4 ou 3,5 milliards d'euros environ d'imposition" qui seront supprimés iront financer des entreprises, a déclaré Bruno Le Maire ce dimanche sur France 3. "Il serait peut-être temps d'avoir des entreprises qui puissent se financer soit avec leurs fonds propres, soit avec des capitaux français", a-t-il défendu. Pour vérifier si cet argent va vraiment dans le financement des entreprises, le ministre a écarté toute idée de sanction, mais s'est dit prêt à "évaluer cette politique fiscale" d'ici "deux ans".



Alors que le gouvernement est accusé par l'opposition de présenter un budget "pour les riches", Bruno Le Maire a estimé qu'"il y a beaucoup pour les plus modestes" dans ce projet de budget 2018, citant la suppression progressive de la taxe d'habitation pour 80% des Français ou l'augmentation de l'allocation adulte handicapé.

Interrogé sur la proposition du président du Medef Pierre Gattaz de mettre en place un contrôle journalier des chômeurs, le ministre a jugé "impensable" une telle mesure. "On en va pas faire du flicage journalier des chômeurs", a-t-il déclaré.
 
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