Prêtre égorgé à Saint-Etienne-du-Rouvray : les réactions politiques

Prêtre égorgé à Saint-Etienne-du-Rouvray : les réactions politiques

La BRI a été dépêchée sur place, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le 26 juillet 2016.

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Orange avec AFP, publié le mardi 26 juillet 2016 à 17h40

- L'assassinat du père Jacques Hamel, égorgé mardi 26 juillet durant une prise d'otages à l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, revendiqué par l'organisation État islamique, suscite une avalanche de commentaires. De nombreux élus font part de leur effroi, d'autres font déjà des propositions sécuritaires, voire accusent le gouvernement.

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Le chef de l'Etat François Hollande, qui s'est rendu sur place mardi, "adresse aux familles des victimes ainsi qu'à l'ensemble des catholiques de France, la solidarité et la compassion de la Nation", écrit l'Elysée dans un communiqué.


"Ce que veulent faire ces terroristes, c'est nous diviser. Et aujourd'hui, après la mort de ce prêtre, j'ai pour tous les catholiques de France une pensée, je veux leur exprimer un soutien", a déclaré François Hollande depuis Saint-Étienne-du-Rouvray, où il a rencontré le maire Hubert Wulfranc (PCF), "terriblement éprouvé par le lâche assassinat du prêtre de la paroisse par deux terroristes se réclamant de Daesh". Pour M. Hollande, natif de Rouen, "ce sont les catholiques qui ont été frappés, tous les catholiques, mais ce sont tous les Français qui se sentent concernés". "C'est pourquoi, nous devons être dans une cohésion, dans un ensemble, dans un bloc que personne ne doit pouvoir fissurer", a-t-il à nouveau appelé, comme après l'attentat à Nice qui a fait 84 morts. "Nous sommes face à une épreuve, une de plus, parce que la menace, elle est très élevée et elle reste très élevée. Après tout ce que nous avons vécu ces derniers jours et même ces dernières années, nous sommes face à un groupe Daesh qui nous a déclaré la guerre. Nous devons mener cette guerre par tous les moyens, dans le respect du droit, ce qui fait que nous sommes une démocratie", a-t-il souligné. "J'ai rencontré la famille du prêtre. J'ai également voulu parler avec des personnes qui avaient été retenues en otage et qui ont exprimé la douleur, le chagrin, et aussi la volonté de comprendre ce qui peut se produire", a poursuivi M. Hollande.

"Nous avons voulu à travers ce déplacement exprimer aussi notre soutien aux forces de sécurité, aux policiers qui sont intervenus dans un délai extrêmement rapide pour éviter encore un bilan beaucoup plus lourd, qui ont sauvé les personnes prises en otage", a aussi affirmé M. Hollande. Il a également salué "les services de secours, pompiers et personnels du Samu qui, en intervenant très rapidement, ont pu évacuer le blessé le plus grave et un blessé léger et permettre que leur vie puisse être, je l'espère, sauvée".

Manuel Valls a assuré que les Français "feront bloc" face à "l'attaque barbare d'une église" catholique de ce village situé près de Rouen. "Horreur face à l'attaque barbare d'une église de Seine-Maritime. La France entière et tous les catholiques sont meurtris. Nous ferons bloc", a déclaré le Premier ministre sur Twitter.

Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis estime quant à lui qu'un "nouveau cap dans la barbarie est franchi". "La solidarité et l'unité nationale comme seules réponses", estime pour sa part le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Pour la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), "Le 'N'ayez pas peur', si cher à Jean Paul II, doit plus que jamais résonner en eux (...) Notre pays est une terre de paix et d'amour, de vivre-ensemble et de dialogue entre les religions (...) La compréhension et le respect de l'autre doivent être notre première réponse à la barbarie." (communiqué)

EFFROI DES ÉLUS LOCAUX

Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, ancien élu PS de Seine-Maritime, s'est exprimé dans un communiqué : "L'attentat terroriste de Saint-Étienne-du-Rouvray, ville que je connais bien, est abominable et révoltant. J'exprime ma solidarité totale avec les proches des victimes, la communauté catholique et tous les Normands."

Sur BFMTV, Hervé Morin, président UDI de la région Normandie, a fait part de sa "sidération" et de son "accablement". "Au-delà de la sécurité de nos compatriotes, il y a derrière ça la menace que tout ça peut mal finir, c'est à dire finir par un embrasement de la société française, d'une espèce de guerre civile (...) Nous ne devons faire preuve d'aucun angélisme."



SARKOZY : "C'EST L'ÂME DE LA FRANCE QUI EST TOUCHÉE"

Dans les rangs de l'opposition, Nicolas Sarkozy s'est d'abord exprimé sur Twitter : "En assassinant un prêtre catholique et en blessant gravement des fidèles dans une église, c'est l'âme de la France qui est touchée". Puis il a appelé François Hollande à appliquer "sans délai" les propositions de la droite en matière de prévention du terrorisme. "Nous devons être impitoyables" contre un ennemi qui "n'a pas de morale", a affirmé l'ancien président et chef de file des Républicains. "Nous devons être impitoyables, les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète, ne sont pas admissibles", a-t-il affirmé depuis le siège du parti à Paris.


Chez les Républicains, d'autres réactions fortes ont été rapidement observées. Éric Ciotti, président du département des Alpes-Maritimes, a multiplié les tweets. "La France est en guerre, il faut enfin réagir et prendre dès aujourd'hui des mesures pour mieux protéger les Français. Dans le cadre de l'état d'urgence, les individus fichés pour radicalisation doivent être assignés à résidence", a-t-il à nouveau réclamé. "La France doit expulser immédiatement tous les étrangers radicalisés"."Les flux migratoires provenant des zones à risques doivent être totalement interrompus", a-t-il poursuivi. "Je demande une convocation du Parlement pour voter la rétention administrative et de sûreté refusées par le gouvernement".

"Nous indigner ne suffit plus", a lâché François Fillon, condamnant avec véhémence un acte "abominable, lâche et révoltant". Valérie Pécresse a emboîté le pas de l'ex-Premier ministre, en employant même le terme remarqué de "guerre mondiale".

Interrogé par le Journal du Dimanche, François Fillon avait estimé qu'une "forme de guerre mondiale" était engagée contre le terrorisme islamique.

Nathalie Kosciusko-Morizet, chef de l'opposition à Paris (Les Républicains), s'est exprimée sur Twitter : "Aucun Dieu ne prône la haine. Aucun Dieu n'appelle au meurtre. Ces terroristes sans foi devront payer. Pour chacun de nos morts." Et de rappeler qu'elle propose de "déclarer le salafisme hors-la-loi".


Luc Chatel, président du Conseil national des Républicains a exprimé sut Twitter son "effroi face à l'horreur de Saint-Étienne-du-Rouvray" et demandé de "changer de braquet face au terrorisme islamiste #fichierS", ainsi que le "suivi des détenus radicalisés".


MARINE LE PEN ACCUSE "CEUX QUI NOUS GOUVERNENT"

Marine Le Pen a elle aussi très rapidement réagi, pointant du doigt les autorités. "L'épouvante encore à #SaintEtienneduRouvray. Le modus operandi fait évidemment craindre un nouvel attentat de terroristes islamistes", a d'abord tweeté la présidente du Front national, alors que la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. Puis elle a directement accusé les gouvernants des dernières années. "La responsabilité de tous ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans est immense. Les voir bavarder est révoltant !", s'est-elle indignée sur Twitter.



De son côté, sa nièce, la députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, a déclaré : "Ils tuent nos enfants, assassinent nos policiers et égorgent nos prêtres. Réveillez-vous ! #SaintEtienneduRouvray".


L'eurodéputé frontiste Louis Aliot adopte un ton plus menaçant : "Respectez son peuple, son histoire et ses valeurs... Sinon les Français se fâcheront...", lance t-il notamment.


LE PRÊTRE, UN "MARTYR"

D'autres ténors de la droite ont même utilisé le terme de "martyr" pour qualifier le père Jacques Hamel, tué à l'âge de 84 ans. "Prions pour nos 1ers martyrs du XXIe siècle en France", a lancé Christine Boutin.


Dans une vidéo publiée sur le site de son parti, Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France à la présidentielle 2017, explique : "Si nous ne changeons pas d'échelle, de mentalité, nous allons perdre cette guerre et partir dans l'engrenage de l'horreur de la guerre civile. (...) Nous n'avons pas le droit d'accepter le défaitisme (...). Il faut prendre les mesures qui s'imposent c'est le meilleur hommage que nous puissions rendre aux centaines de victimes qui sont aujourd'hui les nouveaux martyrs de notre pays."

BAYROU ÉVOQUE "UNE MOSQUÉE SALAFISTE"

"Nous sommes à Saint-Étienne-du-Rouvray et tout le monde savait ou devait savoir qu'il y avait dans cette ville une mosquée salafiste, une communauté fanatisée, à l'intérieur de laquelle figuraient des personnes parties en Syrie, dont l'assassin qui avait tenté d'y aller", a déclaré le président du MoDem sur France Info. "Laisser sans surveillance dans les alentours immédiats un édifice religieux, chrétien, n'aurait pas dû être possible". (En fait, l'église où a eu lieu l'attentat est celle du centre-ville de Saint-Etienne-du-Rouvray et non pas celle située juste à côté de la mosquée en question, selon le correspondant de l'AFP sur place.)

"Nous pouvons (...) envisager une assignation à résidence que l'on oblige à respecter. Avec un bracelet électronique, s'il y avait eu assignation à résidence, un signal d'alarme aurait été émis aussitôt et nous aurions pu, en tout cas, être alertés et alarmés dès sa sortie de résidence", a plaidé François Bayrou. "Nous sommes devant un cas d'école qui touche à l'organisation même de notre État et l'organisation de l'État (...) est directement héritée des deux gouvernements précédents", qui ont "tous deux choisi" la même "désorganisation des services de renseignement", a estimé le maire de Pau. M. Bayrou plaide pour la création d'une "direction unique de l'antiterrorisme en France" et "des services de renseignements unifiés". "Il y a en France plus d'une dizaine de services de renseignement (...) et évidemment les informations passent mal".

"Il faut nous arc-bouter pour nous opposer à la volonté de guerre des religions !", estime quant à lui Jean-Luc Mélenchon sur Facebook. "Ces meurtres à Rouen frappent des personnes et des lieux spécialement dédiés à la paix du coeur", "L'attachement à la liberté de conscience doit rester notre repère", clame le cofondateur du Parti de gauche.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste (PCF), a tweeté sa "consternation face à l'abominable assassinat du prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray. Face à la haine, soyons unis."


Le curé de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans l'agglomération de Rouen, a été tué mardi matin lors d'une prise d'otages dans son église, une attaque revendiquée par l'organisation État islamique, qui survient moins de deux semaines après l'attentat de Nice. Un autre otage est entre la vie et la mort. Les deux assaillants ont été tués à l'issue de l'intervention de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen.
 
211 commentaires - Prêtre égorgé à Saint-Etienne-du-Rouvray : les réactions politiques
  • résistons le chant des partisans ets d"actu

  • quelle excuse va trouver hollande pour se dedouaner une fois de plus de sa responsabilité!!!!
    il ne se sent jamais responsable pourtant il a la responsabilité de la sécurité de notre pays et la sécurité n'est absolument plus assurée.

  • Un symbole de plus. Après la Presse (Charlie-hebdo), le Judaïsme (l'Hyper-Casher) la musique et, plus largement, la culture (Le Bataclan), la République (Nice, le 14 juillet), maintenant le catholicisme. Et ces attentats sont de plus en plus rapprochés, comme si c'était lié au recul de Daech sur le terrain. Très inquiétant.
    Hommage sincère au prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray

  • Nathalie Kosciusko-Morizet, chef de l'opposition à Paris (Les Républicains), s'est exprimée sur Twitter : "Aucun Dieu ne prône la haine. Aucun Dieu n'appelle au meurtre" ...
    Pourtant, durant mon enfance, lors de mes séances hebdomadaires à la paroisse où j'apprenais assidûment mon catéchisme, j'ai appris que lors des Croisades, ces braves soldats de Dieu massacraient les "impies" au nom de "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens".

    reponse a arausio
    Certes, certes nous ne contesterons pas tes connaissances sur les moeurs des Croisés..... Mais il apparait dans ton commentaire quelques manquements qu'il est important de signaler
    A savoir..... a savoir que les Croisés etaient partis combattre certaines hordes de conquérants, parties convertir manu militari des populations et s"approprier par la meme occasion des terres..... Quels etaient ces conquérants..... Mais les Arabes voyons ! Ou ça, mais en Turquie, en Terre Sainte entre autre..... pour preuve au plus proche de nous l Espagne !
    Une fois l Histoire enfin rétablie, nous ne pouvons donc plus douter de l'épisode que tu nous as relaté !
    Bizarrement par certain coté, aujourd'hui les hordes se sont reconstituées..... pas (encore !) les croisades !

    vous êtes aussi archaïque que daesh et en plus vous argumentez, certes très mal, pour défendre ces lâches assassins, la complicité tacite par contre elle est bien établie

    Votre réaction n'est pas totalement stupide ... mais pas loin !
    Au cas où vous ne le sauriez pas, nous ne sommes plus au temps des croisades ... mais en 2016, et dans une société censée être "très évoluée" et "moderne" !!!
    A ce que je sache, de nos jours, le pape n'appelle plus à aller punir les infidèles en terre sainte !
    Au cours de ces dernières décennies, je ne me souviens pas qu'un catholique, qu'un protestant, qu'un juif ou qu'un bouddhiste est fait subir à quelqu'un des horreurs du style décapitation devant des caméras, faire bruler vif une personne dans une cage ( pilote jordanien je crois qui avait subit cela il y a quelques mois), vendre comme esclaves des femmes parce qu'elle ont le malheur d'être chrétiennes etc.etc. !
    Toutes ces horreurs sont effectivement commises de nos jours ... mais pas au nom de Jésus-Christ, de Bouddha ou de Moise .... mais au cri de "Allhahu Akbar" !!!

  • Comment est-il possible que cette personne condamnée à la prison pour avoir tentée de rejoindre la Syrie se retrouve en semi-liberte avec un bracelet electronique aprés quelques mois de prison.

    Merci Mme Taubira pour votre laxisme

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