Poussée de tension à l'Assemblée autour du financement des syndicats

Poussée de tension à l'Assemblée autour du financement des syndicats

Jean-Luc Mélenchon (C) lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, le 5 juillet 2017

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AFP, publié le mercredi 12 juillet 2017 à 11h08

Une poussée de tension s'est produite mardi soir à l'Assemblée entre députés LFI et communistes d'un côté, et élus de la majorité, voire LR, autour d'une forme de chèque syndical dans le projet de loi d'habilitation à réformer le code du travail par ordonnances.

Sans mentionner explicitement ce dispositif, le projet de loi ouvre, dans son article 2, la possibilité pour le salarié "d'apporter au syndicat de son choix des ressources" financées par l'employeur. 

CFDT exceptée, aucune organisation patronale et syndicale n'est demandeuse de cette promesse d'Emmanuel Macron, comme l'a rappelé Pierre Dharéville (PCF). La CGPME réclame son retrait, jugeant que le Fonds pour le financement du dialogue social fonctionne bien.

Agacé que la majorité soit "régulièrement prise à partie" notamment "en feignant de croire que nous n'avons pas de coeur", Frédéric Descrozaille a appelé à "lâcher la bride" alors que "les salariés ne votent pas aux prudh'ommes ou ne se syndiquent pas" souvent. A ses yeux, "comme pour la politique, le syndicalisme comme il existe depuis des décennies a fait la preuve de son inefficacité".

Le communiste Sébastien Jumel a critiqué des "préjugés, rêves de créer un syndicat maison", insistant aussi sur la "garantie constitutionnelle" pour les syndicats, issue de la "Résistance".

Le LR Julien Aubert a reproché à "la gauche de la gauche" de "passer plus de temps à défendre les syndicats que les salariés" et de rester "dans une logique crypto-marxiste".

Un amendement LFI de suppression du chèque syndical a été rejeté par 212 voix contre 27, à la satisfaction de la majorité.

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "des applaudissements à l'idée que les syndicats sont inutiles" ou de "grosses machines" alors que "CGT, FO ou Sud se sont construites dans les luttes". "Vous ne faites que reprendre des arguments qui, naguère, étaient ceux de Mme Le Pen ou de son père contre les organisations syndicales", a-t-il lâché.

Les "Insoumis" sont hostiles à cette mesure, car "les syndicats ont "toujours mis en avant la nécessité de leur indépendance, notamment financière", selon l'ex-candidat à la présidentielle.

"Le syndicalisme est une très belle histoire dans la France (...) mais pour redonner du sens, il faut repartir à la base", a plaidé M. de Crozeilles, appelant à "refaire confiance aux gens".

Pour Patrick Mignola (MoDem), "notre dialogue social jusqu'à présent se situait dans l'histoire de luttes respectables mais reste trop marqué par (...) une forme de post-lutte des classes".

Le chèque syndical est "une innovation intéressante", pour Patrick Hetzel (LR), défendant "liberté et responsabilité". 

Des FN ont contesté une mesure donnant "davantage de ressources aux syndicats" pourtant touchés par divers "scandales financiers" ou créant "une charge financière nouvelle aux entreprises".

ic/sma

 
37 commentaires - Poussée de tension à l'Assemblée autour du financement des syndicats
  • Les partis politique sont bien subventionnés par nos impôts sans que l'on ait demandé l'avis du citoyen.
    Alors pourquoi les syndicats ne le serait il pas par le chèque syndical qui ne sera pas réglé par nos impôts?

  • cela se fait depuis toujours dans les pays nordiques notamment l’Allemagne
    on demande chaque année au salarié à quelle organisation il veut que cette somme soit versée
    je comprends que les syndicats ne soient pas d'accord car fini la subvention forfaitaire versée par l'état
    pour obtenir les financements ils devront répondre aux attentes des salariés
    j'ai toujours trouvé que c'était une bonne pratique qui était faite outre Rhin

  • Pour les syndicats supprimer les subventions, purement et simplement ils sont dans leur grande majorité, politisés, alors à dégager

  • En quoi défendre les syndicats est il opposé au fait de défendre les salariés ? C'est nouveau, ça vient de sortir ! Les syndicats sont bien là pour défendre les salariés contre les abus des employeurs et non l'inverse que je sache. Il est vrai qu'il y a un syndicat qui passe plus de temps à signer des accords avec le patronat qu'à défendre ses syndiqués, mais c'est une exception.

  • Le syndicalisme en France est à l image de nos vieux partis politiques " has been "

    les Français qui bossent dans les administrations ou dans le privé , l ont bien compris .
    Aujourd hui , le syndicat dessert bien plus qu' il ne sert ........Surtout dans les administrations ...les privilèges à peine cachés des détachés syndicaux sont difficile à supporter ....Une injustice de plus ...Une caste de privilégiés soit disant au service des travailleurs .

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