Nicolas Sarkozy envisage d'interdire le voile dans l'espace public

Nicolas Sarkozy envisage d'interdire le voile dans l'espace public

L'ancien chef de l'État, Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2016 à Paris.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 05 octobre 2016 à 10h56

Nicolas Sarkozy a confirmé, ce mercredi sur Radio classique et Paris Première, sa volonté d'interdire le port du voile islamique dans l'espace public. "Pas de voile, pas de burkini, pas d'horaires spéciaux dans les piscines", a ajouté l'ancien chef de l'État.

Plusieurs médias le rapportaient ce mercredi matin.

Cela semble désormais confirmé. L'équipe de Nicolas Sarkozy prépare un texte législatif visant à interdire purement et simplement le port du voile dans l'espace public. L'information a été confirmée ce mercredi 5 octobre par le candidat à la primaire de la droite et du centre au micro de Radio classique : "Préparez-vous un projet pour interdire le voile ?", lui a demandé Guillaume Durand. "Exactement", a répondu l'ancien président de la République.

"Il y a une tentative d'un islam politique d'instrumentaliser l'islam pour une prise de contrôle de la société. Ce sont ces jeunes filles en burkini suivies par une prétendue ONG islamique qui financera les recours devant les juridictions administratives pour tester la résistance de la République". Si l'on ne légifère pas, "dans 10 il n'y aura plus de jeune fille d'origine maghrébine qui ne portera pas le voile", a estimé l'ancien chef de l'État.



"NOUS AVONS UNE IDENTITÉ NATIONALE À PRÉSERVER"

"Monsieur Sauvé (le vice-président du Conseil d'État, ndlr) peut considérer que ce n'est pas grave que les hommes puissent se pavaner en maillot de bain sur une plage tandis que les femmes doivent être emprisonnées derrière une prison de tissu. Il a tort. Il est en charge d'appliquer le droit pas de le faire. Il n'a pas de légitimité populaire", a déclaré Nicolas Sarkozy ajoutant que l'"on peut changer la Constitution". Dans une interview accordée mardi au Figaro, Jean-Marc Sauvé est revenu pour la première fois sur les raisons qui ont poussé la plus haute juridiction administrative à suspendre des arrêtés municipaux anti-burkini, expliquant que le Conseil d'État "n'a relevé aucun risque avéré d'atteinte à l'ordre public à Villeneuve-Loubet ni à Cagnes-sur-Mer". Selon lui, "le port d'un vêtement ne peut être regardé comme portant par lui-même atteinte à l'égalité entre hommes et femmes (...) Le Conseil d'État ne peut se livrer à cette interprétation du port du burkini, qui serait trop empreinte de subjectivité".



Selon Marianne, l'entourage de Nicolas Sarkozy compte néanmoins appuyer son projet sur un texte de 1991 interdisant les "lancers de nains". "Les troubles à l'ordre public ne concernent pas forcément des violences, il peut s'agir d'interdire ce qui porte atteinte à la dignité humaine", a expliqué le député LR de l'Yonne chargé de préparer le texte, Guillaume Larrivé. Le coordinateur de campagne de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, a cependant démenti cette volonté de légiférer. "Non, il n'en a jamais été question, ce n'est pas du tout ce qu'il a dit", a assuré après l'interview le maire de Tourcoing, évoquant simplement une loi d'interdiction du burkini. "Nous avons une identité nationale, un mode de vie en France", a ajouté Nicolas Sarkozy sur Radio classique." Je ne veux pas qu'il y ait des horaires pour des femmes à la piscine et des horaires pour les hommes. Qu'il y ait des médecins pour les femmes et des médecins pour les hommes".



"JE NE POLÉMIQUE PAS AVEC MONSIEUR BUISSON"

L'ancien président des Républicains a également été interrogé sur la sortie du livre de Patrick Buisson la semaine dernière et les nouvelles révélations dans l'affaire Bygmalion : "Je ne polémique pas avec Patrick Buisson qui a été condamné par la justice", a répondu Nicolas Sarkozy. "Les auditeurs ne sont pas intéressés par le caniveau". Dans "La cause du peuple", le sulfureux politologue livre anecdotes et réflexions sur l'ancien président, assorties de phrases assassines qu'il aurait prononcées à l'égard de proches. Parmi ses confidences, celui qui a été condamné pour atteinte à la vie privée, après avoir enregistré longuement à son insu Nicolas Sarkozy, affirme que ce dernier a laissé, en 2006, "des bandes de blacks et de beurs" agresser des "jeunes blancs" anti-CPE pour reprendre ensuite le contrôle de la situation face à son rival Dominique de Villepin.

Ce qui compte, selon Nicolas Sarkozy, c'est que l'on parle de "ce qu'ils vivent" : "Sur France 2, l'émission politique a fait un record d'audience. Quand je passe chez Ruth Elkrief, je double l'audience. Si vos auditeurs étaient plus intéressés par le caniveau que par entendre ce que je propose pour l'alternance vous ne m'inviteriez pas", a-t-il également jugé.



MACRON A PRÉPARÉ "LA PIRE POLITIQUE ÉCONOMIQUE QU'ON AIT CONNUE"

"Peut-on imaginer sérieusement commander aux destinées du pays, se présenter au suffrage du pays, alors qu'on a délibérément dépassé le plafond des dépenses autorisées pour sa campagne", a lancé Emmanuel Macron mardi soir à Strasbourg, visant l'ancien président et l'affaire Bygmalion. "Je fais de la politique depuis trente-cinq ans je n'ai jamais été une seule fois condamné", a répliqué Nicolas Sarkozy sur Radio Classique et Paris Première. "Emmanuel Macron fait la leçon, très bien c'est son droit". Les "donneurs de leçons", "en général ça leur revient dans la figure", a réagi M. Sarkozy sur Radio Classique et Paris Première.


"Celui qui a été nommé par François Hollande et qui mange la main de celui qui l'a nourri, c'est pas un comportement extrêmement novateur", a ironisé l'ancien président. Emmanuel Macron a quitté le gouvernement cet été pour se consacrer à son mouvement En Marche! "Qu'a fait Emmanuel Macron ? Quelle est la décision qu'il a prise - deux ans ministre des Finances - ? Aucune. Qu'a-t-il fait lorsqu'il était le collaborateur de François Hollande ? Préparer la pire politique économique qu'on a jamais connue", a asséné Nicolas Sarkozy. "Cela ne correspond à rien du tout (...) Ça excite le petit monde politico-médiatique qui n'est pas branché avec la réalité de ce que vivent les Français", a-t-il assuré. "Ce qui compte pour les Français c'est qu'on parle de ce qu'ils vivent. Et le petit milieu ne parle en aucun cas des problèmes de l'islam, de l'immigration, du chômage". "C'est sur ça que ça se jouera".

JUPPÉ FAIT "DES COMPROMIS AVEC LA GAUCHE"

Nicolas Sarkozy a de nouveau accusé mercredi Alain Juppé de "faire des compromis avec la gauche" pour gagner la primaire de la droite. "Une fois élu, que l'on fasse le rassemblement le plus large me paraît tout à fait nécessaire, parce qu'on fait le rassemblement autour du projet du président de la République", a-t-il expliqué. Mais "si on appelle la gauche à voter pour vous avant même d'avoir été élu, cela veut dire qu'on est prêt à faire une politique moitié de gauche, moitié de droite, à faire des compromis avec la gauche pour gagner, et donc qu'on prépare une alternance qui ne sera pas une alternance forte mais une alternance des compromis".

Pour l'ancien président, "il y a un problème de loyauté. Pour voter à la primaire, il faudra signer une charte dans laquelle on s'engage à partager les valeurs de la droite et du centre. Si on est de gauche, c'est qu'on en partage pas le valeurs de la droite et du centre. Donc on appelle des gens à venir pour signer une charte dont ils ne croient pas un mot. Ça s'appelle quoi ? Du mensonge et de la déloyauté". "Le candidat, s'il devait être choisi par les électeurs de gauche, ne conduirait pas la rupture avec la politique de François Hollande", a-t-il assuré.

 
195 commentaires - Nicolas Sarkozy envisage d'interdire le voile dans l'espace public
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    MV8896  (privé) -

    cet accoutrement devrait être interdit depuis belle lurette . Dernière info ce matin : une femme médecin a été condamnée par l'Ordre des Médecins, pour avoir refusé une patiente entièrement voilée, à un mois de prison avec sursis. Elle fait appel. On marche sur la tête. Mais pétard elles le savent que chez nous c'est laïque dans les hôpitaux, écoles, administrations…. si cela ne leur convient pas mais qu'ils aillent où çà correspond à LEURS idées. On ne les oblige pas à rester dans un pays de mécréants….

  • Comme c'est beau les lois
    Le problème c'est qu'elles existent déjà concernant le port de signes religieux ostensibles dont fait parti : le voile , le Nika , le burkini , le hidjab etc..... mais elles ne sont jamais appliqués par les forces de l'ordre qui pourtant sont là pour faire respecter la loi
    Il est plus facile d'allumer les automobilistes avec les radars , de ne pas tenir compte de l'avis des Français que de systématiquement dresser contravention aux gens portant ses signes ostensibles sous prétexte de vouloir maintenir la paix social

  • Si c'est comme le Karcher alors on peut attendre !!!

  • a les journaleux le porte celui la

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