Menace terroriste : Ciotti veut "des outils juridiques moins naïfs"

Menace terroriste : Ciotti veut "des outils juridiques moins naïfs"

Le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, en mai 2016 à Cannes (photo d'Archives).

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Orange avec AFP, publié le samedi 13 août 2016 à 11h23

Dans un entretien au Figaro, Éric Ciotti plaide pour "une restriction du droit du sol aux seuls enfants de ressortissants européens" et pour la suspension du regroupement familial dans le contexte de menace terroriste. Le député des Alpes-Maritimes, soutien de Nicolas Sarkozy dans la course à la primaire, veut des "outils juridiques moins naïfs".

Éric Ciotti est de retour d'un voyage en Israël avec le député de l'Yonne, Guillaume Larrivé.

Et pour le député des Alpes-Maritimes, l'État hébreu est un modèle à suivre en matière de lutte contre le terrorisme : "Israël est un pays qui vit avec le terrorisme depuis sa création et a réussi à limiter la menace. On pourrait utilement s'en inspirer", explique-t-il ce samedi 13 août dans une interview accordée au Figaro. "Je pense à l'unification des services de renseignement intérieur ; à la mobilisation massive des moyens humains et technologiques" et à "la mobilisation citoyenne exemplaire contre le terrorisme".

RÉTABLIR LE SERVICE NATIONAL

Quelles mesures appliquées en France ? "Je souhaite qu'en France, on rétablisse le service national", explique notamment le "monsieur sécurité" de la droite. "Troisième élément : des outils juridiques moins naïfs, notamment, la rétention administrative de ceux qui présentent une menace". Depuis plusieurs mois, une partie de la droite demande "l'isolement immédiat" des fichés S et la fin des procédures de transfèrement administratif pour les personnes suspectées de terrorisme.

Le sujet oppose profondément la gauche et la droite. Pour le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, la mesure va à l'encontre de la Constitution et de la présomption d'innocence. Le garde des Sceaux a rappelé à plusieurs reprises son opposition aux centres de rétention pour les personnes soupçonnées de radicalisme, ne se privant pas d'engager une passe d'arme publique sur Twitter le 9 août dernier.

"Ne nous abritons pas derrière ce type d'arguments", lui répond Éric Ciotti ce samedi dans les colonnes du Figaro. "La loi, c'est le législateur qui la fait. La Constitution, c'est le constituant qui l'écrit. Et en dernier recours, le peuple est constituant. Nous avons au cours des siècles fait évoluer notre droit et nous l'avons adapté à la menace. On fait parler le Conseil constitutionnel sans l'avoir saisi et en considérant que rien ne doit changer. Je ne partage pas cette culture de l'impuissance et du fatalisme".

"NOUS DEVONS ARRÊTER DE BRADER LA NATIONALITÉ FRANÇAISE"

Dans une interview publiée jeudi par Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy a relancé le débat sur la question du droit du sol : l'ancien chef de l'État a réaffirmé être "contre sa suppression" mais a prôné "sa modification assez substantielle". "Je veux qu'on le garde, mais pas de manière automatique", a expliqué le président de Les Républicains. "Il faudra créer une présomption de nationalité, permettant de ne pas attribuer la nationalité à quelqu'un qui aurait un casier judiciaire à sa majorité, ou dont on pourrait prouver que ses parents étaient en situation irrégulière au moment de la naissance".

Éric Ciotti plaide lui pour "une restriction du droit du sol aux seuls enfants de ressortissants européens", estimant que Nicolas Sarkozy a "eu le courage d'ouvrir ce débat essentiel". "La France est le pays occidental le plus frappé par le terrorisme parce qu'en plus de la menace extérieure, nous sommes confrontés à une menace intérieure", explique le député des Alpes-Maritimes. "Elle s'incarne dans des jeunes qui ont très souvent le même profil : des musulmans radicalisés issus de l'immigration, délinquants de droit commun, habitant pour la plupart dans les banlieues et nourrissant une haine de la France. C'est la conséquence de l'échec total de notre modèle d'intégration et d'acquisition de la nationalité", estime-t-il. "Nous devons arrêter de brader la nationalité française".

"REVOIR NOTRE POLITIQUE D'IMMIGRATION"

Pour Éric Ciotti, il faut "revoir fondamentalement notre politique d'immigration" si "on veut éviter dans les années à venir de tragiques déboires". Comment ? En "refondant un modèle national et en inculquant aux jeunes l'amour de la France". "Nicolas Sarkozy est le seul qui dispose des qualités indispensables pour restaurer l'autorité républicaine et veiller à ce que la France reste la France", affirme-t-il, estimant avoir une différence dans l'analyse de ces sujets avec Alain Juppé. "Il faut mettre un coup d'arrêt aux conquêtes de l'islamisme politique sur notre territoire", ajoute-t-il. "Il faut donc renoncer à tous les accommodements, petits ou grands, qui ont remis en cause notre modèle républicain".
 
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