Loi Travail : une cinquantaine de députés de gauche appellent Hollande à cesser de "s'obstiner"

Loi Travail : une cinquantaine de députés de gauche appellent Hollande à cesser de

Les anciens ministres Benoît Hamon, Aurélie Filipetti et Cécile Duflot font partie des signataires de cette lettre.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 27 mai 2016 à 19h40

Alors que François Hollande reste ferme sur le maintien de la loi Travail malgré les contestations, une cinquantaine de députés PS "frondeurs", écologistes et du Front de gauche ont écrit vendredi au président pour lui demander "d'agir sans attendre pour une sortie de crise".

Après plus de deux mois, la mobilisation contre la loi Travail ne faiblit pas. Si les journées d'actions rassemblent moins, le mouvement a pris un nouvel élan la semaine dernière avec l'entrée en lice des salariés des sites pétroliers et des difficultés d'approvisionnement en carburant.

Si la quasi-totalité des dépôts de carburant de France ont été débloqués ce vendredi 27 mai, six des huit raffineries en France sont en grève, la CGT ayant même appelé à une grève illimitée dans celle de Donges (Loire-Atlantique).

Face à une telle contestation, une cinquantaine de députés de gauche ont écrit à François Hollande pour lui demander "d'agir sans attendre pour que le dialogue s'engage avec tous, et pour la sortie de crise que nous croyons encore possible". "D'un point de vue démocratique d'abord. En tenant compte de l'opposition majoritaire que suscite ce texte en France, à l'Assemblée nationale comme chez une majorité de citoyens et de syndicats (...) En cessant de vouloir imposer des dispositions dangereuses et régressives pour les travailleurs, et en renonçant à l'usage de l'article 49-3".

"Sur le fond du texte ensuite. Il est encore temps d'abandonner ces réformes qui inquiètent légitimement et divisent inutilement la gauche, qui flexibilisent et insécurisent l'ensemble de nos concitoyens, pour enfin affirmer des choix, en matière d'emploi et de code du travail en faveur desquels il existe, en France et au Parlement, une majorité à gauche", jugent-ils. "Il n'y a jamais de déshonneur à prendre en compte les aspirations du peuple, à faire le choix courageux de l'apaisement et de la construction collective. Il y a un chemin capable de rassembler en France comme au Parlement. S'obstiner aujourd'hui à lui tourner le dos fait courir à la France de grands dangers pour son avenir collectif", concluent-ils.

FILIPPETTI, HAMON ET DUFLOT

Ces signataires PS "frondeurs", écologistes et du Front de gauche sont essentiellement ceux qui avaient signé le projet de motion de censure de gauche contre le gouvernement après le recours au 49-3 par Manuel Valls le 10 mai pour faire adopter le projet de loi travail en première lecture à l'Assemblée. Motion de censure qui avait échoué à deux voix près. Parmi eux, on retrouve d'anciens ministres de François Hollande comme Cécile Duflot, Aurélie Filippetti, Benoît Hamon, Thomas Thévenoud, mais aussi Noël Mamère, Marie-Georges Buffet ou encore André Chassaigne.

Quelques députés PS comme Alexis Bachelay et Yann Galut, qui avaient soutenu le projet de motion de censure, ne sont pas signataires de la lettre. À l'inverse, d'autres parlementaires, comme Stéphane Travert et Daniel Goldberg, s'y sont ajoutés.

HOLLANDE PERSISTE ET SIGNE

Leur appel sera-t-il entendu ? Rien n'est moins sûr. Depuis le Japon, François Hollande a fait preuve de fermeté en affirmant ce vendredi qu'il "tiendrai(t) bon" sur le projet de loi travail car "c'est une bonne réforme". "Notre premier devoir, et c'est celui que j'ai rappelé au gouvernement et que je rappelle devant les Français, c'est de tout faire pour approvisionner en carburant les consommateurs, de fournir les services publics essentiels, de permettre le transport de tous et d'assurer le bon fonctionnement de l'Économie", a poursuivi le chef de l'État lors d'une conférence de presse, le visage fermé et les mains rivées à son pupitre.



"Nous avons pris les mesures nécessaires et nous continuerons de les prendre, toujours dans le respect des libertés mais aussi avec la première des libertés qui est la liberté de circuler", a-t-il souligné. Pour François Hollande, "si le dialogue est toujours possible, il n'est jamais fondé sur un ultimatum". "On ne peut pas accepter qu'il y ait une centrale syndicale qui a son histoire qui puisse dire ce qu'est la loi ou ce que ne doit pas être la loi", a-t-il enchaîné dans une allusion à la CGT.

Le président de la République a toutefois laissé la porte entrouverte à des évolutions. "Le texte va venir au Sénat et ensuite reviendra à l'Assemblée nationale et c'est dans ce cadre là que les discussions doivent avoir lieu et, pour l'instant, nulle part ailleurs", a-t-il ainsi poursuivi. "Je veux que nous puissions aller jusqu'au bout", a-t-il encore martelé, ajoutant que "les Français jugeront" lorsque le texte sera "mis en œuvre en septembre".

Évoquant l'article 2 de la loi travail qui consacre la primauté de l'accord d'entreprise en matière d'aménagement du temps de travail, et plus largement la "philosophie du texte", il a affirmé : "tout cela doit être maintenu", même si "ça doit être clarifié, exposé par rapport à celles et ceux qui peuvent avoir encore des interrogations".

 
76 commentaires - Loi Travail : une cinquantaine de députés de gauche appellent Hollande à cesser de "s'obstiner"
  • Philosophie et ligne directrice de cette loi :
    Tu travailleras autant d'heures que je voudrai , quand je voudrai et tu seras à ma disposition chez toi sans être payé pour le cas où j'aurais besoin de toi .
    Il suffira que tu travailles 5 heures par mois pour que tu ne sois plus considéré comme demandeur d'emploi .
    Tu n'auras pas intérêt à tomber malade sinon je ferai appel à quelqu'un d'autre et tu serais viré .
    Hollande en bon démocrate veut absolument faire passer cette loi et se l'appliquer à lui même dès 2017

  • "Nous irons jusqu'au bout", répète Hollande : au bout de quoi ? De la mise en œuvre d'une loi refusée par syndicats, citoyens, opinion, etc ? Il vaudrait mieux pour lui et surtout pour la France, qu'il "rétropédale", comme dit Mélenchon

  • de toute façon ils font leur cinéma mais quand il faut voter contre la plus personne a quoi ça sert de les écouter la place est bonne !!!!!

  • pour HOLLAND
    Borné il est allé jusqu'au bout ça c'est sûr car avoir le culot d'avoir voulu interdire la manifestation c'est droit dans le mur
    ce gouvernement de clan PS CAVIAR on n'en veut plus!

  • Hamon, Duflot, Filipetti sont-ils des députés de gauche ?
    Cela reste à démontrer.
    Ils sont en tout cas incapables de s'inscrire dans une démarche de longue durée, celle qui permet de faire progresser la société.
    Ils me dégoutent du PS et du parti EELV si tant est qu'il soit encore un parti !

    Ce qui ne m'empêchera pas de continuer à soutenir François Hollande, qui a raison d'agir ainsi.

    Si cela ne vous convient pas, foncez donc rejoindre les soixante-huitards attardés.

    Le plus illustre d'entre eux, qui lui n'est pas attardé, DCB (1) l'a compris depuis bien longtemps ...

    (1) : Daniel Cohn Bendit.

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