Législatives: le boss des maths prêt à se jeter "dans la fosse aux lions"

Chargement en cours
 Le mathématicien français Cédric Villani, le 12 mai 2017 à Orsay, en banlieue parisienne

Le mathématicien français Cédric Villani, le 12 mai 2017 à Orsay, en banlieue parisienne

1/3
© AFP, THOMAS SAMSON
A lire aussi

AFP, publié le samedi 13 mai 2017 à 11h22

Législatives: investi dans l'Essonne par le parti du président, le mathématicien Cédric Villani est prêt à se jeter "dans la fosse aux lions"

Avec son look d'éternel dandy, sa lavallière et ses cheveux mi-longs, Cédric Villani n'a pas plus l'allure d'un génie des mathématiques que d'un cacique de la politique : investi aux législatives dans l'Essonne par le parti d'Emmanuel Macron, il est néanmoins prêt à se jeter "dans la fosse aux lions".

Candidat dans une circonscription en or, où le président élu a fait son meilleur score du département au premier tour - 34% des voix -, le mathématicien affrontera notamment la députée PS sortante Maud Olivier et la candidate LR Laure Darcos, épouse de l'ancien ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos.

"Il y a un saut entre la présidentielle (...) incarnée par le président et une campagne législative de terrain", prévient d'emblée Cédric Villani. "Il faut se faire accepter".

C'est à Orsay, où il réside depuis 2011, que le médiatique lauréat 2010 de la médaille Fields - équivalent du prix Nobel en mathématiques -, 43 ans, a endossé vendredi pour la première fois son costume de candidat.

Son trois-pièces, agrémenté de son habituelle lavallière en soie, d'une montre à gousset et d'une broche araignée, n'est pas passé inaperçu dans cette ville de chercheurs, voisine du futur pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay.

"Vous êtes le bienvenu", lui lance Christophe Gilbert, devant son cabinet médical du centre-bourg. "Avoir un mathématicien comme député, dans notre ville qui accueille une faculté - l'Université Paris-Sud -, ce serait normal!", ajoute le praticien, qui "va suivre avec attention" sa campagne. 

Un peu plus loin, c'est bras ouverts qu'il est accueilli par Claude, son coiffeur attitré depuis six ans. "Ici, tous les clients le connaissent", affirme le septuagénaire. Et si l'envie prenait à certains d'adopter sa coupe mi-longue à la Chopin, "j'ai sa photo dans mon catalogue", s'amuse-t-il, en électeur déjà conquis.

- "J'irai jusqu'au bout" -

Une campagne, c'est aussi s'assurer l'appui de réseaux. Delphine Chadoutaud, vice-présidente du syndicat des pharmaciens de l'Essonne, accueille le candidat dans son officine.

Ici, la terre est moins acquise. La professionnelle dit sa "peur de la dérégulation", chère à Emmanuel Macron, qui remettrait en cause le monopole des pharmacies sur la vente des médicaments. 

L'échange est très technique: le professeur à l'Université Lyon-I sort un petit calepin et gratte de nombreuses notes. 

"Cédric, il a appris toute sa vie, il est très à l'écoute", loue son jeune directeur de campagne Thomas Friang, 28 ans. "Il découvre ce monde avec un peu d'émerveillement, c'est très excitant".

Depuis l'officialisation de son investiture, c'est un déluge de sollicitations médiatiques, françaises bien sûr, mais aussi étrangères. "J'ai des demandes de partout, CNN, la BBC, le Washington Post, c'est du délire!", confie M. Friang, issu du MoDem.

Une lumière, inévitable, que le candidat, père de deux enfants et pacsé à une biologiste, souhaite chasser en permanence, vantant son "réseau de militants très motivés". 

"Je découvre combien une campagne peut-être exigeante, parfois éprouvante", confie celui qui avait présidé le comité de soutien d'Anne Hidalgo, lors des élections municipales en 2014.

La mathématique, discipline pure, tranche avec le monde politique, véritable "fosse aux lions", mais il se rassure: "Emmanuel Macron a été élu en affichant le discours le plus bienveillant", malgré "l'une des campagnes les plus violentes depuis plusieurs décennies".

En cas de victoire, il se délestera de ses nombreuses responsabilités, notamment la direction de l'Institut de recherches mathématiques Henri-Poincaré: "il ne s'agit pas de faire le cumulard".

Quant à un éventuel poste au gouvernement, où son nom est parfois cité, il botte en touche, comme un vieux du sérail: "j'irai jusqu'au bout de ma campagne, quoi qu'il arrive".

 
82 commentaires - Législatives: le boss des maths prêt à se jeter "dans la fosse aux lions"
  • Je suis un peu surpris par la teneur générale des réactions et commentaires sur cet article.
    Il me semble que nombre d'intervenants n'ont pas remarqué où se présentait C. Villani. La circonscription comporte le "plateau de Saclay", contesté pour son coût mais souhaité par beaucoup de scientifiques, à commencer par ceux qui résident dans ce secteur, y travaillent et y consomment marchandises et services, ce qui fait que les commerçants locaux sont indirectement concernés par le maintien voire le développement de ce complexe de recherche. Et ces gens se moquent bien de l'allure quelque peu excentrique du candidat; peu leur importe que sa tenue semble dater de près de deux siècles et que sa coupe de cheveux diffère sensiblement de celle d'un légionnaire. Ce qu'ils veulent, c'est que les préoccupations des scientifiques soient écoutées et C. Villani, savant à la fois honoré par ses pairs et médiatisé (largement en raison de son originalité), peut leur sembler un bon choix.
    Comme élu de la Nation (et pas seulement défenseur de sa circonscription), C. Villani apporterait dans les commissions le point de vue d'un scientifique reconnu, ce qui ne serait pas du luxe pour définir une politique cohérente et efficace.
    On peut craindre que son activité de député ne signifie la fin de son activité de chercheur. C'est probable et très certainement regrettable, mais celle-ci est déjà réduite par les nombreuses interviews et conférences de vulgarisation qu'il donne depuis que sa médaille Fields l'a rendu célèbre. Un peu comme un ancien champion sportif peut servir sa discipline grâce à l'image construite sur ses performances passées, C. Villani pourrait aider comme député à la diffusion de la Science, donc au développement à long terme du pays.
    Le principal obstacle à son élection, ce ne sera ni la broche traduisant sa passion des arachnides, ni sa lavallière et sa montre gousset démodées, ni sa chevelure, ni sa barbe, mais l'investiture donnée dans le Gard à Marie Sara, investiture propre à décourager tous les "écolos" de France de voter pour REM en second choix.

  • très bien !!!!!!
    enfin un homme hors du système commun de politicards de tous poil !
    il est intelligent et reconnu mondialement il devrait sans sortir dans la gestion d'une circonscription car il est tres a l'écoute de ses élèves et sait écouter les gens . il n'étale pas sa force de "calcul" ......

  • il va mettre le chômage en équations on sera bien avancé!

  • C'est un costaud en mathématiques, d'accord ! mais qu'est-ce qu'il connait de la vie des citoyens ?

  • Bravo! pour les maths, mais le plus important c'est de comprendre et résoudre la misère des citoyens!!!!......

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]