Jour de carence : "l'État fait des économies sur les gens qui partent en maladie", dénonce Hamon

Jour de carence :

Benoît Hamon, ex-candidat à la présidentielle, le 23 avril 2017 à Paris

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Orange avec AFP, publié le vendredi 07 juillet 2017 à 11h15

Le gouvernement s'apprête à remettre en vigueur la journée de carence pour les fonctionnaires. La mesure avait été mise en place sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, puis supprimée par son successeur François Hollande.



Benoît Hamon voit rouge. L'ex-candidat à la présidentielle, qui a fait scission avec le Parti socialiste, critique la décision de l'exécutif de rétablir dès 2018 un jour de carence, c'est-à-dire une journée non-payée en cas d'arrêt maladie. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a fait savoir jeudi que cette mesure, qui existe dans le privé, allait être de nouveau mis en place dans le secteur public. Le gouvernement espère ainsi faire des économies tout en luttant contre l'absentéisme chez les fonctionnaires.

Invité de RTL vendredi matin, Benoît Hamon a fustigé cette annonce. "L'État va faire des économies sur les arrêts maladie de ses fonctionnaires, c'est une manière de moins bien indemniser ceux qui sont en arrêt maladie au motif de lutter contre l'absentéisme", a-t-il déclaré. Selon lui, le jour de carence dans le public désavantagerait les fonctionnaires par rapport aux salariés car ces journées non-payées, si elles existent dans le privé, "sont compensées financièrement" dans la majeure partie des grandes entreprises. "La réalité c'est qu'on devrait s'interroger sur la souffrance au travail", estime le chef de file du "Mouvement du 1er juillet".



- DES MALADIES DUES AUX MÉTHODES DE MANAGEMENT -

"Il y a toujours des abus", a concédé Benoît Hamon, "mais à partir des abus, on ne peut pas expliquer aujourd'hui qu'il y ait autant d'arrêts maladie dans certaines administrations, qui sont liés à des méthodes de management, à une perte de sens". "J'aimerais que l'État s'attaque à la question de la souffrance au travail, au burn-out. De nombreux arrêts maladies pourraient être expliqués par la pression qui pèse sur le personnel", a-t-il poursuivi au micro de RTL.

"Dire la vérité sur les comptes publics, c'est la première étape pour pouvoir agir", avait déclaré Gérald Darmanin jeudi, en introduction de son annonce du rétablissement du jour de carence. Le ministre s'exprimait devant les "États généraux des comptes de la nation", un événement qui réunit des parlementaires, des élus locaux et des représentants syndicaux. "Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l'absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d'une partie d'entre eux (...), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d'euros par an", avait fait valoir le ministre.

 
214 commentaires - Jour de carence : "l'État fait des économies sur les gens qui partent en maladie", dénonce Hamon
  • jacounet  (privé) -

    Enfin une bonne décision pour voir enfin les arrêts maladies de complaisance diminuer chez les fainéants !

  • Allez on repart sur les fonctionnaires !Pas un mot sur les nantis qui profitent du systéme et que l ' on trouve tout à fait normal !

  • on sait bien que ce sont toujours les mêmes qui "partent" en maladie plusieurs fois dans l'année, donc cela les fera peut être réfléchir.

  • La carence, Hamon il connaît.

  • M. Hamon, voilà un sujet qui va vous remettre sur les rails, il tombe à pic, mais si vous voulez je vais vous accompagner dans un organisme où les arrêts maladie sont légion, alors que les salariées qui devraient vraiment être arrêtées sont présentes . Par ailleurs dans ces organismes vous pouvez être en arrêt, vous obtenez la promo sans difficultés. Elle passe sus le nez de celles qui bossent. Que de mauvaise foi chez ces soi-disant défenseurs du salarié

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