Jets d'œufs : Filippetti et Hamon taclent Macron

Jets d'œufs : Filippetti et Hamon taclent Macron

Aurélie Filippetti et Benoît Hamon à l'Assemblée nationale le 15 octobre 2014.

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Orange avec AFP, publié le mardi 07 juin 2016 à 12h40

- Emmanuel Macron a subi l'hostilité de manifestants de la CGT et du PCF lundi à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Pour Benoît Hamon, le ministre de l'Économie a joué la provocation en se rendant au devant des manifestants .

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Une bousculade, des slogans, des "casse-toi" et des jets d'œufs... Et si Emmanuel Macron l'avait cherché ? Au lendemain de la visite mouvementée du locataire de Bercy à Montreuil, Benoît Hamon n'a pas l'intention de le plaindre. L'ancien ministre de l'Éducation nationale a vivement critiqué ce mardi 7 juin au micro de France Culture le maintien de ce déplacement dans le contexte actuel. "J'ai été ministre, il y a des cabinets ministériels. Les cabinets, quand on se déplace, ils savent parfaitement la situation que l'on va trouver. Donc aller pour le lancement d'un timbre sur le Front populaire à Montreuil, on est à peu près certain qu'on aura une manifestation. Il y a des choix de confrontation qui sont délibérés" juge le député frondeur.

La visite du ministre de l'Économie était-elle simplement un coup médiatique ? C'est ce que laisse entendre l'élu des Yvelines : "Soit son cabinet fonctionne mal, soit il savait parfaitement qu'il y allait avoir des confrontations. On n'est pas obligé de multiplier ce genre de rendez-vous. Surtout quand on sait qu'il y a des caméras".

Alors qu'il se rendait dans un bureau de poste de Montreuil pour inaugurer un timbre célébrant le 80e anniversaire du Front populaire, Emmanuel Macron avait été accueilli lundi 6 juin par une petite centaine de manifestants, réunis à l'appel de l'Union départementale de la CGT 93. Dans la bousculade, le ministre a reçu un œuf sur la tête. "Le shampooing aux œufs, je préfère le faire moi-même", a lancé le ministre avant d'être exfiltré par la police. "Il était prévu que le ministre passe par l'arrière du bâtiment mais il a souhaité aller à la rencontre des manifestants dès sa descente du véhicule", avait expliqué à l'AFP une source policière.

"Plutôt en grève qu'en costard", "un costard à rayures pour les exilés fiscaux", "attention demain minuit dernier délai pour payer l'ISF" ou encore "nos t-shirts sont plus résistants que vos chemises": les slogans faisaient clairement allusion aux polémiques récentes qui ont fait perdre des points de popularité au fondateur d'"En marche". "Aller au contact, c'est ça le vrai respect", avait affirmé l'ancien banquier d'affaires âgé de 38 ans, comme à chacun de ses déplacements. Tout en condamnant ces "comportements irresponsables", il avait tenu à relativiser la portée de cet incident. Les personnes qui l'ont chahuté ne sont "pas des syndicalistes, ni des Montreuillois", mais des "agitateurs professionnels" qui "n'ont aucun impact sur moi ni sur ma détermination", avait-t-il ainsi assuré.

MANQUE DE RESPECT ?

La veille, Aurélie Filippetti était également revenu sur les incidents au micro d'Europe 1. L'ancienne ministre de la Culture, proche de Benoît Hamon, a également étrillé le ministre de l'Économie, tout en reconnaissant que "la violence, ce n'est jamais bien". "Mais en même temps, l'exaspération du pays, elle est réelle et elle est très palpable. J'en suis frappée tous les jours" assurait-elle, tout en affirmait qu'"il y a un respect à avoir vis-à-vis des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts".



"Je crois que les paroles qu'il a prononcées à plusieurs reprises, notamment récemment cette histoire du costard, ça a choqué et ça a été aussi une sorte de violence symbolique très forte, sur toute une partie de la population qui travaille dur, qui veut travailler et qui en même temps n'y arrive pas" a poursuivi la députée PS de Moselle. "Dans ses prises de position, je trouve qu'il défend une vision de la société extrêmement libérale, qui consiste à dire en gros : 'Si vous avez des problèmes, c'est que vous l'avez bien cherché et tout le monde peut réussir'. Pour moi, être de gauche, c'est s'interroger sur les raisons pour lesquelles certains ont beaucoup moins de chances que d'autres d'y arriver", a-t-elle ajouté. "Il devrait avoir d'autres priorités (...) et faire en sorte que ce soit la France qui marche, pas lui".
 
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