"Je refuse cette volonté de 'guantanamoïsation' de notre droit" répond Urvoas à Sarkozy

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas le 16 juillet 2016.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 28 juillet 2016 à 14h50

- À Nicolas Sarkozy, qui dénonçait après l'attentat de Saint-Étienne-de-Rouvray les "arguties juridiques", le ministre de la Défense répond que "la France ne peut pas concevoir le combat contre le terrorisme, contre la radicalisation, autrement qu'avec les armes du droit." -

"Nous sommes rentrés en guerre avec les attaques de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher en janvier 2015. Il faut en tirer toutes les conséquences", s'est alarmé Nicolas Sarkozy mercredi 27 juillet dans une interview au Monde.

"Le gouvernement devra répondre à la question : comment des individus fichés, dont l'un sous contrôle judiciaire pour avoir essayé d'aller faire le djihad en Syrie, ont été laissés libres de commettre un tel attentat ?", s'est indigné le président du parti Les Républicains (LR), au lendemain du meurtre d'un prêtre égorgé par deux hommes se réclamant de Daesh, dans une église de Saint-Étienne de Rouvray, en Seine-Maritime.

Après ce deuxième attentat en France en 12 jours, l'ancien président de la République a de nouveau réclamé le durcissement des mesures antiterroristes, estimant que la France ne pouvait pas rester dans le "cadre" juridique actuel. Il a proposé ainsi la mise en rétention administrative des radicalisés fichés S, l'expulsion systématique de tout étranger condamné à plus de cinq ans d'emprisonnement, ou encore la création d'un délit de séjour pour toute personne se trouvant sur un théâtre d'opérations terroristes extérieures. "Adapter l'État de droit ne veut pas dire le remettre en cause", a-t-il assuré.

"Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète, ne sont pas admissibles", affirmait-il également dès le mardi soir. "À chaque attentat, nous n'allons pas inventer une nouvelle loi", lui rétorquait alors Manuel Valls, selon qui modifier l'arsenal judiciaire actuel "n'apporterait pas d'efficacité". Bernard Cazeneuve avait également dénoncé mercredi les propos de Nicolas Sarkozy, et rétorqué que le respect de la Constitution n'était pas une "argutie juridique".

"LE DROIT N'EST PAS UNE FAIBLESSE, IL EST NOTRE FORCE"

Comme le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Défense a opposé ce jeudi 28 juillet toute remise en cause de l'État de droit. "L'arbitraire n'est pas acceptable et, au nom de l'efficacité, je refuse cette volonté de 'guantanamoïsation' de notre droit", a écrit Jean-Jacques Urvoas dans une tribune dans Le Monde, a paraître vendredi 29 juillet. L'ancien chef de l'État "qui a supprimé des dizaines de milliers d'emplois de magistrats, de policiers et de gendarmes, propose de réduire notre droit à un système d'exception", accuse-t-il.

"La détermination ne justifie pas l'aveuglement", explique-t-il, tout en soulignant que si "des adaptations sont légitimes, elles ne peuvent s'émanciper de nos valeurs fondamentales". Le garde des Sceaux affirme que le gouvernement a été "au plus loin des possibilités permises par la Constitution et nos engagements internationaux" dans son action antiterroriste, notamment dans le cadre de l'état d'urgence. Les "adaptations" effectuées sont "conformes à nos règles constitutionnelles et européennes", qui "ne peuvent être considérées comme des 'arguties juridiques'".

"D'autres attentats auront lieu" et "le combat sera long", prévient Jean-Jacques Urvoas. Mais malgré "l'émotion et l'inquiétude", la France "ne peut pas concevoir le combat contre le terrorisme, contre la radicalisation, autrement qu'avec les armes du droit. Le droit n'est pas une faiblesse. Il est notre force".

LA RÉPONSE DE NICOLAS SARKOZY

Nicolas Sarkozy a de nouveau dénoncé jeudi les "arguties juridiques" du gouvernement et "le refus du débat" sur les centres de rétention préventive et de déradicalisation au "prétexte" de la Constitution, alors que celle-ci est régulièrement "modifiée". "Pour le statut pénal du chef de l'État" ou "pour inscrire le principe de précaution (...) on a le droit de modifier la Constitution, mais pour la sécurité des Français on n'a pas le droit ?", a demandé le président du parti LR lors d'une réunion sur la vidéoprotection au Conseil départemental de l'Oise à Beauvais.

"Dire que tout placement en résidence administrative c'est Guantanamo, c'est montrer une ignorance totale de la réalité du droit français", a lancé M. Sarkozy, plaidant encore une fois pour le "placement sur décision administrative en rétention surveillée de gens qui n'ont pas encore commis de crimes ou de délits mais dont les services de renseignement savent et connaissent leur dangerosité".

 
64 commentaires - "Je refuse cette volonté de 'guantanamoïsation' de notre droit" répond Urvoas à Sarkozy
  • L'arbitraire c'est que le citoyen contribuable ce demande s'il peut aller aller voir un mach de foot un spectacle aller à la plage ou rentrer dans une église sans craindre pour sa sécurité et celle de ses enfants c'est ça Monsieur le ministre .et entendre dire le premier ministre passer en boucle " on a tout asseyait " ce n'est pas responsable comptaient les jours qu'ils vous restent ... a 2017

  • Étant donné que notre politique est désormais jumelle de celle pratiquée aux US, il n'est pas étonnant que l'on adopte les mêmes attitudes, sous prétexte de sécurisations toutes relatives, qui cachent en réalité des intérêts financiers !

  • pour être bien clair on nous dit : nous sommes en guerre OK mais en guerre contre qui, quoi ? contre daech bon! mais daech ce n'est pas un état, c'est une idéologie en quête de territoires comme tout totalitarisme; Mais chez nous, pays en guerre donc, les déchets qui partagent cette idéologie sont souvent "français ou franco - " ,ce sont donc des" français" qui tuent d'autres Français : nous sommes bien dans une guerre civile !!!! Alors, foin de tous les discours alambiqués soyons réalistes et exigeons des réponses claires !

  • Assez d'angélisme politique. Il est ridicule de prétendre faire la guerre avec de simples règles de droit ordinaire .Il faut, on devra le faire tôt ou tard, créer des centres de rétention préventive pour les fichés S pour terrorisme( Tout pays en guerre le fait pour les ressortissants du pays ennemi) . Vouloir préserver les droits fondamentaux de futurs terroristes c'est nier ceux du peuple tout entier.

  • tous ces futurs terroristes doivent-être neutralisé ,on a la preuve que tous les islamistes qui sont allez au pays de deach ,sont intoxiqué par la haine et irrécupérable , alors ils ne doivent pas revenir sur le territoire français , sinon enfermaient -les , sur une île déserte avec travaux forcés !!!!!!

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