Immigration : Juppé s'oppose un peu plus à Sarkozy

Immigration : Juppé s'oppose un peu plus à Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé le 14 octobre 2015.

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Orange avec AFP, publié le lundi 13 juin 2016 à 14h27

- Alors que Nicolas Sarkozy dénonce la "tyrannie des minorités", le maire de Bordeaux assure qu'il veut "faire rimer identité avec diversité et unité" et "qu'il faut respecter nos différences". -

À mesure que la primaire de la droite se rapproche, l'identité nationale s'impose chaque jour un peu plus dans le débat, faisant ressortir les divergences notamment entre Nicolas Sarkozy, qui n'a pas déclaré sa candidature, et Alain Juppé.

À la France "pays d'églises, de cathédrales, d'abbayes" et de "penseurs chrétiens" qui ne doit pas se laisse dicter sa loi par la "tyrannie des minorités" de l'ancien président, le maire de Bordeaux propose un discours d'intégration. "Nous, Français, nous sommes divers, nous n'avons pas les mêmes origines, la même couleur de peau, la même religion ni les mêmes croyances. Cette diversité, qui remonte loin dans le temps, est une richesse, une force. Il ne faut pas chercher à l'effacer en prétendant nous couler tous dans le même moule. Entreprise vaine et dangereuse. Il faut respecter nos différences" écrivait-il ce week-end sur son blog dans un texte intitulé "Fierté et bonheur".

Premier invité de l'émission "Vie Politique" dimanche 12 juin sur TF1, l'ancien Premier ministre a par ailleurs estimé, comme sur son blog, qu'il "peut" et qu'il "doit y avoir "une lecture du Coran et une pratique de la religion compatibles avec les lois de la République". Il y a "deux attitudes possibles" sur l'islam, a-t-il expliqué. "Si on considère que l'islam est par construction incompatible, insoluble dans la République, c'est la guerre civile" ou "il peut y avoir aujourd'hui, il doit y avoir, une lecture du Coran et une pratique de la religion qui soient compatibles avec les lois de la République et avec tous nos principes y compris l'égalité entre les hommes et les femmes".

L'IDENTITÉ HEUREUSE REVENDIQUÉE

Alors que Nicolas Sarkozy défendait la semaine dernière "l'identité française", taclant au passage Alain Juppé qui prône "l'identité heureuse", ce dernier a affirmé sur la première chaîne que "l'identité ne rime pas avec exclusion et refus de l'autre, l'identité doit rimer avec diversité et unité". "Quand on veut avoir une position un peu équilibrée et qui ne tombe pas dans les extrêmes, immédiatement on est caricaturé", a-t-il regretté. Sur la question de l'identité, il "pense qu'il est possible de trouver un consensus entre une partie de la droite et une partie de la gauche mais pas entre la droite et la gauche globalement parlant".

Néanmoins, Alain Juppé s'accorde avec Nicolas Sarkozy sur un point : il faut veiller à ce que la France "ne bascule pas dans le communautarisme". "De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a raison, encore que cela ne résume pas l'ensemble du problème de l'identité aujourd'hui", a-t-il ajouté.

"Il va falloir construire avec les responsables musulmans un accord entre la République et eux", notamment sur le financement des lieux de culte et la formation des imams, a-t-il également dit. Il a répété, arguant du "bon sens", qu'il ne fallait pas "faire un drame" d'une jeune fille à l'université qui "veut mettre un foulard sur sa tête à condition de ne pas faire du prosélytisme".

Il a par ailleurs déploré "être l'objet d'une extraordinaire propagande sur les réseaux sociaux". "On m'appelle 'Ali Juppé", on me qualifie de grand mufti de Bordeaux, on écrit partout que je suis en train de financer à prix d'or une immense mosquée à Bordeaux qui n'existe pas et n'existera pas!", s'est-il insurgé. "Quand on veut avoir une position un peu équilibrée et qui ne tombe pas dans les extrêmes, immédiatement on est caricaturé", a-t-il regretté.
 
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