Hulot ministre, un signe d'ambition climatique de la France pour les négociateurs à Bonn

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Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, arrivant à l'Élysée pour participer au premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, le 18 mai 2017

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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN
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AFP, publié le jeudi 18 mai 2017 à 13h34

A Bonn, dans les couloirs des négociations climatiques, l'arrivée au gouvernement de Nicolas Hulot a été saluée jeudi comme une "bouffée d'oxygène", signe pour certains participants de l'ambition climatique intacte de la France. 

Parmi les centaines de délégués réunis depuis dix jours à Bonn en Allemagne, ils ne sont toutefois pas beaucoup à connaître celui dont François Hollande avait fait son "envoyé spécial pour la planète" avant la COP-21 organisée fin 2015 à Paris et qui est depuis mercredi le nouveau ministre en charge de l'environnement. 

"Nicolas comment?", demande un expert américain habitué de ces tractations sous bannière onusienne. "Ce nom me dit quelque chose", dit, évasif, un directeur d'une ONG internationale.

"Il a une +réputation plutôt francophone+", résume un négociateur européen, même si, comme envoyé spécial de François Hollande, il fit le tour de la planète, de la Pologne au Canada en passant par les Philippines.

"Je suis très contente!", se félicite pour sa part la Guadeloupéenne Yamide Dagnet, ex-négociatrice climat pour la Grande-Bretagne puis pour l'Union européenne, aujourd'hui au think tank américain WRI. "Il peut apporter de la créativité, de l'imagination. C'était fantastique de voir (le nouveau président Emmanuel) Macron évoquer le climat" dans ses premières prises de parole, ajoute-t-elle.

Aux prochains sommets du G7 puis du G20, face à un président Trump indécis sur un maintien dans l'accord de Paris, "il faudra défendre cet enjeu diplomatique, et je pense qu'avec un ministre comme Nicolas Hulot, on pourra compter sur la France", ajoute-t-elle.

Pour le négociateur malien Seyni Nafo, "c'est une bouffée d'oxygène", a fortiori dans le contexte présent. "On a besoin de bonnes volontés et d'hommes politiques pour l'incarner, car aujourd'hui ce leadership manque", estime le président du groupe des pays africains.

- Un 'bon ambassadeur' -

L'expert américain Alden Meyer avait rencontré Nicolas Hulot lors d'une visite aux Etats-Unis. "C'est formidable que quelqu'un d'une telle stature, si engagé, soit à ce poste. Cela montre que le président Macron veut voir la France contribuer à une transition économique mondiale favorable au climat".

"Bien sûr, le ministre Hulot devra avoir le plein soutien du président et du futur parlement français pour tenir ses objectifs. J'espère qu'il l'aura", ajoute cet observateur des négociations climatiques depuis leurs débuts.

Nicolas Hulot à l'international, c'est "l'encyclique +Laudato si+ du pape François sur l'environnement (dont il rédigea la préface de l'édition française, ndlr), et la tenue du +Sommet des consciences+" qui avait réuni des dignitaires de toutes religions avant la COP21, retient pour sa part Pierre Cannet, responsable climat du WWF France.

"C'est une personne très engagée, avec qui nous avons des liens. C'est aussi désormais une relation avec un ministre, et elle doit être exigeante: comment va-t-il porter l'accord de Paris, et en France pousser la transition énergétique?", demande-t-il.

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, en charge de l'énergie, qui a le rang de ministre d'Etat, est notamment attendu sur les orientations énergétiques de son pays - le sort du nucléaire, la fermeture anticipée des dernières centrales à charbon, souligne Célia Gautier, du Réseau Action Climat.

Pour la cause climatique, la priorité ne serait pas tant qu'il vienne à Bonn, par exemple, mais d'abord qu'il assoie la crédibilité de son action en France, appuie pour sa part un négociateur européen.

Nicolas Hulot est également attendu au niveau européen, où se décident les engagements et la politique climatiques.

Depuis l'accord de Paris, le combat climatique prend aussi un tour nouveau. Il est certes diplomatique, mais aussi beaucoup dans les solutions, l'implication de la société civile, des entreprises, des villes... "Il faut entretenir un dialogue rapproché sur la mise en oeuvre, avec les pays du G7 comme avec les pays en développement, qu'il faut rassurer", explique Célia Gautier. Et, lui-même issu de la société civile, l'ancien animateur de télévision "peut être un très bon ambassadeur".

 
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