Entre Fillon et Macron, des centristes en ébullition

Entre Fillon et Macron, des centristes en ébullition

Le président du MoDem François Bayrou à Guidel, dans l'ouest de la France, le 25 septembre 2016

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AFP, publié le jeudi 01 décembre 2016 à 13h43

2017: la victoire de Fillon met les centristes en ébullition de Bayrou en passant par Lagarde et Morin avec en arrière-plan Macron

La victoire de François Fillon à la primaire met les centristes en ébullition, de François Bayrou (MoDem) en passant par Jean-Christophe Lagarde (UDI) et Hervé Morin (Nouveau Centre), avec en arrière-plan la tentation Emmanuel Macron pour certains.  

- QUE VA FAIRE FRANCOIS BAYROU ? -

C'est l'inconnue. Le président du MoDem qui soutenait Alain Juppé cultive le suspense. Il tire à vue sur le programme de Fillon qu'il juge "dangereux" -même si l'homme est "estimable"-, dit vouloir construire "un projet" et "ne ferme aucune porte". Le centriste, aussi aiguillonné par la venue d'Emmanuel Macron sur ses terres, dira "d'ici fin janvier, début février" s'il se lance dans une quatrième candidature à la présidentielle. Mais plusieurs élus croient savoir que son entourage n'est pas très chaud pour une nouvelle campagne présidentielle et qu'il n'en aurait pas les moyens humains et financiers. Il doit bientôt rencontrer François Fillon.

- L'UDI FRAGILISEE -

L'UDI avait décidé de ne pas présenter de candidat à la primaire de la droite. Et finalement, un mois et demi avant la primaire, elle a choisi de soutenir le favori Alain Juppé. Son président, Jean-Christophe Lagarde, a entamé mardi des discussions avec François Fillon. Ils ont parlé "projet" pendant une heure, explique-t-il à l'AFP, assurant ne pas avoir parlé des investitures.

L'ancien ministre Yves Jégo, qui lui a soutenu Bruno Le Maire, s'inquiète: "l'UDI sort bien malade de cette primaire", avec des adhérents "perturbés par la stratégie". Mais il veut croire que Fillon aura "besoin du centre" alors que la campagne présidentielle s'annonce rude. Un conseil national de l'UDI se tiendra début 2017 et d'ici là, une délégation a été mandatée pour négocier avec François Fillon. Mardi prochain, se tiendra une réunion avec les parlementaires de l'UDI précédée par une réunion des fondateurs du parti lancé par Jean-Louis Borloo à l'automne 2012. 

- TENTATIVE DE SORTIE -

Hervé Morin, président du Nouveau Centre et de la région Normandie, va réunir un congrès pour "bâtir un pôle centriste fiable". Mais surtout poser la question de sortir ou non de l'UDI. Il faut dire que, depuis l'élection à la présidence de l'UDI de l'automne 2014, pour remplacer Jean-Louis Borloo, perdue par M. Morin, le NC fait un peu bande à part. 

Mais franchira-t-il le pas de quitter l'UDI ? Réponse lors du congrès du 11 décembre. "Ce n'est pas au moment où il faut défendre les valeurs du centre qu'il faut déserter", grince un cadre de l'UDI.

Laurent Hénart, président du Parti radical, composante de l'UDI, a déploré qu'Hervé Morin "donne l'image du premier à aller à la soupe" auprès de François Fillon. 

- LA TENTATION MACRON -

Avec son positionnement, l'ancien ministre de l'Economie entend tailler des croupières aux centristes. Il a même appelé François Bayrou à le rejoindre. En septembre, le leader centriste avait prévenu: "tant que je serai là, il n'y aura pas d'OPA sur le centre", estimant qu'Emmanuel Macron était le candidat des "forces de l'argent".

Reste que certains sont tentés. Le député européen Jean Arthuis, fondateur de l'Alliance centriste, a déjà affiché son soutien. Une centaine de jeunes UDI ont affiché aussi leur soutien cette semaine. Philippe Vigier, chef de file des députés UDI, et membre Nouveau Centre, a critiqué la "fausse route" des partants chez Emmanuel Macron. "Il y a une partie de l'électorat qui a voté Juppé qui votera Macron", analyse un député juppéiste.

 
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