Édouard Philippe est devenu de droite en lisant des livres

Édouard Philippe est devenu de droite en lisant des livres

Le Premier ministre, Édouard Philippe, le 12 juillet 2017 à Paris.

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Orange avec AFP, publié le lundi 17 juillet 2017 à 20h16

À l'occasion de la sortie le 5 juillet dernier de son dernier livre "Des hommes qui lisent", Édouard Philippe raconte au Journal du Dimanche (JDD) son rapport à la littérature et au pouvoir.

La mythologie grecque, "Les Misérables" de Victor Hugo, "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand...

Le premier ministre est un amoureux des livres. Selon lui, ces derniers expliquent même son passage du centre-gauche au "Juppéisme". Car celui qui s'est défini comme "homme de droite" lors de son arrivée à Matignon ne l'a pas toujours été. Lors de ses études à Sciences Po, ce petit-fils de docker du Havre (Seine-Maritime) syndiqué à la CGT était un rocardien convaincu. "J'ai été le produit d'une époque et d'un milieu", explique-t-il au JDD. "Mes parents étaient enseignants. J'ai grandi dans un milieu plutôt de gauche et je lisais des livres qui m'emmenaient plutôt vers la gauche".

"J'AI CHOISI DE SORTIR DU SILLON ET DE ME DONNER UNE CHANCE DE CHANGER"

Mais un tournant s'est produit. "Les lectures m'ont forgé", explique-t-il à l'hebdomadaire. "C'est l'un des vecteurs les plus puissants de la réflexion (...) La lecture peut être une arme contre le conformisme, seulement si l'on sort de sa zone de confort. Car la lecture peut aussi bien vous confirmer dans ce que vous êtes, et vous donner toujours plus de raisons d'être ce que vous êtes". "Je lis donc je pense, je pense donc je suis", affirme-t-il.



"Je suis impressionné par les gens qui creusent toujours le même sillon, mais j'ai, quant à moi, choisi de sortir du sillon et de me donner une chance de changer", poursuit-il. "J'ai eu, à un moment, l'envie non conformiste de sortir de ma zone de confort et d'aller vers des choses vers lesquelles je n'allais pas spontanément. Les essais de Jared Diamond m'ont fait sortir de ma zone de confort, en suscitant réflexions et questionnements. Certains livres nous travaillent longtemps. Nous sommes les livres que nous lisons et nous sommes aussi les livres que nous avons lus et qui continuent de cheminer en nous".


"Lire rend libre car lire permet de réfléchir, d'accumuler de l'expérience de s'évader", ajoute-t-il. "Mais je n'aime pas la littérature au point de ne pas savoir que lire est l'alpha et l'oméga de toute expérience humaine. Quand vous lisez 'L'Écriture ou la Vie' de Jorge Semprun, ou 'Si c'est un homme' de Primo Levi, vous ne savez toujours pas ce qu'est un camp de concentration. En revanche, si vous ne les avez pas lus, il y a peu de chances que vous en ayez ne serait-ce qu'une idée". "Parler d'un livre avec quelqu'un, avoir accès à la compréhension d'un milieu et d'une époque, offrir un livre à quelqu'un : tout ça vous relie à l'autre", abonde celui qui "assume de ne toujours pas avoir lu Proust" et avoir "mis du temps à lire Flaubert".

 
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