Corse: l'ex-député Giacobbi mis en examen pour des emplois présumés fictifs

Corse: l'ex-député Giacobbi mis en examen pour des emplois présumés fictifs

L'ancien député DVG de Haute-Corse Paul Giacobbi à Ajaccio le 14 avril 2016

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AFP, publié le mercredi 28 juin 2017 à 22h05

Six mois après avoir été condamné pour détournement de fonds publics, l'ex-député DVG de Haute-Corse Paul Giacobbi, figure de la vie politique de l'île depuis une quinzaine d'années, a été mis en examen mercredi dans une enquête sur des emplois présumés fictifs.

L'ancien député a été "mis en examen pour détournement de fonds publics", a annoncé à l'AFP le procureur de la République de Bastia Nicolas Bessone. "Il lui est reproché d'avoir validé le recrutement de personnes employées fictivement, et validé des dépenses somptuaires injustifiées", a précise le procureur.

Les juges du pôle économique et financier du tribunal correctionnel de Bastia s'intéressent à des faits remontant à l'époque où Paul Giacobbi dirigeait l'exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant l'élection des nationalistes à la tête de la collectivité territoriale.

La justice accuse "M. Giacobbi d'avoir laissé le système perdurer en connaissance de cause" mais écarte tout "enrichissement personnel", a précisé une source judiciaire. 

Pour Me Emmanuel Mercinier Pantalacci, conseil de M. Giacobbi, les abus dont on tient pour responsable son client ont été "commis par son entourage, au sein de son cabinet et de la direction générale des services". "Les agissements des collaborateurs concernés lui étaient parfaitement dissimulés", a-t-il affirmé.

Face aux enquêteurs, Paul Giacobbi et les autres personnes visées dans l'enquête ont nié les faits qui leur sont reprochés. 

Outre M. Giacobbi, cinq autres personnes ont été mises en examen mercredi soir dans cette affaire: l'ancien directeur général des services de la collectivité territoriale, Thierry Gamba-Martini, pour "détournement de biens publics", l'ancien directeur de cabinet de M. Giacobbi, Augustin-Dominique Viola, pour "complicité", sa nièce et deux autres femmes pour "recel de détournement de biens publics".

"Ils ont tous été placés sous contrôle judiciaire et ont interdiction de se rencontrer", a précisé le procureur de la République Nicolas Bessone.

- 480.000 euros détournés -

Ancien élève de l'ENA, haut fonctionnaire et industriel, Paul Giacobbi, 60 ans, entré en politique en 1982 au Parti des radicaux de gauche, élu en 2002 député de la seconde circonscription de Haute-Corse, a déjà été condamné en janvier à trois ans de prison ferme, 100.000 euros d'amende, et cinq ans d'inéligibilité dans une autre affaire, dite des "gîtes ruraux", une condamnation dont il a fait appel.

Le tribunal correctionnel de Bastia l'avait sanctionné pour le détournement de quelque 480.000 euros de fonds publics, au sein du conseil départemental de Haute-Corse qu'il a présidé entre 2007 et 2010. Destinées à financer la construction ou la rénovation de gîtes, ces sommes avaient profité en réalité à une quinzaine de personnes, également condamnées et qui ont aussi fait appel.

Au cours du procès, M. Giacobbi s'était déjà défendu en assurant ne pas avoir "bénéficié personnellement des sommes qui auraient été détournées". "Je tiens à dire solennellement que je n'ai pris aucune part aux faits reprochés, ni n'en ai eu connaissance avant que la presse ne s'en fasse l'écho, bien après mon départ du conseil général", avait-il déclaré à l'époque.

Un des principaux soutiens d'Emmanuel Macron en Corse lors de l'élection présidentielle, Paul Giacobbi avait renoncé à briguer un nouveau mandat lors des législatives de juin. "J'ai observé la vie politique nationale marquée par une crise sans précédent qui peut nous mener aux extrêmes (...) J'ai relevé l'exigence légitime de nos concitoyens que les candidats ne soient entachés d'aucun soupçon", avait-il alors déclaré, tout en assurant poursuivre le "combat" pour faire reconnaître son "innocence" dans l'affaire des gîtes ruraux.

 
31 commentaires - Corse: l'ex-député Giacobbi mis en examen pour des emplois présumés fictifs
  • si il a été mis en examen il va s"en sortir avec mention BIEN

  • Si vous aviez lu le "CANARD", vous sauriez çà depuis longtemps( c'est de l'information un peu rassie)

  • Comment voulez vous qu'on s'en sorte avec tous ces maffieux politicarts !!! au mieux il aura une peine avec sursis et nous on paie , on paie pour tous ces pourris !

  • Dans le CV de Mr P.Giacobbi,on lit : "ancien de l'ENA, ancien député,haut fonctionnaire et...industriel ". De quelle industrie parle-t-on ? En Corse,les industries,ce n'est pas très courant .Merci de nous informer !

  • tant qu'il fera la une celà évitera de s’intéresser aux autres affaires genantes pour le pouvoir en place
    la presse d'état fait efficacement son travail
    elle focalise sur le buisson pour masquer la forét

    Mais on parle moins des affaires du FN également !

    de toutes les façons comme à chaque fois une fois passée les pseudo affaires concernant le FN deviennent toujours cold case entre 2 élections
    il y avait eu un tapage médiatique juste avant les régionales avec le mème scenario , perquisitions , convocations etc
    mais depuis la fin des régionales et le début de la présidentielle , y a t il eu des poursuites d'investigation sur les pseudo affaires
    les elections sont finies et vous n'entendrez plus parler des pseudos affaires concernant le FN avant 2019 à la veille des européennes

    Vous avez raison de dénoncer la longueur des procédures surtout quand les personnes concernées refusent des convocations judiciaires que leur immunité parlementaire empêche de rendre obligatoires.

    portalis1 les élections sont finies et maintenant le FN va faire accéler les choses en entamant des procédures
    déjà des lundi le FN entame en recours afin que les pieces du dossier lui soit fourni comme l'exige le fait d'une mise en exament
    la personne mise en examen doit avoir accés à l'ensemble du dossier
    dejà vous pouvez lever de votre vocabulaire "elle refuse de se rendre devant les juges"
    juste pour info une procedure similaire est en cours au niveau européen contre l'OLAF qui lui aussi va devoir donner les pieces à charge
    l'erreur a été qu'ils se sont attaqués à une juriste de formation qui connaît les arcanes de la loi

    Vous parlez de celle qui a abandonné son cabinet faute de clients pour se lancer dans une carrière politique beaucoup plus lucrative ?

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