Carrez (LR): une Assemblée "aux ordres de la présidence et de l'administration"

Carrez (LR): une Assemblée

Gilles Carrez à l'Assemblée nationale le 17 janvier 2017

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AFP, publié le jeudi 15 juin 2017 à 11h37

Le député sortant LR Gilles Carrez, qui présidait la commission des Finances, estime qu'avec la probable écrasante majorité qui s'annonce pour Emmanuel Macron, l'Assemblée "va être aux ordres de la présidence et de l'administration", dans un entretien à L'Opinion jeudi.

"On a fait une erreur terrible en 2001 en liant de façon aussi automatique la présidentielle et les législatives. Tant qu'on aura ce lien, l'Assemblée nationale n'aura pas son existence propre, ce sera une créature de la présidence", considère M. Carrez.

"Dans un deuxième temps, face aux difficultés dans la rue, cette créature va commencer à se rebeller, à se morceler", pronostique cet élu de 68 ans candidat à sa réélection dans la 5e circonscription du Val-de-Marne, en ballotage défavorable face à une candidate La République en marche (REM).

Rappelant le précédent de l'écrasante majorité de droite en 1993, il pense que "l'Assemblée nationale ne va pas compter" et "va être aux ordres de la présidence et de l'administration". "Rendez-vous dans un ou deux ans !", lance M. Carrez.

Les futurs députés novices LREM "vont voter ce qu'on leur demandera de voter", au moins "dans un premier temps". "Puis ils se rendront compte qu'ils se feront engueuler sur le terrain, que ça ne marche pas comme le gouvernement le leur dit, comme les cabinets ministériels le leur expliquent", d'après le président de commission.

Il voit la vague LREM comme "un véritable tsunami politique comme on n'en a jamais connu, plus encore qu'en 1993". "Chez LR, nous payons la disqualification à travers la candidature à la présidentielle de François Fillon. C'est une sorte de bombe à fragmentation" et "c'est d'une violence absolue", confie-t-il.

A droite, "le mal est tellement profond qu'il va falloir une reconstruction dès les fondations", d'après M. Carrez. 

"Le temps est venu à une nouvelle génération de trentenaires ou de quadras de se mettre au travail et de le faire dans un esprit d'équipe" et "tous ceux qui ont exercé le pouvoir ces 20-30 dernières années me paraissent hors jeu par rapport à ce travail de reconstruction", prévient-il.

Et d'ajouter: "Je ne crois pas à ce stade au deus ex machina ou à l'homme providentiel" pour son camp.

 
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