Budget de la Défense : le chef d'état-major des armées menace de démissionner

Budget de la Défense : le chef d'état-major des armées menace de démissionner

Le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, le 13 juillet 2017 à l'Élysée.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 13h21

Selon Les Échos, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers menace de démissionner après l'annonce d'une baisse des dépenses de 850 millions d'euros pour le ministère de la Défense. Ces économies provoquent une levée de boucliers à l'heure où les armées, surengagées (Serval, Barkhane, Sentinelle...), manquent de moyens et où la menace terroriste reste maximale.

Tout juste prolongé dans ses fonctions, Pierre de Villiers n'a pas mâché ses mots.

Devant la cinquantaine de députés réunis mercredi matin en commission de la Défense, il a mis "sa démission dans la balance" et annoncé qu'il ne "se laisserait pas 'baiser' par Bercy et que les militaires en avaient soupé des promesses de lendemains qui chantent", écrit le quotidien économique. Ces annonces de coupes budgétaires contredisent les promesses de campagne du candidat Macron. Les économies réclamées consistent à faire payer aux armées les opérations extérieures (opex) alors que ces dernières ont toujours été financées par la solidarité interministérielle.



LES COUPES PORTERONT SUR LES ÉQUIPEMENTS

"Le président de la République rencontrera les militaires ce soir. Je vais faire confiance au président de la République pour s'adresser aux militaires", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner sur RMC et BFMTV. "Je ne crois pas qu'il change d'avis d'ici ce soir. Par contre, il aura l'occasion de s'exprimer sur sa priorité (...) qui est de faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c'est nécessaire à sa modernisation", a poursuivi le porte-parole du gouvernement. Dans une interview publiée mercredi dans Les Échos, le Premier ministre Édouard Philippe avait promis que le gouvernement ferait "un effort supplémentaire l'an prochain".


"Ce qu'il fallait pour le ministre du Budget, c'est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d'économies budgétaires. Tous les ministères y contribuent. Et sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c'est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions", a expliqué Christophe Castaner. "Une chose est sûre: même avec ce gel de 850 millions d'euros le budget de l'armée sera au même niveau que ce qui était prévu dans la loi de finances initiale qui a été votée. Donc il y a des moyens pour notre défense et notre sécurité, et il y a des efforts demandés"

L'ARMÉE "MALTRAITÉE" POUR ÉRIC WOERTH

De son côté, le président (Les Républicains) de la commission des finances de l'Assemblée, Éric Woerth, a expliqué sur ce jeudi sur RTL comprendre les protestations des militaires, jugeant l'armée "maltraitée" et que "trop d'efforts" mettent en cause "la souveraineté du pays". "L'armée est devant un mur budgétaire, vraiment", a-t-il estimé. "Trop d'effort, ça met en cause la souveraineté du pays. On est devant des dépenses nucléaires extrêmement importantes. Il faut renouveler du matériel, il faut aider les industriels de l'armement, très importants en France, à innover sur pleins de sujets. Où sont les drones français aujourd'hui ? Où est l'autonomie française sur pleins de sujets ? On dépend beaucoup des Américains. Il faut avoir plus d'autonomie".


"Que les Européens participent plus est une piste extrêmement puissante qu'il faut creuser, mais aujourd'hui l'armée française est maltraitée dans ce décret d'avance, c'est-à-dire dans cette annulation de crédits. Et je peux comprendre que les chefs militaires considèrent qu'on ne peut pas risquer la vie d'un certain nombre de soldats, faire de la géopolitique au travers de nos propres armes et de ne pas avoir les moyens d'en faire".

"Il y a ces fameuses opérations à l'extérieur". "En général elles étaient sous-budgétisées, c'est vrai, de l'ordre probablement de 500 millions (d'euros) aujourd'hui, 550. Ça vaut maintenant à peu près 1 milliard donc le gouvernement est obligé de ressortir de l'argent. Auparavant c'étaient toujours les autres ministères qui payaient, une sorte de solidarité des ministères et des dépenses. Aujourd'hui le gouvernement décide que non, que c'est la Défense qui va payer elle-même ces opérations extérieures. Ca réduit d'autant les capacités de la Défense notamment par exemple à renouveler leurs équipements alors qu'ils en ont bien besoin", a expliqué Éric Woerth.

 
606 commentaires - Budget de la Défense : le chef d'état-major des armées menace de démissionner
  • Je ne suis pas macroniste mais il a raison de restreindre le budget de l'armee un ministere qui ne sert pas à grand chose regardez les Allemands ils ne depensent pas des sommes astronomiques pour leur armee et alors çà va moins bien quant au plan vigipirate et aux patouilleurs dans la rue les gares ou les aeroports ils sont là uniquement pour rassurer les bons citoyens credules. Si le chef des armees a des etats d'ame qu'il parte personne n'est irremplaçable je pense que sa retraite sera bien superieure à la plupart des Français

  • Un militaire se tait et obéi au chef. Sinon il démissionne. S'il veut parler aux journalistes et se plaindre, il devient député ou délégué syndical dans une entreprise. Mais le salaire à vie même à la retraite est bon.
    Avec 50 milliards pour la défense, on devrait y arriver, quand même. Rien qu'en économie de personnel inutile et de frais honteux. Qui, lorsqu'il a fait son service militaire n'a pas vu des camions tourner en rond pour épuiser les stock afin d'être sûr d'avoir la même dotation l'année suivante. Idem pour les munitions. Sans parler des véhicules personnels des gradés réparés aux frais de la France, des primes pour ceux qui vont à Tahiti, des vols de vin et nourriture et j'en passe.

  • Que fait on au Mali , en Syrie , en Afghanistan etc.... Rien à faire dans ces pays
    Ingérence on dit non

    bien d'accord mais c'est une question de vue politique. Perso je retirerai de suite ces opérations et ferais, de facto, de grosses économies pour "la faire simple"

  • Vas jusqu'au bout des idées et de l'honneur mon Général en faisant un Putsch car maintenant y'en a marre que nos Armées soient la variable d'ajustement de toutes les dérives sociétales de nos illuminés incapables et autoritaires qui nous rappellent les heures sombre de notre Histoire. Au moins prenez la tête de la révolte militaire et virons-les du pouvoir qu'ils usurpent par mensonges. Arrêtez leur protection. Saisissons leurs biens mal acquis sur notre dos et redressons la France.

  • Avant de parler de coupes budgétaires pour l' armée, Bercy devrait déjà payer aux sous traitants de l'armée ce qu'elle leur doit...............

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