Aurélien Pradié, député du Lot, jeune loup de droite élu en terre radicale

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 Le député LR Aurélien Pradié à la mairie de Labastide-Murat le 23 juin 2017

Le député LR Aurélien Pradié à la mairie de Labastide-Murat le 23 juin 2017

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© AFP, PASCAL PAVANI
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AFP, publié le mardi 04 juillet 2017 à 10h15

Élu député dans un bastion de gauche, à contre-courant de la vague En Marche, Aurélien Pradié est un jeune loup de droite, entré très jeune en politique, qui se fait fort depuis dix ans de "déjouer les pronostics" dans son département du Lot, non sans heurts.

A 31 ans, ce jeune homme brun tiré à quatre épingles est entré au Palais-Bourbon contre toute attente. Il l'a emporté le 18 juin avec 51,32% face au candidat REM, rattrapant ainsi les quatre points de retard du premier tour.

Dans un département radical-socialiste, qui avait voté à plus de 72% pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, il succède avec cette victoire surprise aux députés de droite Michel Roumegoux (2002-2007) et Bernard Pons (1973-1978).

"Je m'étais plutôt préparé à ne pas être élu qu'à être élu", affirme le maire de Labastide-Murat, petite commune située en plein centre du Lot, lieu de naissance du maréchal d'Empire Joachim Murat.

"J'ai un parcours qui depuis le début consiste à déjouer les pronostics électoraux. Rien ne me prédestinait à faire de la politique, je n'ai pas de mentor", ajoute le député.

Né le 14 mars 1986 à Cahors de parents gérants d'une petite entreprise agroalimentaire, Aurélien Pradié se présente pour la première fois en 2008.

Responsable des Jeunes UMP dans le département, son seul Bac en poche, il fait campagne "en mobylette" pour le conseil général et l'emporte au premier tour face à son ancien instituteur socialiste.

Deuxième plus jeune conseiller général de France cette année-là après Jean Sarkozy, il échouera aux législatives et aux européennes, avant de devenir en 2014 le plus jeune maire du Lot et d'être élu conseiller régional en 2015.

"Chiraquien et pompidolien" revendiqué, présenté par ses proches comme un "grand travailleur", ce célibataire, sans enfant, adepte de course à pied, assure avoir visité "5.000 maisons" au cours de sa campagne.

Comme un autre jeune loup de droite devenu ministre, Gérald Darmanin, il est proche de Xavier Bertrand, qui parle de lui comme de quelqu'un "de terrain", qui a "des convictions".

"Il est en acier trempé" et "très méritant", estime Alain Marleix, secrétaire d'Etat sous Sarkozy, venu le soutenir à plusieurs reprises. "C'est un jeune qui va compter dans les années à venir", juge aussi Damien Meslot, ancien responsable des fédérations UMP.

- 'Vieille politique' -

"J'ai sûrement plus d'ennemis que d'amis", reconnaît cependant Aurélien Pradié. "Je crois que ceux qui me détestent le plus, mais en même temps je les comprends, sont certains de mes amis politiques, parce que j'ai un parcours qui pour eux est insupportable: j'ai été élu à chaque fois qu'ils ont été battus", lance-t-il.

Certains de ses détracteurs le jugent "très arrogant", pouvant être "inutilement vexatoire", d'autres regrettent qu'il ait "fait le vide autour de lui" dans son propre camp, la droite départementale.

"Il a fait la campagne comme on fait de la vieille politique" en "dénigrant", moi "je me suis engagé pour faire de la nouvelle politique", déclare simplement son adversaire REM de second tour, Sébastien Maurel, un chef d'entreprise novice dans la chose publique. 

Ce dernier a depuis déposé une recours auprès du Conseil constitutionnel, soulignant avoir constaté de "nombreuses irrégularités" dans le scrutin. 

En 2013, Aurélien Pradié a été déclaré inéligible pour un an après l'invalidation de ses comptes de campagne des législatives 2012, au cours desquelles il avait été battu par la candidate PRG. Selon lui, la banque sur laquelle il comptait lui avait alors refusé un prêt "au dernier moment".

Député, il promet de quitter le conseil régional, de rester simple conseiller municipal et communautaire et d'abandonner son poste chez le fabricant de confitures et de compotes lotois Andros, qu'il dit occuper depuis plusieurs années, sa seule expérience dans le privé.

A l'Assemblée, il a choisi le groupe LR mais argue qu'il veut conserver sa "liberté de vote", en commençant, dès mardi, par s'abstenir sur la confiance au gouvernement.

 
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