Arnaud Montebourg : "Je ne m'interdis pas de nationaliser une banque"

Arnaud Montebourg : "Je ne m'interdis pas de nationaliser une banque"

Arnaud Montebourg en meeting à Dijon, le 7 décembre 2016

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Orange avec AFP, publié le dimanche 18 décembre 2016 à 16h40

Il l'affirme haut et fort, Arnaud Montebourg est résolument de gauche. Dans un entretien au Parisien dimanche 18 décembre, l'ex-ministre, désormais candidat à la primaire du PS, est revenu sur son projet politique qu'il "situe au cœur des différentes gauches".

Au programme, division par deux du nombre de parlementaires et nationalisation de banques.

Se positionnant en défenseur de la "gauche des valeurs", "des libertés publiques" et "de la laïcité", Arnaud Montebourg entend incarner une alternative non sociale-libérale face à François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle. "J'ai dit que mon projet était socialiste, mais pas seulement", a-t-il déclaré au Parisien. "Il est aussi d'inspiration gaulliste, écologique, républicaine."

► Que pense-t-il de ses adversaires?

À la question "Qu'est-ce qui vous distingue, sur le fond" des autres candidats à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg répond simplement qu'il ne connaît "ni le programme de Vincent Peillon, ni celui de Manuel Valls", ajoutant qu'il désapprouve Benoît Hamon sur un point au moins : la dépénalisation du cannabis. "En termes de santé publique, nous ne pouvons pas nous le permettre."

► Deux fois moins de de députés

Reprendre le contrôle des institutions est l'une des composantes principales de la "République nouvelle", la "VIe République" prônée par Arnaud Montebourg. Pour ce faire, l'ancien député de Saône-et-Loire veut réduire de moitié le nombre des députés. 577 hommes et femmes siègent actuellement à l'Assemblée nationale.



Du côté de l'administration, s'il est élu, Arnaud Montebourg réclamera la démission des directeurs d'administrations centrales "à l'arrivée du nouveau ministre".

► Des sénateurs tirés au sort

Toujours dans son volet institutionnel, Montebourg prévoit également de modifier la composition de la Chambre haute, en instaurant "l'entrée au Sénat de citoyens tirés au sort sur les listes électorales". Combien ? "Un par département", soit 101 au total.

► Supprimer (en partie) le 49.3

Sur ce point, Montebourg se situe sur la même lignée que Valls, ou presque. Il est favorable à la suppression de l'article 49.3 de la Constitution, du moins en partie. L'ex-ministre de l'Économie estime qu'il est tout de même nécessaire de maintenir le 49.3 lors de votes concernant le budget de l'État.

"Aux Etats-Unis, lorsque le président et le Congrès n'ont pas réussi à trouver un compromis sur le budget, ça a donné le shutdown : impossible de payer les fonctionnaires. Donc pour la continuité de l'Etat, il est nécessaire de pouvoir utiliser le 49-3 en matière budgétaire", affirme-t-il. "C'est le seul cas dans lequel je le considérerais nécessaire."

Mais contrairement à Manuel Valls, Arnaud Montebourg n'a jamais eu recours au 49.3 durant son passage au gouvernement... ce qu'il ne manque pas de rappeler, avec ironie. "Supprimer le 49-3 dans ses propositions, c'est bien, le supprimer de ses propres pratiques, ce serait mieux", tacle-t-il.

► Nationaliser certaines banques

"Ni Totem", "ni tabou", pour Arnaud Montebourg, la nationalisation ne doit pas être un vilain mot. "Je ne m'interdis pas de nationaliser une banque", a-t-il assuré. "Je préfère avertir les citoyens que, s'il faut nationaliser, nous le ferons. Nous aurions dû le faire à propos d'ArcelorMittal."

Et d'affirmer avec vigueur : "La souveraineté économique d'un État doit être supérieure aux intérêts du système bancaire et financier".



► 80% de made in France

Chantre de la fabrication française, celui qui fut ministre du Redressement productif est favorable à une économie basée sur le made in France. Il souhaite que "80 % de la commande publique et des marchés publics" soient attribués aux petites et moyennes entreprises qui fabriquent et produisent dans l'Hexagone.



L'interview est à revoir en intégralité sur le site du Parisien.
 
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