Après la charge de Marine Le Pen, Hollande vole à la rescousse des fonctionnaires

Après la charge de Marine Le Pen, Hollande vole à la rescousse des fonctionnaires

François Hollande, à l'Élysée, le 21 février 2017

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Orange avec AFP, publié le lundi 27 février 2017 à 18h10

Au lendemain de la sortie remarquée de Marine Le Pen, qui avait appelé dimanche 26 février les magistrats à "ne pas contrecarrer la volonté du peuple", François Hollande a répondu lundi à la présidente du Front national en assurant qu'il n'accepterait "jamais qu'on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République".

À moins de deux moins du premier tour de l'élection présidentielle, le chef de l'État a pris la parole lors d'une visite (inédite pour un président en exercice) au siège du Grand Orient de France, la principale obédience maçonnique, à Paris, alors que l'on célèbre en 2017 le tricentenaire de la naissance à Londres de la franc-maçonnerie moderne.

Évoquant l'engagement des francs-maçons pour la laïcité, le président de la République a insisté sur les principes qui y étaient attachés, comme la "neutralité de l'Etat" et l'"impartialité des fonctionnaires". "Et je n'accepterai jamais que l'on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu'ils appliquent la loi et qu'ils font en sorte que la justice puisse travailler", a-t-il lancé, dans une allusion visant clairement la candidate du FN à la présidentielle.


Devant ses partisans réunis lors d'un meeting à Nantes dimanche 26 février, Marine Le Pen, dont le camp est visé par des enquêtes judiciaires, avait demandé aux fonctionnaires "à qui un personnel politique aux abois demande d'utiliser un pouvoir d'Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des coups tordus ou des cabales d'Etat, de se garder de participer à de telles dérives". "Dans quelques semaines, ce pouvoir politique qui n'a plus rien à perdre ou de compte à rendre aura été balayé par l'élection", et "ces fonctionnaires devront assumer le poids de ces méthodes illégales", avait-elle ajouté.

"Nous sommes dans une période décisive puisque nous aurons à faire un choix qui fera que notre pays pourra avancer (...) ou reculer", a souligné le patron de l'Élysée, qui veut que "tout" soit "dit pour que les choix puissent être éclairés" et "pour ne pas avoir péché par indifférence ou par silence". François Hollande a par ailleurs fait part de ses inquiétudes à propos de "ce qui pourrait mettre en cause la République elle-même, ses idéaux sûrement, son organisation vraisemblablement, sa manière avec laquelle elle considère l'être humain".

"La République sait ce qu'elle vous doit, et je sais que vous serez toujours là pour la défendre", a-t-il dit devant les responsables francs-maçons d'une quinzaine d'organisations. "Et je serai moi aussi, au-delà même de ma fonction, toujours là pour prendre cette responsabilité", a-t-il assuré.

 
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