Slate.fr 07/09/2012 à 16h13

Un record à battre pour Assange: passer 15 ans dans une ambassade

Slate.fr avec slate

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Un début de dénouement pour le sort de Julian Assange? Les discussions entre Londres et Quito devraient «reprendre cette semaine», selon le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, cité par l'agence de presse nationale Andes.

 

Depuis le 19 juin, le fondateur du site Wikileaks est retranché dans l'ambassade équatorienne de Londres. Julian Assange a confié, lors d'une interview sur la chaîne de télévision équatorienne Gama, qu’il estimait que sa situation se débloquerait dans minimum six mois, voire un an.

 

Pourra-t-il rester dans l'ambassade jusque-là? Sans doute. Surtout lorsqu'on sait qu'un homme a vécu dans l'ambassade américaine de Budapest... pendant quinze ans.

 

La BBC revient sur le parcours du cardinal hongrois József Mindszent. Ce fervent opposant au communisme fut condamné en 1949 à la prison à vie pour trahison envers l'Etat hongrois. Il y passera 7 ans.

 

En 1956, il est libéré lors de l’insurrection. Mais les troupes soviétiques reprennent rapidement le dessus et prennent le cardinal pour cible.

 

Il décide de se réfugier à l'ambassade des Etats-Unis, dont il ne peut plus sortir sous peine d'arrestation immédiate. Lorsque les soviétiques l'apprennent, ils envoient un message à l'ambassade assurant qu'ils sont fermement décidés à récupérer le cardinal, et qu'ils attaqueront à midi. L'ambassade les a attendus... pendant 15 ans.

 

Alors que les communistes reprennent le pouvoir et emprisonnent des milliers de personnes, le cardinal emménage durablement dans l'ambassade. Il emménage dans les appartements du chef de mission, composé de deux pièces avec sa propre petite salle de bain. L'ambassade fait près de 5 étages et se situe en plein centre de Budapest.

 

Le cardinal s'installe dans une petite routine rythmée chaque jour par une promenade quotidienne dans la cour de l'ambassade, protégé d'éventuels snipers par des gardes.

 

A l'arrivée du jeune diplomate américain William Shepard, quatorze ans plus tard, rien n'a changé, hormis que le cardinal a appris l'anglais. William Shepard rapporte que le cardinal passait la plupart de son temps enfermé dans son bureau, à écrire ses mémoires:

«Je ne suis pas sûr qu'il avait une télévision, mais je sais que, parfois, le cardinal regardait des films parce que sa détestation du film s'inspirant de sa situation était légendaire. Il n'aimait tout simplement pas ça.»

 

Depuis son arrivée à l'ambassade, le cardinal était devenu un symbole, pris au piège dans une guerre froide impliquant le gouvernement hongrois, l'Union soviétique, les Etats-Unis et le Vatican. Lui-même était réticent à faire des compromis tant que les communistes restaient au pouvoir.

 

En 1971, le Vatican tient à améliorer ses relations avec les autorités hongroises et, avec le soutien américain, le cardinal accepte l'accord qu'on lui propose.

 

Le 28 septembre 1971, il est conduit dans le plus grand secret à Rome. Là, il publie ses mémoires écrits à l'ambassade. Mais il refuse de prendre sa retraite en tant que primat de Hongrie et est dépouillé de son titre par le Vatican. Il meurt en exil à Vienne quatre ans plus tard, à l'âge de 83 ans.

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