02/02/2012 à 20h29
Assiste-t-on au "suicide social" d'un géant de l'Internet communautaire? Forbes s'interroge sur l'annonce, la semaine dernière, par Twitter du fait qu'un pays pourra désormais exiger la censure d'un tweet qui lui déplaît posté depuis son territoire.
Le magazine économique relaie le message posté sur le blog du petit oiseau bleu:
"A partir d'aujourd'hui, nous nous donnons la possibilité de refuser rapidement le contenu des utilisateurs dans un pays donné —tout en le gardant disponible dans le reste du monde. Nous avons également travaillé à une manière de communiquer de façon transparente aux utilisateurs que leur contenu est refusé et pourquoi il l'est."
Jodi Olson, de l'équipe de communication de Twitter, a rapidement rectifié le tir auprès de Forbes en précisant qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un "changement de philosophie" de la part du groupe, préférant mettre en avant sa "haute estime" pour la liberté d'expression et son "évident effort pour engager le dialogue" avec les utilisateurs censurés.
Une tentative restée vaine. Si cette information a fait quelques heureux (comme la ministre thaïlandaise de l'Information et des Télécommunications Jeerawan Boonperm, selon le Guardian), Twitter, réputé pour être le plus réactif des réseaux sociaux, n'a pas tardé à réagir à l'annonce. À l'aide du hashtag #twitterblackout, l'indignation s'est massivement propagée. Un appel a même été lancé incitant les utilisateurs à ne pas tweeter le 28 janvier, selon Libération.
Le New Yorker note que cette annonce devrait renforcer l'importance, pour les utilisateurs, de prendre connaissance des fameuses conditions d'utilisations établies par les plates-formes de micro-blogging.
Un autre enjeu est de savoir si Twitter décidera désormais d'ouvrir un bureau, en toute conscience, dans des pays qui lui imposeront l'application d'une censure. La question est d'ores et déjà réglée pour la Chine, où Twitter n'ira pas: Weibo, un concurrent, y applique une censure stricte sur laquelle il faudrait inévitablement s'aligner, ce que n'envisage pas Dick Costolo, le PDG de Twitter. Ce dernier, interviewé par le site VentureBeat, regrette de ne pouvoir permettre aux Chinois d'utiliser librement un réseau social.