Jean Marie Colombani 04/06/2010 à 12h10

Ségolène Royal et François Bayrou rentrent au bercail

Jean Marie Colombani avec slate

    augmenter la taille du texte diminuer la taille du texte   votez réagissez      

On a pu assister au cours des derniers jours à un événement non négligeable dans le paysage politique français, le retour dans les rangs des deux trublions Ségolène Royal à gauche et François Bayrou à droite.

Ségolène Royal s’est ainsi à nouveau invitée à la table des dirigeants du Parti socialiste. Elle a pour ambition claire de substituer au pacte clandestin de non agression qui lie Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Laurent Fabius, un pacte officiel visible et politique celui-là, entre elle-même, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. L'objectif de Ségolène Royal consiste à la fois à exister à nouveau dans le jeu, à prendre acte du fait que Laurent Fabius n’est plus dans la course présidentielle et à prendre sa part de ce que les socialistes espèrent être la victoire de 2012.

Le mouvement de Ségolène Royal crée de fait une très grosse déception à droite. On spéculait beaucoup à l'UMP et à l'Elysée sur le fait que la dissidence de Dominique de Villepin pourrait en quelque sorte être équilibrée par celle de Ségolène Royal. Il n’y aura donc pas de dissidence Royal et il faudra faire avec celle de Villepin.

Le jeu Aubry-Royal s'annonce en tout cas particulièrement intéressant. A l’époque de Georges Marchais et de la dialectique, on aurait dit: «qu’elles sont complices objectives». Elles sont complices objectives pour tenter d’écarter Dominique Strauss-Kahn. Mais cela ne sera pas chose facile. Dominique Strauss-Kahn est dominant dans la perspective des primaires et surtout dans la perspective du premier tour où il apparaît aujourd'hui comme le seul capable de terminer devant Nicolas Sarkozy et donc de mettre à terre la stratégie électorale du président sortant.

Quant à l'autre trublion, François Bayrou, il tire la leçon du refus de la gauche, au fond, de s’allier avec lui et tire aussi la leçon de ses échecs électoraux répétés et de son très grand isolement. Il fait mouvement pour se rapprocher objectivement de Nicolas Sarkozy qui a besoin de lui pour compenser justement la dissidence de Dominique de Villepin.

Ces reclassements sont aussi directement liés à la nature des programmes et plus encore des promesses. Il faut regarder de près ce que dit Martine Aubry à commencer par le domaine des retraites. La critique de la réforme des retraites est normale de la part de l’opposition, mais la promesse de rétablir la retraite à 60 ans posera d’immenses problèmes si la gauche revient au pouvoir. Cela montre que Martine Aubry se préoccupe essentiellement de rassembler à gauche de la gauche, pensant que les primaires vont se jouer là. C’est une façon aussi de marginaliser Dominique Strauss-Kahn et d’écarter définitivement une alliance avec le centre et François Bayrou.

Cette stratégie présente des risques. Au lendemain des élections régionales, tout le monde donnait Nicolas Sarkozy pour mort politiquement. La machine à promesses que met en place Martine Aubry peut lui permettre de l’emporter et d'arracher la candidature, mais elle est aussi maintenant une machine à requinquer Nicolas Sarkozy en soulignant le clivage gauche-droite.

    augmenter la taille du texte diminuer la taille du texte   votez réagissez      
 

les dernières réactions à l'article

voir mon journal de réactions aide
Aucune réaction encore postée
Soyez le premier à réagir

rechercher par date

rechercher par auteur

autres articles