Jean Marie Colombani 10/09/2010 à 12h52

Le terrorisme toile de fond du 21ème siècle

Jean Marie Colombani avec slate

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Hélas, ce 11 septembre 2010 est marqué du sceau de l'imbécillité : cette histoire, qui est aussi l'un des visages de l'Amérique, d'un pasteur ultra conservateur qui veut marquer l'anniversaire de l'attentat contre les tours jumelles du World Trade Center en brûlant un exemplaire du Coran. Un « burn the coran day » évidemment de nature à exciter, de l'autre côté, ceux qui rêvent d'en découdre, ceux pour qui l'Amérique, de toutes façons, incarne le « mal ».

Ce triste épisode ne doit pas nous empêcher de nous souvenir, et de réaffirmer une solidarité essentielle avec les Etats-Unis, comme avec tous ceux qui, dans l'univers arabo-musulman, parce qu'ils croient à la démocratie, sont la cible d'Al Qaïda. Oui, le 11 septembre a bien marqué, dans le sang, la naissance du 21ème siècle, en installant clairement une seule et même menace pour tous ceux qui cherchent, et doivent continuer de rechercher inlassablement, l'extension des libertés, de la liberté : à savoir le terrorisme. Il ne faut jamais omettre cette toile de fond, car elle délimite, comme d'autres hier, le camp des démocraties et des démocrates, confronté aujourd'hui, selon l'expression de Bernard-Henri Lévy, à « l'islamo-fascisme ».

Pour l'heure, le principal héritage de l'après 11 septembre est la guerre d'Afghanistan. Auparavant, les cartes avaient été brouillées, et la solidarité rompue, du fait du déclenchement, par George Bush, de la guerre d'Irak. Au nom d'introuvables armes de destruction massive, qui auraient été détenues par Saddam Hussein, et qui se révélèrent être une arme de destruction massive de l'image des Etats-Unis. La guerre d'Irak a conduit les Etats-Unis dans une impasse stratégique, alors que la menace réelle est devenue l'Iran des intégristes chiites, pour lesquels le nouvel Irak constitue un point d'appui et une source d'influence inespérés. En même temps cette guerre a donné prétexte à ceux qui, « islamo-fascistes », voulaient justifier l'extension du terrorisme.

Revenons à l'Afghanistan : cette guerre-là fut déclenchée, à juste titre, pour déloger les Talibans du pouvoir à Kaboul, de façon à éviter que ce pays ne continue d'offrir à Al Qaïda l'abri et le soutien logistiques dont les émules de Ben Laden avaient besoin.

Un peu plus de huit ans plus tard, ces mêmes Talibans ont repris pied, proclamant même leur victoire imminente. C'est le signe d'un risque d'enlisement, pour les troupes de l'OTAN, désormais confrontées à une situation proche de celle que connut l'Armée Rouge, après la guerre menée par les Soviétiques. L'avenir de l'Afghanistan peut difficilement se concevoir sans une double tutelle : celle de l'Iran d'un côté, du Pakistan de l'autre. Tout le problème est là : quel Iran ? Quel Pakistan ? Le premier, tant qu'il sera aux mains d'Ahmadinejad, est définitivement hostile. Le second joue en permanence double jeu. Un Iran redevenu démocratique et un Pakistan redevenu cohérent sont les conditions d'une véritable « pacification » de l'Afghanistan, et du retrait, souhaitable, des troupes de l'OTAN.

Dans notre monde où les équilibres anciens sont détruits et où les nouveaux se dessinent sous nos yeux, la ligne de fracture tracée par Al Qaïda n'est certes plus la seule. Mais elle est toujours là pour nous rappeler, plus que jamais, que notre mot d'ordre doit rester celui-ci : démocrates de tous les pays, unissez-vous !

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