Slate.fr 14/02/2012 à 12h01

L'ordinateur n'est pas fan d'Adele

Slate.fr avec slate

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Le triomphe d'Adele aux Grammy Awards, où la chanteuse anglaise a raflé six récompenses parmi lesquelles celles de meilleure interprète et meilleure chanson de l'année, aurait été contesté par un ordinateur très perfectionné si celui-ci avait été habilité à juger les concurrents opposés dans la course aux récompenses.

Inventé par une équipe de l'Université de Bristol, ledit ordinateur a la capacité de déceler le potentiel de " hit " d'un titre à partir d'un algorithme qui examine les chansons au scalpel de 23 critères comme le tempo, l'énergie ou le potentiel en discothèque.

Les goûts mis en algorithme

Cet algorithme a été créé par le biais de l'analyse des différents classements de ventes de disques au cours des 50 dernières années en Grande-Bretagne et se veut une sorte d'instantané plus ou moins juste des goûts et des envies du public. En ayant intégré les ingrédients des succès à travers les époques, il livre une sorte de recette-miracle censée plaire aux oreilles du plus grand nombre.

Et le verdict de cet ordinateur est tombé. Si le tube d'Adele, " Rolling in the deep ", s'est vu décerner une note très honorable de 7 sur 12 par la machine, il a été surclassé par les titres " Grenade " de Bruno Mars et " Firework " de Katy Perry, qui ont décroché un joli 10 sur 12.

Mais il est possible que dans quelques années, lorsqu'il aura à juger ces mêmes titres, l'ordinateur  changera d'avis – et de note – en fonction des évolutions de la musique et des goûts des spectateurs au fil des ans, puisque ces évolutions transformeront l'algorithme.

Le facteur humain

Mais l'algorithme ne peut pas tout prévoir, et notamment les facteurs humains qui rentrent dans le succès d'une chanson. Par exemple, le tube " Man in the mirror " de Michael Jackson, sorti en 1988, n'avait récolté qu'une modeste 21e place dans le top 40 britannique. Remis au goût du jour à l'occasion de la mort de l'artiste en 2009, il s'est catapulté en tête des palmarès bien aidé, il est vrai, par l'émotion suscitée par la mort brutale de l'icône.

L'Université de Bristol indique que dans les années 60, l'harmonie était un facteur décisif du succès populaire à une époque où la " dansabilité " des titres, pour user d'un barbarisme, était un facteur secondaire contrairement, par exemple, à la période disco des années 80.

Reste à évaluer si le jugement humain ne demeure pas le meilleur baromètre au-delà de ses " imperfections ". Les fans d'Adele, par opposition à ceux de Bruno Mars, en sont convaincus...

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