31/12/2011 à 13h21
Pour cette fin d'année, la presse allemande offre un bien beau cadeau à l'opinion : la promesse unanime d'une bonne santé économique en 2012. Comme si tous les titres de presse s'étaient donné le mot, une vague d'optimisme s'est abattue mardi 27 décembre sur l'actualité.
Pour son dixième anniversaire, l'euro, est bel et bien là, quoiqu'on en dise, et malgré les mises en gardes lors de sa création, martèle Die Welt. La zone n'a pas seulement su gérer les grosses différences économiques, politiques et culturelles entre le Nord et le Sud, elle a su faire face à ce que redoutaient les Allemands : " au final, les taux d'inflation de ces dernières années se sont montrés aussi bas que du temps du deutschemark. Et face au dollar, la monnaie unique s'est même révélée plus stable. "
Nouvelle dynamique
L'obligation des pays de l'Est de l'Europe de se réinventer après l'effondrement du bloc communiste constitue un réel espoir pour la zone, poursuit l'éditorialiste Dorothea Siems : " ils apportent une toute nouvelle dynamique. En acceptant l'économie de marché et la concurrence internationale, ils ont prouvé leur capacité d'adaptation, et recueillent aujourd'hui les fruits de leur politique. Si jamais les pays du Sud sont prêts à fournir ce type d'effort, alors l'euro a ses plus belles années devant lui. "
Dans cet océan paisible qu'est la zone euro, l'Allemagne est une île paradisiaque, à en croire de nombreuses personnalités politiques. À commencer par Philipp Rösler, ministre de l'économie, dont les propos sont relayés par le Spiegel : " nous ne pouvons pas être mieux armés pour combattre les mois d'assombrissement qui arrivent. "
Et la Berliner Zeitung de renchérir : " même si le contexte économique est devenu plus difficile à tous les niveaux (national, européen et international), notre économie se montre réellement robuste. "
L'Allemagne devra tout de même continuer de renforcer ses atouts de croissance, confie le ministre au quotidien berlinois : " via une consolidation de ses finances et la sauvegarde du personnel qualifié, le gouvernement pourrait garantir la croissance en hausse au cours de l'année qui vient. "
Robuste constitution
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, la Frankfurter Allgemeine Zeitung publie les conclusions du rapport 2011-2012 de la chambre allemande du commerce et de l'industrie. " L'industrie allemande peut entrer en toute confiance dans cette nouvelle année. (...) Malgré le ralentissement conjoncturel, l'industrie montre sa robuste constitution. La Chambre du commerce et de l'industrie attend, pour 2012, une augmentation de 0,5 % de la production industrielle. "
Enfin, comme si le message n'était toujours pas passé, de nombreux journaux relaient la prophétie de Wolfgang Franz, chef du conseil allemand des experts économiques, publiée lundi dans le Handelsblatt. " Je ne crains pas de récession. Le nombre des actifs est plus élevé que jamais, les capacités industrielles tournent à un meilleur régime qu'à une certaine époque, les entreprises sont saines et confiantes. (...) L'Allemagne va bien. "
À ce titre, le chef des sages de l'économie allemande a sévèrement critiqué Christine Lagarde, présidente du FMI. Face à la mise en garde de cette dernière contre une éventuelle répétition de la crise des années trente, Wolfgang Franz répond dans le quotidien économique allemand : " le terme de récession se laisse facilement détourner. Madame Lagarde ferait bien de choisir ses mots avec plus de circonspection ".
Slate.fr