12/07/2012 à 19h30
Le futur ensemble "Chinallywood" promet déjà de battre tous les records. Alors que le marché chinois est resté fermé 45 ans aux films américains, jusqu'au Fugitif en 1994, la Chine est aujourd'hui le premier marché d'exportation cinématographique pour Hollywood, devant le Japon.
Le marché chinois affiche une hausse insolente de 30% par an, alors que les recettes ont baissé de 4% aux Etats-Unis l'an dernier. Les plus gros cartons de l'histoire du cinéma en Chine sont tous américains (Avatar, Titanic et Kung Fu Panda 2) et Hollywood se démène pour ouvrir plus grandes les portes d'un marché encore soumis au quota drastique de 34 films étrangers seulement par an.
Piratage
Une enquête a même été ouverte après des accusations de corruption, certains studios ayant versé des pots de vin pour s'assurer une place au box-office. Autre obstacle que rencontrent les Américains: les exploitants locaux ne reversent que 13 à 25% de leurs confortables revenus aux Américains, contre 45% pour les producteurs chinois.
Sur les 150 millions de dollars rapportés par Transformers 3 en Chine, Paramount n'aura ainsi touché que 25 millions. Malgré les pressions des Américains, le piratage rogne aussi sur les revenus d'Hollywood, dans un pays où les pirates ont le monopole du DVD. Dans les ruelles de Sanlitun, le quartier branché de Pékin, on trouve tout pour moins de 2 euros.
Produire en Chine
Pour augmenter leurs revenus, les studios américains estiment cependant avoir trouvé la solution : travailler avec des studios de Chine. Le prochain Iron Man 3 sera ainsi coproduit avec Pékin et certainement, en partie, tourné dans l'Empire du Milieu. Même chose pour le prochain Avatar.
En avril, le géant Disney a annoncé un partenariat avec le groupe public China Animation, ainsi qu'avec le poids lourd de l'internet Tencent. DreamWorks, spécialiste hollywoodien du cinéma d'animation, a pour sa part annoncé la création avec des partenaires chinois d'un studio de production à Shanghai.
Et cela marche dans les deux sens : le 21 mai, le groupe chinois Wanda, un quasi inconnu sur la scène internationale, a racheté les écrans de l'américain AMC, créant le plus gros exploitant de salles de la planète.
Slate.fr