10/02/2012 à 15h58
La Ferrari, trésor national italien, serait-elle sur le point de passer de mode de l'autre côté des Alpes? Selon Bloomberg BusinessWeek, ce signe extérieur de richesse serait de moins en moins couru en ces temps d'intensification de la lutte contre la fraude fiscale et d'introduction d'une nouvelle taxe sur les produits de luxe. En janvier, la demande pour les véhicules des marques Ferrari et Maserati (groupe Fiat) et Lamborghini (groupe Volkswagen) a baissé de 53% dans le pays.
Depuis fin décembre 2011, la police a mené au moins cinq opérations de contrôle à Milan, Rome, Portofino ou Cortina d'Ampezzo lors desquelles les conducteurs des voitures de luxe ont été contrôlés, et leur identité transmise au fisc afin que celui-ci puisse contrôler s'ils avaient déclaré des revenus cohérents avec leur style de vie. A Cortina d'Ampezzo, le fisc a ainsi découvert que 42 propriétaires de véhicules de luxe avaient déclaré des revenus inférieurs à 30.000 euros les deux années précédentes.
"Le fait de posséder une voiture de luxe souligne un niveau de dépense et un standard de vie qui est souvent incompatible avec le niveau de revenus déclaré par le propriétaire", a déclaré Carmelo Piancaldini, des services fiscaux italiens. "Si quelqu'un est transparent avec le fisc et achète une voiture de luxe, il n'a rien à craindre."
Taxe sur les produits de luxe
Un concessionnaire de voiture de luxe a déclaré à l'AFP que depuis le mois de décembre, "environ 30 personnes étaient venus ramener leur voiture car elles craignaient des coups de filet fiscaux". Un propriétaire de voiture de luxe a déclaré au quotidien Il Corriere della Sera: "Cette semaine, j'ai été arrêté deux fois par la police, mais j'ai mes relevés d'impôts à bord et de cette façon je peux prouver que je peux m'offrir une Lamborghini."
En plus de cette lutte contre la fraude, le nouveau gouvernement de Mario Monti, qui doit affronter une dette de près de 120% du PIB, a également introduit une taxe supplémentaire sur les produits de luxe, dont les voitures de plus de 251 chevaux.
Le New York Times a récemment souligné que la lutte contre la fraude fiscale avait touché, en plus des propriétaires de voiture de luxe, des magasins clandestins de souvenirs religieux près du Vatican ou des night-clubs et des bars de Milan. Dans le passé, les propriétaires de yachts avaient été touchés par des opérations du même genre.
Slate.fr